« •^ va t '/.' HARVARD UNIVERSITY LIBRARY OF THE MUSEUM OF COMPARATIVE ZOÔLOGY GIFT OF THOMAS BARBOUR ÛcJM^ /7, ^?f^ AW iW\V n HISTOIRE NATU RE LLE DES SERPENS. Par m. le Comte DE LA CEPEDE, Garde du Cabinet du Roi*, des Académies Se Sociétés Royales de Dijon, Lyon, Bordeaux, Touloufe, Metz, Agen , Stockolm , Hefîe^ Hombourg , HeiTe-Caiîel , Munich , &c. TOME QUATRIÈME. APPRIS, HOTEL DE THOU, RUE DES POITEVINS. M. DCC. XC. $QUS U fRIVlUGl Dp VACADFME P.QTALE DES S^ilEhXES, ,.:-, ^ u— TABLE DES ARTICLES Contenus dans ce Volume. Xja Sombre , J?ase I La Saturnine , 3 La Carénée , 4 La Décolorée, 5 Le Pélie , 6 Le Fil, 7 La Cendrée ,• lO La Muqueufe ,- II La Bleuâtre , la UHydre , H La CuiraiTée, 17 La Dione , 19 Le Chapelet, 21 Le Cenchrus , ^4 L^Afiatiquc , 25 La Symétrique ; 26 La Jaune & bleue ; -2^7 ^'/ 4" . TABLE La Troîs-raies , p^^^ ^O J^e Uaboie, 2j Le Srtule^ .j Le Tyrfe, ^2 Le Pétole , J; La Domeftiquc , Ty J^a Maure ,. ^ j Le Sibon , «2 La Dhara , -, La Schokarf ; - - La Ronge-gorge , \ .g L Azurée, ." La Nafique , ' ^ La Grofle-téte y (y^ La C our efTe , ' ^5 La Mouchetée â: ^g La Camufe ^ ^ I La Striée, ^2 La Ponctuée 5 -n^ Le Bluet, y^ Le Vampum ; ^ -75 Le Cobel , y g La Tête-noire» go L'Annellée , 81 L'Aurore ^ 84 DES ARTICLES. 5 Le Dard , Page 8 5 La Laphiati , 86 La Noire & fauve , 88 La Chaîne , 89 La Ruban née, 91 La Mexicaine , . 9^ Le Sipède , 96 La Verte & bleue , 97 La Nébuleule , 99 Le Saurite , . lOI Le Lien , 103 Le Sirtale , 106 La Blanche & brune 3 107 La Verdâtre, 109 La Verte, II i Le Cenco , ^ I î 2 Le Calmar, 314 L'Ovivore , 1 1 5 Le Fer-à-chevaî, II7 Llbibe, 119 La Chatoyante , 121 La Suifle , 123 Llbiboca , I z6 La Tachetée , 128 Le Triangle , 13O Le Triple-rang , 1 3 1 La. Réticiilaire 5 132 6 TA BLE La Coiiîeuvre à zones , Pnpe tj^ La Roiiiïe , ^ \\l La Large-tête , j 27 Second genre. Serpens qui ont de gran- dies plaques lous ie corps & fous la queue. Boa, 140 Le Devin , ^-^y^^ L'Hipnale, jgg Le Bojobi , j^^j Le Ratrvore, ic^5 La Broderie, 2gg Le Groin , 20 1 Le Cenchrrs, 202 Le Schytale , 204 LOphrre, 205 L'Enydre , , 206 }f ^^'^^ * 207 Troifieme genre. Serpens à fonnettes. Le Boiquira, m^^ Le Millet, 243 Le Dryinas , / ' 245 Le Durilîus, 246 Le Pifcrvore , 248 Quatrième genre. Anguîs , 250 L'Orvet, 255 L'Eryx^ 265 DES ARTICLES 7 tx Peintade , Fags 267 Le Rouleau , ^69 Le Colubrin , 27 1 Le Trait , 272 Le Cornu , 273 Le Miguel , 274 Le RéLbau, 275 Le Jaune & brun , 276 La Queue-lancéolée , 278 Le Rouge, 279 Le Long-nez , • 283 La Plature , 285 Le Lombric, 287 Cinquième genre. Amphifbènes , zgz L'Enfumé, ihid. Le Blanchet, 300 Sixième genre. Llbiare ; 301 . Le Vifqiieux , 303 Septième genre. Langaha ; 304 LeMadégaffe, ièid» Huitième genre. Acrochordes , 308 Accrochorde de Java , ibid* Dts Serpens monftrueux , 3 1 1 Additions à THiftoire Naturelle des Qua- drupèdes ovipares, 327 Variété de la Tortue Grecque, 328 La Tortue à boîte , 329 « TABLE DES MATIERES. 'Addition à l'article du Lézard gris ; T T' j -^"^^^ 3^^ l-e Lézard cornu , 333 Le Lézard Tête-rouge ; 3 3 ^ Le Lézard Quetz-Paléo, 337 Addition à l'article de la Salamandre terreftrc, 3^0 La Grenouille écailleufe 5 345 Table des Matières ^ 363 HISTOIRE ^1 ■?•'■!■:•;'/■.■:■?■ xr' -«<*^^;r^i^>: g 'virg ^j ■■:v:;{a: 1 >:r ' ■ :r < *r 'f -r -r *- • 5?: as: ^^^-S^^^wS» :5e HISTOIRE NATURELLE DES SERPENS. LA SOMBRE (a). ' Suivant M. Linné cette Couleuvre a beaucoup de rapports , par fa con- formation , avec le Boiga , mais fes couleurs font auiîi fombres 6c aufïï ■ ■ »é. ■ > ■ ■ ■ Ca) Le Sombre. M- î'Auhentoa , Encyck^édie méthûiique' Col. Fufcus. Livn» a^nphib. Serpenta Muf- Ad. fr. i,p' 32 j taè. 17 , ^g. f • Serpcns j Tome IV* A % Hijloire Naturelle monotones que celles du Boiga font brillantes & variées. Elle eft d'un cendré mêlé de brun , & derrière chaque œil , on apperçoit une tache brune & alongée. Eile a ordinairement cent quarante-neuf grandes plaques & cent dix-fept paires |fe|'. petites. ■ Ik ■ î ,' i. r-u^. .a5q*v. des Serpens. 3 LA Saturnine caj, La couleur de cette Couleuvre cfl comme nuageufe & mêlée de livide 8c de cendré -, (a tête cft couleur de plomb , Tes yeux font grands, & elle a ordi- nairement cent quarante- fept grandes plaques & cent vingt paires de petites. Nous ne pouvons rien dire des ha- bitudes naturelles de ce Serpent-, nous iavons feulement qu'il habite dans les Indes. ■ a^,mmi^^Ê^^ÊmimÊtÊ^JatmM> (lu m» ■ ifc. (aj Le Saturnin. M. d'Aubenton , Eucydopédit méthodique. Coi, Saturninus. L/////. amfhib' Serpent» Muf, Jd.fr. 1 , p. 52, tab. 9 , jig. i. Natrix Saturnina* 154, Laurentij Spécimen frU- Aiciw, A i j Hifloire Naturelle LA CARENEE Ça). Cette Couleuvre refTemble beaucoup à] la Saturnine , par ies diverfes nuances qu'elle pré fente. Chacune des écailles qui garniilent îe dcilus de Ton corps eft cou- leur de plomb & bordée de bîanc, le deffous de Ton corps eft blanchâtre. Elle habite dans les Indes, comme la Saturnine -, mais un de Tes caractères diftindlifs eft d'avoir ie dos relevé en carène-, & de-là vient le nom que lui a donné M. Linné. Elle a communément cent cinquante-fept grandes plaques & cent quinze paires de petites. (aj le Caréné. Af. d'Jubenton , Encyclopédit méthodique- Col. Carinatus. Linti' amphib. S&rptnt, Muf, 44- [t' /. 31» Û des Serpcns, :TBrrr!«3»rcwswtier«nr33ïssaK5Kryî»! 'missr-j^maxma^ LA DECOLOREE (a). C'ETTE Couleuvre refiemble beaucoup , nu Boiga par fa conformation , ainil que la Sombre ; mais elle n'a point, non plus que cette dernière , les couleurs éclatantes ni la riche parure du Boiga. Ses nuiinces font cependant pgréables ; elle efl d'un bleu clair mêié de cendré , &: les écailles qui recouvrent Tes mâ- choires font blanches^ On la trouve clans les Indes , de même que le Boiga & la Sombre. Elle a ordinairement ' cent quarante- fept grandes plaques de cent trente-deux paires de petites. fa) Le Décoloré- M- d'Auhinton , Encyclopédie méthodique. Coî- Exoletus- L'wtu amphih- Surpent, Mnf. Ad' fr. l -, p- .^4 , tab' 10, jîg. 2' Natrix Exoîeta, 160 , Laumiri, Specimeu Me* iicuin, A iij ^ ' Hijloire Naturelle LE PÉLIE {ay . M. Linné a fait connoître cet^e cfpèce de Couleuvre , dont un individu faifoit partie de la coiledîon de M. le Baron de Gécr. Elle ell brune derrière le fommet de la tête & les yeux, & noire dans le relie du defîus du corps *, le deiïbus du ventre eft vert & bordé de chaque -côté d'une ligne jaune. Ce Serpent préfente donc une diflribution de couleurs différente de celle que Ton remarque dans la plupart des autres Couleuvres, dont les nuances les plus brilLmtes parent la partie fupérieure de leur corps. Le Pélie fe trouve dans les Indes •, il a ordinairement cent quatre-vingt-fept grandes plaques, & cent trois paires de petites. (a) Le Péiie M. d'JnhentGn , Evcydopédk méth- iîque. Col. Peiias. Linn' amphih Scrpem. des Serpens. ^ i r iftfr'" ^nT"""»' !™ "" ■ '— LE FIL (aj. Ce Serpent eft un de ceux dont le corps eO: le plus délié*, aulîî fe roule-t-il avec fAcilité autour des divers arbres , Se parcourt-il avec vîteiîe les branches les plus élevées -, on le trouve dans les Indes , tant orientales qu'occidentales , xante- des Serpens. 1 1 LE CHAPELET (a). rvoN-SEULEMENT les couîcurs âvL Cha- pelet font très-agréables à voir & pré- fentent les nuances les plus douces, mars elles offrent encore un arrange- ment & une fymmétrie que Ton eft tenté de prendre pour un ouvrage de i\îrt, Se qui ruffiroicnt feuls pour faire rcconnoître cette Couleuvre. Le deiTus de fon corps eft bleu & préfente trois raies longitudinales *, les deux raies des côtés font blanches; celle du milieu eft noire & chargée de petites taches blanches parfaitement ovales, & alter- nativement mêlées avec des points blancs. De chaque côté de la tête on CaJ II ne faut pas confondre ce Serpent avec une Couteuvre de la Caroline, à laquelle Catesby a donné le nom de Chapelet, & dont nous par- lerons , dans cet Ouvrage , fous le nom de Cou- Icaure mouchttée^ 2 2 Hifloire Naturelle voit trois & quelquefois quatre taches à-peu-prcs de la grcindeur des yciîx , ëc formant une ligne longitudinale dont le prolongement pafîe par l'endroit de ces organes. Le defTus de la tête offre aiifîi des taches d'un bleu clair bor- dées de noir & très-fynimétriquement placées. Le defious du corps eft blanc , êc à Textrémité de chaque grande pla- que on voit un très-petit point noir, ce qui forme deux rangées de points noirs fous le ventre. Telles font les couleurs de la Cou- leuvre à Chapelet-, Ton corps efl d'ail- leurs très-délié : les écailles qui garnifîent ion dos font unies & en lofange*, neuf grandes écailles couvrent le fommet de fa tètQ, qui eft grande en proportion du corps , & aplatie par-defTus ainfi que par les cotés. Le Chapelet n'a point de crochets mobiles. Nous avons dér crit cette efpèce, fur laquelle -nous n'a- vons trouvé aucune obfervaîioh dans les Naturaliftes, d'après un individu çonfervé au Cabinet du Roi. Ce Ser? pent a cent foixante-fix grandes pla- ques , cent trois paires de petites, un des Serpens, Zj pied cinq pouces fix lignes de longueur totale, & cinq pouces iix lignes de- purs l'anus jufqu'à Textrcmité de la queue. 2 4 JTijtoire NatuMle • • ■•■ — ■* ' ' „~— .^— ..„»3 LE CENCHRUS. C.'est fous ce nom que cette Couleuvre a été envoyée au Cabinet du Roij elle fe trouve en Alie *, elle n^a point de crochets mobiles*, le defîus de fa tête eft couvert de neuf gnindes écailles placées fur quatre rangs , le dos Teft de petites écailles unies & hexagcsnes; le delFus du corps, marbré de brun & de blanchâtre, préfente des bandes tranf- verf]\les irrégulières , étroites & blan- châtres -, & le dciîous eO: varié de blan- châtre & de brun. L'individu que nous avons décrit a deux pieds de longueur totale, trois pouces fept lignes depuis Tanus iufqu'à Textrémité de ia queue , cent cinquante-trois grandes plaques & quarante-fept paires de petites. L'ASIATIQUE. diis Serpins. i^ L' A S I A T I Q U E. V>'est de l'Asie , Se peut-Ctre de i'ifi^ de Ceyiaii , que i'on a envoyé cette Couleuvre au Cabinet du Roi. Bes raies, dont la couleur a été akéréc p.^r refprit-de- vin , dans lequel on a confervé ranimai, s'étendent le long du dos de ce vSerpenf, les écailles qui garnirent le dellus de Ion corps , font bordées de blanchâtre rhomboïdales & unies. Le fommst de fa tête eft couvert de jciif grandes écailles-, il n^a point de crochets mobiles -, fa longueur totale efl: d\v:i pied , & celle ce fa queue de deux pouces trois lignes *, il a cent quatre- vmgt-lept grandes plaques , & foixante- feize paires de petites. Il paroît, par des notes mj.nufcrites envoyées avec ce Reptile , qu'il a reçu dans pîulîeurs contrées de l'Inde, le nom de Malpolciiy qui y a été donné à plufieurs eipèces de vSerpens, & que nous avons confervé, avec M. d'Aubenton, à une Couleuvre dont nous avons déjà parlé. Serpe ns j Tome IV. B l6 HiJIoire Naturelle «wmjJu t JKLjmm LA SYMMETRIQUE. Le nom de cette Couleuvre déiigne ^arrangement très- régulier de Tes cou- leurs. Le deiîus de Ton corps eft brun , Se de chaque côté du dos , l'on voit une rangée de petites taches noirâtres, qui s'étend jufqu'au tiers de la longueur du corps. Le deflbus de la queue eft blanc, le defîous du ventre efl de la même couleur, mais préfente des bandes êc des demi-bandes tranfverfaîes & bru- nes, placées avec beaucoup de fymmétrie. Cette Couleuvre n'eft pas venimeufe ^ .elle a neuf grandes écailles fur la tête *, êc des écailles plus petites , unies & ovales 5 garniffent fon dos *, l'individu que nous avons décrit , Se qui fait partie de la coUedion du Roi , a cent quarante-deux grandes plaques, & vingt- fix paires de petites (a). On trouve la fymniétrique dans Viûe de Ceylan. ■■''■' (aj La longueur totale de cet individu eft d'un pied cinq pouces lix lignes, & celle de la queue àe deux pouces trois lignes» des Strpens. 27 LA JAUNE ET BLEUE (a) . "C'est une très-belle , 8c en mém^ temps trcs-grande Couleuvre de riilc de Java-, les habitans de cette Ifle la nomment Oularfawa , Serpent des champs de Eil , apparemment parce qu'elle fe plaît dans ces champs. Klle y par- vient jufqu'à la longueur de neuf pieds -, fnais les individus de cette efpèce, qui, au lieu d'habiter dans les bafies plan» tations, préfèrent de demeurer dans les bois touffus, & fur les terreins élevés, ont une grandeur bien plus coniidérabîe. Se leur longueur a été comparée à ia hauteur d'un arbre. Lorfque la Jaune & Bleue a atteint ainfi tout fon déve- loppement , elle eft dangereufc par fa force 5 quoiqu'elle ne contienne aucun poifon-, 6c non-feulement elle fe nourrit ^-lyOuIar-Sawa j par ks habiîaiis ck l'JjU de Java, Grande Couleuvre de {'ifle de Java. Mémoire Ûi M. le Baron dt WuTmh , dam ceux dz la SdJété ie, Batavia , 1787. Bij iS Hifioire Naturelle d'oifeaux , ou de rats & de founs ^y mais des animaux mem.e affez gros ne peuvent quelquefois échapper à ia pourluite, & deviennent fa proie. Sa tètQ ell plate & large-, le fommet en eft garni de grandes écailles , & il paroît , par la defcription qui en a été donnée dans les Mémoires de la Société de Batavia, que ces écailles font au nombre de neuf, & difpofées fur quatre rangs ,^ comme dans la Verte & Jaune. Les mâchoires ne font pas armées de crochets mobiles , mais de deux rangs de dents pointues, recourbées en arrière, éc^dont les plus grandes font le plus près du mufeau. Ce très-grand Serpent a^ riris jaune-, le deffus de fa tête eft d'un gris mêlé derbleu-, ion voit deux rare$. d'ïm bleu ioncc commencer der- rière les yeux , s'étendre au-defîus du cou, & s 7 réunir en arc, à un pouce dé diilance de la tête. Une troiiième raie de la même couleur, règne depuis ie milféaH jufquà l'occiput , où elle fe divife en deux pour embraiTer une tache îaune, chargée de quelques points bleus. Le deiius du corps préfente des erpèce* des Serpens. 29 de comp.irtrmens trcs-.igrédbles -, il paroît comme divifé en un trcs-grand nombre de carreaux , & repréfente un treillis formé par plufieurs raies qui Te croilent. Ces raies font d'un bleu éclatant, & bordées d'un jaune couleur dor. Le milieu des carreaux eft , iur le dos , Q\in gris changeant en jaune, en bleu & en vert , fuivMnt la manière dont il réfléchit la lumière-, il efl: d'un gris plus clair fur les cotés du corps , ainii que Ç\\ï la queue, où les carreaux font plus petits que fur le dos -, & chaque coté du corps préfente une rangée longitu- dinale de taches blanches , placées aux endroits où les raies bleues fe croilent. Il eft aifé de voir , d'après cette dtÇ- cription , qu€ les couleurs qui dominent dans ce beau Serpent , font le bleu & le jaune-, & c'cft ce qui nous a fait préférer le nom crue nous avons crw devoir lui donner. Il a quelquefois trois cent douze plaques , & quatre-vingt- treize paires de petites. '* ou de ro^V^ ^lunes , brunes & bleues , ce qui fe rapproche beaucoup des teintes indiquées par Bofman , & ce qui pourroit h'içn n être qu Une mauvàife expreffion d'une 0Tiiribution , & de nuances de couleurs tres-peu différentes de celies que nous venons d'indiquer. . La tèiQ du Daboie eil couverte d e- cailles ovales, relevées par une arête , & iemblables à celles du dos {a)\ il •p^^rvient queiqucfois à îa longueur' de pliifieui-s pieds {h) ^ l'individu que nous (a) Nous avons déjà remarqué Jans d'autres articles , que fe Baboie , quoique dépourvu de crochets mobiles, avoit, comme îe pfus arand Jiombre Je Serpens venimeux , le fommet de ia tête couvert d'ecaiiies lemblabies à celles du dos. fbj Dzfcnption du Cabinet royal de Drefde , par Ldmhrg, 1755. Au refte , il a dû être alfez dif- ^^ciie,penclant long temps, d^avoir desDabnieen Europe ; les Rois Nègres, par refpeâ cour ce&Rep. des Serpens. 3 3 avons décrit , & qui eft confervé au Cabinet du Roi , a trois pieds cinq pouces de longueur totale , Se la queue, cinq pouces neuf lignes {a). Les habitudes du Daboie font d'au^ tant plus douces, qu'il n'eft prefq^ie jamais obligé de fe défendre. Il a peu d'ennemis à craindre dans un pays oii il eft fervi avec un refped: religieux, & d'où Ton tâclie d'écarter tous ceux qui pourroient lui nuire. Les animaux même qui feroient les plus utiles , font exclus des contrées où Ton adore le Serpent Daboie , à caufe de la guerre qu'ils lui feroient *, le cochon parti- culièrement 5 qui fait fa proie de plu- fieurs efpcces de Reptiles , & qui attaque impunément, fuivant quelques Voya- geurs, les Serpens les plus venimeux , efl: pourfuivi 5 dans le Royaume de Juida, tvies , ayant défendu, fous peine d-e mort, h leurs fujets, de tranfporter ces Serpens hors de l'Afri- que, ou de livrer leur dépouille aux étrangers. (a) Nous avons compté cent foixante- neuf grandes plaques (ous le ventre de cet individu, ic quarance-lix paires de petites plaques fous fa queue. Bv 3 4 HiJIoire Naturelle comme un ennemi public-, 8c, malgré tous les avantages que les Nègres pourroient en retirer, ils ne voient, dans cet animal , (jue celui qui dévore leur Dieu. Bien loin de chercher à nuire à Thomme , le Daboie eft fi familier, qu'il fe iailîe aifément prendre 6c manier. Se quon peut jouer avec lui^ fiins courir aucun danger. On diroit qu'il réierve toute fa force pour îe bien de îa contrée qui le révère. Il n'attaque que les Serpens venimeux ,, dont ie Royaume de Juida efl infefté y ii ne détruit que ces Reptiles funedes ^ Se les inieéles , ou les vers qui devaient les campagnes. C'efl i^ins donte ce fer- vice qui l'a jcendu cher aux premiers habitans du pays où on l'adore-, on n'aura rien négligé pour multiplier , ou du moins confervcr une efpèce auffi précieufe , on aura attaché la plus grande importance aux ioins qu'on aura pris de cet animal utile *, on l'aura regardé com- me le fiuv^^ur de ces contrées, fî fouvent ravagées par des légions dmfc^^les^ ou des troupes de Reptiles des Serpens, 55 venimeux-, & bientôt Li iuperftition , aidée du temps & de l'ignorance, aura altéré Touvrage de la reconnoiliance , & celui du befoin {a). (a) On poiirroit croire aufli que quelque évé- nement extraordinaire aura léduit i'imaginatiojn des Nègres & enchaîné leur raifon , & voici ce que rapporte à ce fujet le Voyageur des Marchais. «« L'armée de Juida étant prête ^a livrer bataille \ >» celle d'Ardra , il foait de ceîle-ci un gros »> Serpent qui fe retira dans l'autre ; non-leuie- 5î ment fa forme n'avoit rien d'eiTrayant , mais » il parut fi doux & fi privé, que tout le monde »» fut porté à le careiTcr. Le grand Sacrificateur le >î prit dans fes bras & le leva pour le faire voir >» ù toute Parmée. La vue de ce prodige fit tomber >> tous les Nègres à genoux ; ils adorèrent leur M nouvelle Divinité, & fondant fur leurs ennemis >j avec un redoublement de courage , ils rem- n portèrent une vidtoire complète* Toute la nation r> ne manqua point d'attribuer un fuccès 11 mé- « morabie ù la vertu du Serpent : il fut rapporté n avec toute forte d'honneurs; on lui bfstit un » Temple , on afligna un fond pour fa fubùttancey tj & bientôt ce nouveau Fétiche prit l'afcendant n fur toutes les anciennes Divinités: fon culte ne >5 nt enfuite qu'augmenter à proportion des faveurs >•> dont on fe crut redevable à fa protecftion- Les 11 trois anciens Fétiches avoient leur département »j féparé : on s'adreffoit à la mer pour obtenir ^ une hçureufe pêche, aux arbres pour la fani^j B vj 3^ Hifioire Naturdie ,^ Le culte des animaux qui ont infpfré une vive terreur, na été que trop fou- yent fan.guinaire ; on n'a facrffié aue trop louvent des hommes dans leurs Temples^ le Serpent-Dieu des Nègres, n^iyant ja- niais tait éprouver une grande crainte, n^i_ obtenu que des f:icrinces plus doux, Jnais que Tes Prêtres ne ceflent décom- mander avec une autorité defpotique. i> on n immole point dçs hommes devant -ie 5erpent-Daboie , mais on iivre à Tes Miniflres les plus belles d^s jeunes f^ &à iMgoye pour îes coRfeife; ma?sie Serpent « prelide au commerce, à ia suerre, à Pagricul-. » ture, aux maladies , à fa iténlité, &c. Le pre- *' mier édifice qu»on avcit bâti pour ie recevoir ^' parut bientôt trop petit; on prit le parti de lui 5» ekver un nouveau Tempie, avec de grandes « cours & des appartemens fpacieux; on établit 3» un grand Pontife c% des Prêtres pour le fervir. *» Tous fes ans, on cfaoifit Quelques beiïes filles ^» qui îuî font confacrées. Ce qu^il y a de plus « remarquable , c'eft que les Nègres de Juida j.» font perfuadés que ie Serpent quM'ls adorent » aujourd'hui, eft ie même qui fut apporté par >'•> ieurs ancêtres, & qui leur fit gagner une gio- » rieufe vidtoire. ?> Hifloiie générale des Voyages^ ^'^» IQ , èdiî. m-i2^ tome i^^ pa^, 369 ^ fuiv. des Se rp en s. 37 filles du Royaume de Jurda. Le prétendu Dieu , que Ton nomme le Serpent Fétiche^ ce qui lignifie ÏEtre conjervateur ^ a un Temple auiîî magnifique que k peut être un bâtiment élevé par l'art gToiïier des Nègres (^). Il y reçoit de riches offrandes ^ on lui préiente des étofies de foie, des bijoux, les mets les plus délicats du pays , & même des trou- peaux j auiïi les Prêtres qui le fervent, jouilîent-ils d'un revenu confidérable , pofscdent-ils des terres immenfes, & com- mandent-ils à un grand nombre d'elclaves. Afin que rien ne manque à leui^ plaihrs, ils forcent les Prêtrefles à parcourir, chaque année, & vers le temps où le maïs commence à verdir, la ville de Juida , & les bourgades voifines. Armées d'une grofle maffue , & fécondées par les Prêtres , elles afîommeroient fans pitié ceux qui oferoient leur réfifter-, elles forcent les Négrefies les plus jolies à les fuivre dans le Temple & le poids de la Vmm (a) Hifloire générale des Voyages j lii^- X , édiî> 5 s Hijloire Naturelle crédulité fiiperftitieufe pèfe fi fort fur la ^ tête des Nègres , qu ils croient qu elles vont être honorées des ap- proches du Serpent protedciir, & que c eft à fon amour qu'elles vont être livrées. Ils reçoivent avec refped: cette faveur %nalée & divine. On commence par inftruire |es jeunes filles à chanter des hymnes, & à danferenThonneurdu Serpent-, & lorfqu elles font près du temps ou elles doivent être admifes auprès de la prétendue Divinité, on îes foumet à une cérémonie douioureufe & harhare, car la cruauté naît prefque toujours de k fuperftition. On leur imprime fur la peau , dans toutes les parties du corps , & avec des poinçons de fer, des figures de fleurs^ d'animaux, êc fur- tout de Serpens-, les Prêtreffes îes confacrent ainfi au fervice de leur Dieu j & c'ell: envain que leurs mal- heureufes vidimes jettent les cris les plus plaintifs que leur arrache le tourment qu'elles éprouvent -, rien n'ar- rête leur zèle inhumain. Lorfqu e la peau de ces infortunées eft guérie y elle reifembie, dit-on;, à un fatinnoir âes Serpens. 3^ \ fleurs , & cîle les rend à jamais l'objet de la vénération des Nègres. Le moment ou le Serpent doit recevoir la NégrefTe favorite arrive enfin j on la fait defcendre dans uu fouterrain obfcur ,- pendant que les PrêtrefTes & les autres jeunes fille-s célèbrent fa deftinée par des danfes & des chants quelles accompagnent du bruit deplufieurs inftrumcns retcntilfans. Lorfque la jeune NégrelTe fort de Tantre facré , elle reçoit le titre de Femme du Serpent; elle ne devient pas moins la femme du Nègre qui parvient à lui plaire, rfiais auquel elle infpire à jamais la foumifïion la plus aveugle , ainli que le plus grand refpeCl. Si quelqu'une des femmes du Ser- pent trahit le fecret des plaifirs dts Prêtres , en révélant les myftères du fouterrain , elle eft auiîitot enlevée & mife à mort , & Ton croit que le grand Serpent eft venu lui-même exercer fa vengeance 5 en l'emportant pour la faire brûler. Mais , arrêtons-nous -, Thiftoire de la fuperflition n'efl point celle de 40 Hijloire Naturelle h nature. Elle eft trop liée cependant avec les phénomènes que produit cette nature puilTante & merveilieufe, pour être tout- à-fait étrangère à rhif^- toire des animaux qui en ont été Tobjet. âes Serpens. 41 LE SITU LE (a). Ce Serpent fe trouve en Egypte , où il a été obfervé par M. H.iiîelquift -, r^ couleur eft grife , & il prélente une bande longitudinale, bordée de noir. II a communément deux cent trente-fix grandes plaques , & quarante-cinq paires de petites. - — ■ ■ ■ ■ ■ I w /^ûyLe Sitale. M. d'Juknton, Encyclopéàk mi- thodique- Col. Situla. Lmn. amphw Serp> >. Muf. Ad. f;- 2, p. 44. 4 2 Hijîoire Naturelle LE TYRIE (a). Lïs TERRES de l'Egypte, périodique- nient arrofees par les eaux d'un grand fleuve, & échauffées par îes rayons d'un ioleil tres-ardent,prérentent auxdiverfes eipeces de Serpens, au moins pendant «ne grande partie de l'année , cette humidité chaude , qui convient fi bien à la nature de ces Reptiles. Nous ne devons donc pas être étonnés qu'on y eh ait obfervé un grand nombre. Parmi ces Serpens d'Egypte nous devoiis compter le Tyrie, que M. Haflelquift a fait connoître ; il a ordinairement deux cent dix grandes plaques & quatre- vingt-trois paires de petites ; il „'eft point venimeux , & le deflus de fon corps, qu, eft blanchâtre, préfente trois des Serpens. 43 rangs longitudinaux de taches rhomboï- dales & brunes. _ . .., Il paroît que c'eft au Tvne qui faut rapporter le Serpent que M. Forskal a décrit fous le nom de Couleuvre mouchetée {Col. G uttatus ) {a), <\n il a vu en Egypte, & que les Arabes nomment Tce jSbén. fa) Go\. Guttatus, 7, Défendu ammal. Fem 44 Rijloire Naturelk ■Maeaeaii«i«,'mjii^r^^ L' A R G U S (a). Ce Serpent d'Afrique t[t rei-narqiiabîe par la forme de £1 tète ^ îe derrière de cette partie efl: relevé par deux efpeces de boffes ou d^éminences très- iQiiimlQs. Les écailîes ,. qui garnifîent îe aos de ce Serpent , prélenteiit chacune une tache blanche -, mais d^aillcurs on voit fur Ton corps pîuiieurs rangs de taches blanches , rondes , rouges dans ieur centre , bordées de rouge ref- femblant à des yeux, & c'eft ce qui lui a fart donner le nom d'Argus , par les Naturalises {h). ^ ' F ^ thfdiuï^'^'''' ^' '^'^"^'"''"^ Encyclopédie mê^ Col. Argus. Linn. amphib. Serp. Séha, muf. 2, tah. 103 ,/i^. i. (h) On ne connoît point le nombre des grandes MI des petites plaques de cette Couleuyrer des Serpens. 45 LE PETOLE (a). C'est au milieu des contrées ardentes de l'Afrique , que l'on trouve cette Couleuvre -, la couleur du deffus de ion corps eft ordinairement d'un gris livite, relevé par des bandes tranfvcrrales rougeâtres-, le delTous du corps eft d'un blanc mêlé de jaune, & préiente quel- quefois des bandes tranfverfaies , d'une couleur rougeatre ou très-brune. Le fommet de la tête eft garni de neuf (a) Le Pétole. M. d'Auhenton^ Encyclopédie md" thoJique- Col. Petola. Linn- cmph'ib. Scpent. Coluber Scutis abdominalibjs , 208 ; Siuamîa caudaiibus , 90, Liru AmtxnU. Surin, grill, p. 5055 Coluber Scutisabdominalibas, 207; caadalibuSj 85. Id. amphib. GylUnh. p, 534, 8« Anguis Scutis abdominalibus , 209 ; Squamis caudalibus, 90. ldem> Muf Princ. p, 587, ^6- Coronella Petola, 189, Laurenti, Spzdmm M^ dieu m. Séba, muf. I, taè- 54, /r«. 4- 46 Hijloire Natureïïe grandes écailles , 8c le dos d'écailïes ovales Se unies. Cette Couleuvre n*a point de crochets mobiles : on ignore C[uelles font Tes habitudes ^ elle a le phis fouvent deux cent neuf grandes plaques , &: quatre-vingt-dix paires de petites. ^^^ des Serpens, 47 LA DOMESTIQUE (a). Le nom de cette Couleuvre annonce la douceur de Tes habitudes -, c'efl: en Barbarie qu'on la trouve, 8c c'eft dans les maifons qu'elle habite j elle y eft dans une efpèce d'état de domefticité volontaire, puifqu'elle n'y a point été amenée par la force, & qu'elle n'y eH: retenue par aucune contrainte *, c'eft d'elle-même qu'elle a choifi la demeure de l'homme pour Ton afyie. L'on voudroit qu'une forte d'aftrdlion l'eût ainh con- duite ious le toit qu'elle partage ; qu'une forte de fcntiment l'empêchât de s'en éloigner , & qu'elle montrât fur ces cotes de Barbarie , iî fouvent arrofées de fang , le contrafte Singulier d'un Serpent auffi afîe6lionné , aufîî fidèle , que doux Se familier , avec le ("a Le Serpent Domeftique. M. d'Juknton EficyclopéJk méthodique. Col Domefticus. Liiin. amphib. Serpent, 48 HiJIoire Naturelle fpeétacle cruel de l'homme gémiffaiit fous les chaînes dont l'accable Ton fembiable. Mais le befoin ieiil attire la Couleuvre domeflique dans les maifons , & elle n'y demeure , que parce qu'elle y trouve , avec plus de facilité , les petits rats & les infedtes dont elle fe nourrit. Sa couleur efl fouvent d'un gris pâle, avec des taches brunes^ elle a entre les deux yeux une bande qui fe divife en deux, ôc préfente deux taches noires. Ses grandes plaques font ordinairement au nombre de deux cent quarante-cinq -, 6c elle a quatre-vingt* quatorze paires de petites plaques. rHAJEi des Serpens, 49 L' H A J E (a). C«ETTE Couleuvre devient trcs-grande; fuivant M. Linné *, elle fe trouve en Eg7pte , oii elle a été obfervée par M. HalTelquift. Ses couleurs font le noir Se le blanc, la moitié de chaque écaille cft bLinche -, il y a d'ailleurs, fur le dos , des bandes blanches, placées obli- quement-, tout le relie du defius du corps eft noir (b). Ce Serpent n'étant pas venimenx , félon M. Linné, ne doit pas être con- fondu avec une Couleuvre d'Egypte , qui porte aufïï le nom d'Haje , 8c qui contient un poifon très-aéiif. La fores f'aj L'Haje. M. i'Aubcnton , Encyclopédie mé-* tho digue. Col. Haje Linn» ampkib» Serpent. Coluber Scucis abdominaiibus , 206 , Squami* caudalibiis, 60. Hajfelqwjl, it. 312, «.° 62. (h> M. Linné a écrit que l'tîaje avoit deux cent fept grandes plaques, & cent neuf paires d« petites. Sdrpiins ^ Tome IV: C 50 ^ Hijloire Naturelle I . r de ce venin a été reconnue par M- Forskal -, niais ce Naturalifte n'a point donné la defcription de THaje , dont il a parié (j). (aj Coluber BaJQ-'NikheT , par Us JrabeS' Déf- endîmes animalium P« Forskal. amphib. S* lî, i%#^^^ des Serpens. j t LA MAURE (a). Elle a été ainsi appellée , à caufe de fcs couleurs , & parce qu'elle fc trouve aux environs d'Alger. M. Brander envoya à M. Linné un individu de cette efpcce. Le defTus de Ton corps eft brun , avec deux raies longitudinales', plufieurs bandes tranfverfales & noires s'étendent depuis ces raies, jufqu'au-defrous du corps, qui eft noir. La Maure n'a point de crochets mobiles ^ on voit fur la tête neuf grandes écailles, & fur Ton dos, des écailles plus petites Se ovales : ces écailles du dos font relevées par une arête , dans un individu de cette efpèce, qui fait partie de la coUeélion de Sa Majefté (3). 1 -* - — ■■ 1 — •— ^- ■ '- — ' — - — (mJ Le Maure. Trf. i'Auhtntony Encydopédit /n«- thodique» Coi. Maurus. Llnn» amphib. Serp. (b) Cette Couleuvre a communément cent cin» quante-deux grandes plaques 6c foixante-fix paire» de petites, c i\ yz Hijîoire Naturelle L E S I B O N (a). Les Hottentots ont nommé ainfi ua Serpent qui fe trouve dans le pays qu ils habitent , ainli que dans plufieurs autres contrées d'Afrique. Le ûefTus du corps de cette Couleuvre cft d'une couleur brune ^ mêlée de bleu; & le deiîous eft blanc, tacheté de brun. Des écailles rhomboïdalcs garnirent Ton dos*, fa queue eft courte & menue. Cette Couleuvre a ordinairement cent quatre-» vingt grandes plaques, & quatre-vingt- cinq paires de petites. (a) Le Sibon- M. d'Juknion, Encydopédii mé^ thodiqae. ■ Col. Sibon. Vinn. ampbih. Serp. Lin. Jmœnit. Muf. Princip- p- 585,32. Coluber Sibon. 210- Laurenti , Specim§n Me- éicnm. Le Sibon- Di&mnaire d'hijh rtitur'par M. F^lmon^ de Bornare. _Séh y muf 1 3 tab' 14 , j%. 4. des Serpens, J 3 pBieaemaimmiammm^mmBiommÊÊmmmÊÊamÊmmmimÊmamm^ LA D H A R A (a). C'est dans la partie de TArabie, qii*©tt a nommée heiireufe, c'eft dans les fertiles contrées de TYémen , que fe trouve cette Couleuvre. vSa tête eft couverte de neuf grandes écailles, dîfpofées fur quatre rangs*, Ton mufeau eft arrondi j fon corps eft menu *, & toutes Tes pro- portions paroifîent aufïi fveltes qu'elle eft innocente & douce. Elle n'a point de couleurs brillantes , mais celles qu'elle préfente , font agréables. Le defîus de fon corps eft d'un gris un peu cuivré; toutes les écailles font bordées de blanc ; & c'eft aufîi le blanc qui eft la cou- leur du defîous de fon corps. M. Forskal Ta fait connoître : Tindividu qu'il avoit obfervé , n'avoit pas deux pieds de fa) Dhara , par Us Arabes. Coluber Dhara. D^fcriptiones animalium PeiPt FQTskal Amj^hibU* Ç iij j4 Hifîolre Naturel^ îongueuf-, mais le Voyageur Danois foiipçonna que îa queue de cet animal avoit été tronquée -, ii compta deux cent trente - cinq grandes plaques , & qua- rante-huit paires de petites fou§ le cprps de cette Coulcuvrt. des Servens. 5 J RaawnauiLs am, LA SCHOKARI (a). Cette Cou LEUVRE fe trouve dana rYémen ainfi <^ue la Dhara -, elle ft* plaît dans les bois qui croiilent fur les lieux élevés. Sa moiTure n'eft point dangereufe , èc M. Forskal, qui Ta décrite , n'a vu fes mâchoires garnies d'aucun crochet mobile. Son corps efl menu -, elle parvient ordinairement à la longueur d'un ou deux pieds, & fa queue n'a guère alors que la longueur de cinq ou iîx pouces, fa tête eft cou- verte de neuf grandes écailles , di(- pofécs fur quatre rangs. Le deffus de fon corps efl: d'un cendré brun , Se préfente de chaque côté deux raies longitudinales blanches , dont une eft bordée de noir. On voit quelquefois , fur le milieu du dos , des grands (a) 'StQhoVzxi t paT Us JraheS' Col. Schokari. DijcfiftiQues animaliani Petn ForskaU amphUria. Civ ^6 Hijloire NaturelU individus, une efpèce de petite raie-; compofée de très-petites taches blanches. Le defToHS du corps eft blanchâtre , mêle de jaune , êc pointilié de brun vers le gofier. La Schokari , a cent quatre-vingt-trois grandes plaques, 8c cent quarante-quatre paires de petites. Nous joignons ici îa notice de trois Couleuvres dont il eft fait mention dans FOiîvrage de M. Forskaî, à h fuite de la Schokari , mais dont h defcription eft trop peu détaillée pour que^ nous puixïïous décider à quelle .çfpèce elles appartiennent. La première fc nomme Bœtœn ; elle efl tachetée de blanc & de noir-, elle a un pied de longueur, & près dun demi-pouce d'épailîeur -, elle efl ovipare, & cependant, dit M. Forskaî , fa morfure donne la mort dans un in.îiant, La féconde , appcllée Hojlcik ^ eft toute rouge -, fa longueur eft d'un pied -, elle pond des œufs plus ou moins gros^ fa morfure ne donne pas la mort, mais caufe nnt enflure accompagnée ^e beaucoup de chaleur j les Arabes. des Serpens. 5 7 ont cru que Ton haleine feule pouvoit faire pourrir les chairs fur lefqiielles cette vapeur s'étendoit. La troificme , nommée Hànnarch ^JEfuœd, eft toute noire, ovipare, & de la longueur d'un pied, ou environ. Sa morfure n'eft pas dangereufe, mais produit un peu d'enflure-, on arrête, par des ligatures la propagation du venin -, on fuce la plaie -, on emploie diverfes plantes comme fpécifiques , & les Arabes racontent gravement que ce Serpent entre quelquefois , par un coté , dans le corps des chameaux , qu'il en fort par l'autre côté , & que le chameau en meurt, fi on ne brûle pas la blefîure avec un fet rouge. Nous invitons les Voyageurs qtiî iront en Arabie , non-feulement à décrire ces trois Couleuvres, mais même â rechercher l'origine des contes d'Arabes , auxquels elles ont donné îieu , car il y a bien peu de fables qui n'aient pour fondement quelque yéfité. 5 8 Nijloirt Naturelle LA ROUGE-GORGE (a). On peut reconnoître aifément cettç Couleuvre , qui fe trouve en Egypte. Elle efl; toute noire, excepté la gorge qui eft couleur de fang^ elle a eom- rnunément cent quatre - vingt - quinze grandes plaques , & cent deux paires de petites. M. Hafîeiquift l'a ob- fervée. /aj Le Rouge-gorge. M. d'Auhenton, Encyclopédie méthodique. Coi. juguîaris. Limi. amphib^ S&Tpcnt:, Muf Ad. fr, 2, p. 45^ des Serpsns, 59 L' A Z U R E E. On trouve cette Couleuvre aux environs du Cap Vert. Son nom incique fa couleur*, elle eft d'un très- beau bleu, quelquefois foncé fur ic; dos , très-clair , &c prefque blanchâtre ious le ventre & lous la queue. Elle n'a point de crochets mobiles -, le fommet de la tête efl: garni de neuf grandes écailles, difpolécs fur quatre rangs ; & celles que l'on voit fur le dos 5 iont ovales éz unies. Un individu de cette efpèce, confervé au Cabinet Roi, a deux pieds de longueur totale ^ cinq pouces trois lignes , depuis Tanus juiqu'à Tcxtrcn^iité de la queue, cent ioixante - onze grandes plaques , & toixante-quatre paires de petites. %Jf C^^ €o Hijloire Naturelle LA NASIQUE (a). Nous DONNONS Ce iiom à une Cou- leuvre, dont le mufeau eft en effet très-alongé, & quil eft très-facile de diftinguer par-là des Serpens de fon genre , connus jufqu'à préfent. Elle â le devant de îa tête trcs-alongé , très- étroit , très-aplati , pardefTus & par- deflousj ainfi que des deux cotés, & terminé en pointe de manière à xepréfenter- une petite pyramide à quatre ■faces , dont les arêtes feroient très- marquées. Le deiTus de la t^te eib Ca) Le Nez-retrouffé. M. d'Aubenton , Eiicy clopéiie. méthodique. Cof. Myderizans Linn. amphlb. Serpt. Muf. Ad. fr. i,p.2'è, tab, 5,fig, j., &• taè. jg. . I. Séba y muf. i , Hibu. 23 ^ J?^. 2. Gronovius^ muf i^p-^ 59,. N." 19- Causby y CaroU 2 , p. ^J^ tab- 47. Natrix Mycfterizans , 162 ; Natrix Flageîli* ÎQrrais, 16^, Launntiy Spedmeii M^i^m^. âes Serpens, 6ï recouvert de neuf granrles écailles , placées fur quatre rangs. La mâchoire inférieure eft arrondie pius large & plus courte que la fupérieurc^ les yeux font gros, ronds , & placés fur les côtés de k tète -, & l'on voit , à l'ex- trêmité du mufeau , un petit prolon- gement écailleux , un peu relevé , & compofé d'une feule pièce qui paroît comme plilfée. C'eft: apparemment de ce prolongement , que Catefby a voulu parler , iorfc|u'il a dit qiie le Serpent dont il eft ici queftion , avoit le nez: retrouiTé -, & c'eft peut-être en faifint aliufion à Tair Singulier , que cette conformation donne à ce Reptile, qwe M. Linné Ta déhgné par le nom de Myclérifans , qui fignifie moqueur. Les deux mâchoires font garnies de fortes dents , qui ne diftillent aucun poifon . fuivc^nt Gronovius -, Catefby dit aufïï que la Nafique n'eft point dan- gereufe , & nous n'avons trouvé de crochets mobiles dans aucun des in- di\'idus c^'c cette efpèce crue nous avons examinés. Cependant nous devons-- prévenir que M. Linné a écrit qii'elie- 6i Hijloire Naturelle étoit venimeure. Le deffous de îa tète' blanchâtre, & toutes les autres parties de ce Serpent, préfentenf communément «ne couleur verdâtre , relevée par quatre raies blanchâtres , qui s'étendent de chaque côté du corps, prefque jufqu'à l'extrémité de la queue, & par deux autres raies longitudinales placées fur le ventre (û).Les écailles du dos font rhomboïdales & unies -, ordinairement îa queue n'eft pas aufïï longue que la moitié du corps , qui efl très-mince en proportion de fa longueur. L'individu que nous avons décrit. Se qui eft confervé au Cabinet du Roi , n'avoit , en quel- ques endroits de Ton corps , que cinq ou fix lignes de diamètre. Se cependant il avoit quatre pieds neuf pouces de longueur (h). Nous avons compté cent foixante-treize grandes plaques fous fbn corps, & cent cinquante - iept paires de petites plaques foUs fa queue. faj îl paroît que îa diltribution des couleurs, de la Naiique varie aflez Ibuvent. (h) La queue étoic longue d'un pied onsç pcMJces, des SerpenS. 6^ On a écrit que , malgré fa petitefTe; îa Nafîque Te nourrifloit de rats (û)i mais quoique Ton gofier & fon eftomac puifTent s'étendre aifément , ainfi que ceux des autres Serpens , nous avons peine à croire qu'elle puifîe dévorer des rats , même les plus petits*, elle doit vivre de fcarabées ou d'autres infectes , dont on a dit en effet qu'elle faifoit fa proie *, & elle les faiiit avec d'autant plus de facilité, que, fuivant Catefby,-. elle pafîe fa vie fur les arbres , cachée fous les feuilles & entortillée autour des rameaux, qu'elle peut parcourir avec rapidité. Elle n'attaque point l'homme ,: & on la trouve dans ilfle de Ceylan , en Guinée, ainfi que dans la Caroline j & plulieurs autres contrées chaudes- du nouveau Monde. (a) Siba ^ vol' i , pi- 24- %A ^4 Hifloire Naturelle LA GROSSE^TETE, Nous DONNONS çe nom à une Cou- ieuvre d'Aiiiénçjue qui , en efîet , a îa tête beaucoup plus grofle que ia partie antérieure du corps. Elle n'a point de crochets mobiles-, neuf grandes écailles , difpGfées fur quatre rangs , couvrent le fommet de fa tête, 8c celles tjui garnirent fon dos font ovales 8c unies. Un individu de cette efpèce , con- fervé au Cabinet du Roi , a deux pieds cinq pouces fix lignes de longueur totale, 8c fix pouces trois lignes depuis 3'aniis jufqu'à Textrémité de la queue, qui fe termine par une pointe très- déliée. Nous avons compté cent quatre- vingt-treize grandes plaques 8c foixante- dix-fept paires de petites. Le defîus du corps de la GroiTe-^ tête eil d\me couleur foncée, relevée par des bandes tranfverfales 8c irré« des ■ Serpens, ^5 gulières d'une couleur plus claire*, maïs l'individu que nous avons décrit étoit trop altéré par TeTprit- de- vin , dans lequel il avoit été confervé , pour que nous puiiîions rien dire de plus relativement aux couleurs de cette efpèce. s 6 Hijîoire Naturelle LA couresse; C'est de îa Martinique que cette Cou- leuvre a été envoyée au Cabinet du Roi, par feu M. de Chanvalon. Ses couleurs font belles ^ le deilus de fon corps eft verdâtre , préfente deux rangées îongitudinaîes de petites taches bîanches & alongéesj ie deiîous & les cotés du corps font blanchâtres. Cette Couleuvre n'a point de cro- chets mobiles. Le fommet de fa tèie eft garni de grandes écailles, & le dos Teft d'écaillés ovales & unies. L'indi- vidu que nous avons décïity avoit deux pieds dix pouces fept lignes de lon- gueur totale , neuf pouces fept lignes depuis ranus jufqu^à l'extrémité de la queue, cent quatre-vingt-cinq grandes plaques, & cent cinq paires de pe- tites. ^ La Coure/îe eft auffi timide que peu dangereiife; elle fe cache ordinairement ioriqu elle apperçoit quelqu^m , ou s'en- des Serpens, 67 fuit avec Uni de précipitation que e'efl de-là que vient Ton nom de Cou^ rejfe^ ou CourereJJe {a). (a) Rochafort, h/ft' des AntïlUs% tym , 16619 ^8 Hijloire Naturelh LA MOUCHETÉE Qa). C^EST uti très-beau Serpent, & dont ies habitudes digèrent beaucoup de celles de îa Naiique, du Bofga , & d autres Couleuvres qui fe tiennent fur les arbres : il pafîe fa vie dans des trous louterrains , où il trouve apparem- ment, avec plus de facilité qu ailleurs, les vers & les infedes dont il fe nour^ rit. C'eft dans la Caroline qu'il a été obfervé par MM. Catefby & Garden, & lorfque , dans les mois de Stj^tQmhxl &^ d^O(5lobre, on fait, dans cMq con- trée, la récolte des patates ^ on ie trouve fouvent dans des cavités auprès ■hiii II C©}. Guttatus. Lbw. amphib^ Serpent. Le Serpent à Chapelet. Catesl,y, hifl. uatur.' è, la LaroUut, vol. z , planche 6c. Nous avons déjà prévenu qu^il ne nilîoitpas eonfondre cette efpèce a^ec celle h laquelle nous avons donné le nom à% des Scrpens, (39 des racines de ces plantes qui, peut-être, fervent de nourriture à L\ petite proie [a). Son corps eft cependant trcs-menu en proportion de fci longueur, ii ii (a) Le Camus. iVf. d'Jubenton, Eacydopéd'u mi- thodiqHC. Col. Sjraus» Linn, amphih. Servantes, y% Hijloin Naturelle LA STRIÉE (a). ÎNous NE coNNOissoNS Cette Couleuvre que par ce queii a dit M. Linné-, le nom qu'elle porte ïui a été donné à caufe des diveries Ttries que préfente Ton dos , & qui doivent être produites par la forme des écailles , relevées vrai- femblabîement par une arête longitu- dinale. Ce Serpent ne parvient point à une grandeur coniîdérable -, le deffus de Ton corps eft brun & le deffous d'une couleur pale -, fa tête eft couverte d'écailles lifît^. On le trouve à la Caroline, & c'eft M. le Dodbeur Garden qui a envoyé à M. Linné des individus de cette efpèce {b). Il (^ pourroit qu'on dut regarder (a) Le Strié. M. d'Jsientofi, Encyclopédie mé- thodique. Cof. Striatulus» L'wU' amphip. Scrp. (bj La Striée a cent vingt-fix grandes plaques & quarante-cinq paires de petites^ comme des Scvpcns, 75 comme une Couleuvre Striée, un Ser- pent de la C.iroline figuré dans Catefb/ ( vol. 2 , planche 46 ) ( û ) ,• ce Serpent a, en effet, les écailles du dos relevées par une arête , le fommet de fa lete garni de neuf grandes écailles lilTcs , le délias de Ton corps brun, & le defî'ous d'un rouge de cuivre , altéré par Tef- prit-dc-vin ou par quelqu'autre caufe , peut aifcment devenir , après la mort de Tanimil , la couleur pale indi- quée par M. Linné pour le dellous du corps de îa Striée. Ce Serpent figuré dans Catesby , le tient fouvent dans Teau, &:, fuivant ce Naturaliiîe, doit fe nourrir de poiiions -, il dévore auffi les oifeaux & les autres petits animaux dont il peut fe rendre maîtrç*, fa har- Gîcfle eft auilî grande que Tes mouve- mens font agiles -, il entre dans les baf- rJ?-cours , y mange la jeune volaille, &: Y ^uce les œufs, mais il n'efl; point venimeux. (a) The Copper-Belly Snake. Serpent \ ventre couleur de cuivre. Catcsbyy /liJI' nat^r. de la Caro^ Une ; vol. 1 , pag' 46 » Scrpcnsy Tome IV, D 74 Hijhire Naturelle sé!r s%i i nMw m w ii j iiiiiii II I ti T 1 — iViMi i . mpgcm LE BLUET (a). C'est en Amérique qu'on trouve ce Serpent, -dont les couleurs prcfcntcnt un aiîortrmcnt ngréable &, pour aind dire, élégant. Le dcfîus de Ton corps eft blanc, & les écailles qui girnrirjnt le dos de cette Couleuvre, font ovales & prefque mi-parties de blanc & de bleu*, le fommet de la tête cft bleuâtre i îa queue, trcs-déliée, fur-tout vers fn extrémité, d'une couleur bleue , plus foncée que celle du corps, & fans au- cune' tache {b). (a) Le BÎLiec. M. d'Juùenton , Encydopidk ml^ thoàique. Col. Cacruleus. L'fiw. amphlh. Sepuit. AmjiU' acad. p. 585,^31. Séôa , jiwf' 2 , t:iè' 13 , fig. 3. fhj Le Bluet a cei;t friixante-cinq grandes plaques Se vingt quatre pairts de petites- ^^ %J^ D y 6 Hljioirc Naturelle !■' >■■ *.:U ;■ ■ f » >^il»j r HM P Ht ' * '■ _■ ■_ " ..._M;t;:Jda5jl .-.^.'i*! '';^ LE VAMPUM (aj. Tel est le nom que ce Serpent porte dans la Caroline ôc dans la Virginie, fuivant Catelby, & il a été donné à cette Couleuvre, à caufe du rapport que les nuances & la difpoiition de fes couleurs ont avec une monnoie des Indiens , nommée Wampum, Cette monnoie eft compoiée de petites co- quilles taillées d'une manière régulière, & enfilées avec un cordon bleu Se blanc. Le defîus du corps du Serpent eft d'un bleu plus ou moins foncé , & quelquefois prefque noir fur le dos, avec des bandes blanches tranfverfales ^ & partagées en deux fur les côtés -, le deffous du corps çii d'un bleu plus clair , avec une petite bande tranf- (a) Le Vimpum. M. â'Juhenton, Encyclopédie méthodique' Co!. Fafciatus. Linn. amphih' Serpent' Catsib^ t vol. 1, planche c^'^- des Serpeiis. ' 77 verfale brune fur ch.ique grande pla- que -, 8z de toute cette dilpolition de couleurs , il réiuite des cfpcces de ta- ches , dont la forme aj^p roche de celle des coquilles taillées _, qui fervent de monnoie aux Indiens. La Vampum parvient juiqu^à cinq pieds de longueur -, il n'efi point veni- meux, mais vorace, 8c il dévore tous les petits animaux , trop foibles pour lui réhflcr. Sa tête ell petite, en pro- portion de Ion corps; elle eft couverte de neuf grandes écailles , Se celles du dos font ovales & relevée par une arête {a). ~ - II - «HBH I ■— t (a) Le Vampum a cent vingt -huit grandes plaques & foixante-lept paires de petites. Un jeune individu de celte eipèce , conlervé au Cabinet du Roi, a un pied dix pouces de longueur totale, éi fà queue eit longue de fix pouces. \ Dffj 7 8 Hijioire Naturelle LE COBEL (a). CjEtte Couleuvre fe trouve en trcs« grand nombre en Amérique. Elle eil; d'un gris cendré, & préfente un grand nombre de petites raies blanches, 8c placées obliquement , relativement à i'ci.ine du dos. Quelquefois elle pré- lente âuili dts bandes tranrverfales & bl. inchâtres. Le deflous dn corps efl fclanc-, îe ventre traverfé par un grand nombre de b;:ndes noirâtres , 8c iné- g.iies, Ciur-nt à leur largeur-, 8c Von voit derrière ch.^que œil, une tache ^ij Le Cobel'- M. d'JuUntou^ EncyclopéiU mi-' Col. Cobe'ila» L'nn. airîphic' S^rpetit. ^Jma'ût. ^c^d. V. 505, i^; p. 531, 4 , & p. 583, Ceraltes Cobelia , 17^, Laurentl , Spccimm Mer- aie uni' GiouGv- vwf, i^p. 6s ^ A^° 32- ScOû , iiiuf 2 , uib. 2, %» / des Serpens, 19 «jTiine couleur un peu livide, & placée oLiiquc-mcnt comme les petites raies cil clos. Le fommet Je la iliQ eft couvert de neuf grandes écailles dffpofées fur Quatre ranp-s, g^ & cette Couleuvre a cent cinquante grandes plaques , & cinquante-quatre paires de petites. Un individu de c^XXq cfpcce , que nous avons aient , a voit un pied quatre ponces neuf lignes de longueur totale, & ia queue étoit longue de trois pou- ces dix lignes. Div 8o Hi/Ioire Naturelle LA TÊTE^NOIRE (a). Ce Serpent a, en cfîet, la tête noire, & le dcriliis du corps brun -, il préfente quelquefois des taches blanchâtres, & placées tranfveifalement. Le defFus du corps eft varié de blanchâtre, & d'une couleur très-foncée, par taches, dont îa phipart font placées, tranfverfalement 6c ont la forme d'un parallélogramme. Les écailles qui couvrant la tête, font grandes au nombre de neuf, & difpo- fées fur quatre rangs. Celles qui gar- nilTent le dos, font ovales Se unies. La Tête-Noire fe trouve en Amérique, & elle a ordinairem.ent cent quarante grandes plaques, 8c foixante-deux paires .de petites (b). «I 11 i-.i. ^..ir.—»- I I II ■ i I ■ ■> Ca) La Tête-noire- M. d'Juoenton , Encyclopédie méthod'iquS' Co!. MeîanocepbaTiis. L//;:/. nmphib. Se'p' Nfjf. Jd- fr. I, p. 24, taon. 15 ^.fe* c (b) Un indiviiu de cette efpèce , conlervé au Cabinet du Roi, a deux pieds un pouce fept lignes de longueur totale , & quatre pouces fix lignes depuis i'anus julqu'à l'extrémité de la queue. des Strpcns. 8 r L'ANNELLEE (a). Cette Couleuvre habite h Caroline; ainfi que Saint-Domingue , d'où un individu de cette efpcce a été envoyé au Cabinet du Roi. Ces noms de dr- verfes parties de l'Amérique, voifiocs des Tropiques, retracent toujours l'image de terres fécondes , qu'une humidité abondante Se les rayons vivifiants du foleil couvrent fans celle de nouvelles productions bien plus précieufes &: moins funeftes , que l(?s métaux trop recher- chés qu'elles cachent dans leur fein. L'art de l'homme ne doit , pour ainfi dire^ dans ces terres fertiles, que mo- dérer les forces de la Nature. Ce qui appartient à ces climats favorilés, atti- rera donc toujours l'attention , nous n'avons pas befoin de chercher à l'en- (a) L'Annellée. M. d'Jubenton , Encyclopédie Piithodiqm. Col. Doliatus. L'inné amphib, Scrp, Dv 8 z Hi/Ioire Naturelle vxroiiîier^aornemens étrangers, pour faire defirer de îc connoître-, & les pcrionnes même qui nrairont pas ré- solu de iliivre l^Hifloire naturcrlle juf^ ques dans les petits rameaux, feront toujours bien ailes d'oklerver , en quel- que forte, de près tous les objets que l'on rencontre dans ces belles & loin- taines contrées. L'AnncIiée efl d'un blanc ordinaire- ment aiiç-z éclatant , & prélente des bandes tranfverfales noires, ou prefque noires, qui s'étendent fur le ventre, & forment des anneaux autour du corps -, ^ mais ia partie fupérieure & îa partie intérieure de ces anneaux ne fe correfpondent pas esaélement. Quel- quefois une petite bande longitudinale, dune couleur très- foncée , règne le long du dos -, le cou eiï blanc , le deilus de ia tétc^ prefque- noir , Sz garni de neuf gi'andes écailles & le dos efl couvert d'écailies unies & en îofange. Un individu de cette efpèce, qui fait partie de la - colieâiîon du Roi, a fept pouces quatre lignes de longueur totale , Se un pouce cinq des Serpens, 83 îrgnes depuis l'anus juiqu'à l'cxtrémife de II queue. L'Annellée n'a point de crochets mobiies {a). (a) Elle a le plus louvent cent loixante quatr© grandes plaques & quarante-trois paires de petites- ^^^^^'^3, Dvj 8 4 Hijlo i re Natu re lit L'AURORE (a). Les couleurs de cQitz Couleuvre peuvent ia faire drftinguer de loin -, une bande longitudinale , d'un beau jaune, règne au-deiîus de Ton corps, Se paroît d'autant plus vive, que le fond de la couleur du dos eft d'un gris pâle, & que fouvent, chaque écaille comprife dans la bande , efî: bordée d'orangé. Le deffus delà tête efl jaune, avec des points rouges , & c'efi: ce mélange d'orangé , de rouge & de jaune, qui a fait donner à la Cou- leuvre Aurore le nom quelle porte. Ce Serpent (e trouve en Amérique, 8c a cent foixante-dix-neuf grandes plaques , & trente-fept paires de pe- tites. (a) L'Aurore. M d' Juhent&n , Encyclopédie mé- fhodiguC' Cof. Aiirora- Linii' amphib. Serpent. Miif. Ad. fr. p. 25, tab. J9,fig.l. _ Cerafîes Aurora 169, LauTenti ^ Spécimen Me- J^culus. Séba, muf i , tab- 78, f^. g. des Serpens. 8j LE DARD (a). C_>ETTE Couleuvre a beaucoup de rap- ports 5 fui vaut M. Linné , avec ia rayée. Elle eft d'un gris cendré , avec \\x\Q bande noirâtre, dont les bords font d'un noir foncé , & qui s'étend au- defTus du dos , depuis le mufeau jufqu'à l'extrémité de la queue. Une bande fembiable , mais plus étroite , règne de chaaue côté du ccros , dont le delfous eft blandiâtre. Ce Serpent a été vu à Surinam (/»). Il efl bon d'obferver que ce nom de Dard (Jûculus) a été donné à plulieurs Serpens , tant de l'ancien que du nouveau Monde, à caufo de la faculté qu'ils ont de s'élancer , pour ainli dire, avec la rapidité d'une flèche. m »»— 1»— 1 I 1 1 ■ ' Il ■ » ■ Ca) Le Dard. M. i'Auhenton , Encyclopédie mi* thodiquc- Col. Jaculatrix , L'wn. amphib. Serpent. Gronov- muf' 63. iV.** 26. Xcquipiles. Szba^ muf 2, tah- l , jlg. 9. (^b) Le Dard a cent loixante-trois grandes pîaques £c foixante-dixfepi paires de petiies. 26 Hifioire Naturelle _ , I . I I I I ■ ^ ■ I ■ _ I ■ ■ . I I " ~ LA LAPHIATI (aj. 1 EL EST LE NOiM quc 1 OU a Gonne ,- dans l'Amérique méridionaîe , à cette Couleuvre du Bréfil , dont les couleurs font très-belles 5 Tuivant Séba. M. Linné QUI fa décrite, lui en attribue de moins brillantes^ mars, peut-être, les nuances de rindividu qu'il a c.bfervé , avoient- elles été altérées. Selon ce Naturalise j îa Laphiati efc grife , avec des - bandes tranfverfales blai-jches, qui fe divifent en deux de chaque coté. Si les quatre extrémités de ces bandes fe réunifTent avec celles des bandes voifines , la diftribution de couleurs indiquée par M. Linné , fera à-peu-près femblable à celle dont parie Séba : mais ce X fa) La Lofange. M. d'Jubenton , Encycîàpéài^ mé- thodiguc. Col. Auficus. Litm. amph'ih. Szrp. Muf Addl fr. I , p. 29 , tahu.. 12 , /z^. 2- Natrix Auîica. 148 , LauTcnù Specimeu JSûdkwnr Séba, muf. 1 , îah. 91 , fg' 5«' des Serpens, 87 dernier Auteur iuppofe du roux à Ii place du gris , Se du jaun.ltre à la place du blanc. Le foirimet de la tête de la Laphiati efl blanc. Cette Couleuvre a cent quitre- vingt-qufttrc grandes plaques, ^c foixante paires de petites. s 8 Hifloîn Naturelle LA NOIRE ET FAUVE (a). Le nom de cette Couleuvre déHgne les couleurs-, Ton corps eft entouré, en effet, de bandes tranlVerfales noires, ordinairement au nombre de vingt-deux, & d autant de bandes fauves, bordées de blanc, & tachetées de brun, placées alternativement. Le mufeau, & la partie iiiperieure de la tête , font quelquefois noirâtres. La queue de ce Serpent eft très-courte, & n'a guères de longueur, que le douzième de la longuelir du corps. On trouve la Noire 8c Fauve à la Caroline , où elle a été obfervée par M. Garden. Elle a deux. cent dix- huit grandes plaques , & trente-une paires de petites {b). <û; Le Noir S: Fauve-M. d'Jubenm , £ocyc/o- jic^ie méthodique, ^Co!. Fuivus. Li/;/f. amp/dh. Serpent. (bj Le fommet de fa tête eft garni de neuf grandes écailles, ton dos l'eft d'écaiiles hexaaones & unies. Une Noire & Fauve confervée au Cabrnet riuRoi, a un pied onze pouces de longueur totale, & h sueue efî longue de deux pouces. des Serpens. 89 LA CHAINE (a). Catesby a donné h figure de ce Ser- pent qu'il a vu dans la Caroline , & qui y a été enfuite obfervé par M. le Dodeur Garden. Le dttlus du corps de cette Couleuvre eil d'un bicu prelque noir, avec des bandes jiunestranrverfales très-étroites , & comporées de petites taches , qui leur donnent l'apparence d'une petite chaîne. Le defîous du corps eft de la même couleur bleue , avec de petites taches jaunes , prefque " quarrées. La longueur de la queue ^ de ce Serpent n'eft ordinairement qu'un cin- quième de celle du corps -, l'individu fa) La Chaîne. M. d'Juhenton , Encyclopédie ml' thdi(jue. Coi. Getuîus. Lhn. amphib. Serpenf- Tne Chain Snake , Serpent à chaîne- Cateihy , vol. 2, planche 52. $)0 Hijîoire Naturelle déçût par Cate% , avoit à-peu-prel deux pieds & demi de iongueur totale {a). fa) La Chaîne a deux cent quinze gran plaques & Quarante paires de petites» des Serpens, 9^ T f/ r i^tav»} M' i 1 1 i winmaH i M i ii i 1 1 1 " 'jg'sgatt LA RUBANNEE (a). Plusieurs RAirs cil forme de riiï^ans , Se crime couleur norre, ou très-foncée, s'ttendent rai-dcfTus du corps de cette Couleuvre , fi-U' un fond blanchâtre*, îcs grandes plaques qui revêtent le deffous du ventre , font bordées d® brun -, êc Ton volt , fous la queue , une petite bande longitudinnle blanche & dentelée. La tête cft noire , avec de petites lignes blanches & tortueufes *, elle cd: d'ailleurs très-alongée , large parderrière , Se femblable , en petit , à la tête d'un, chien, de même que celle du moîure, de la Couleuvre Double- (aj Le Moqueur. M. d'Auheuton , Encyclopédie méthodique. Col. Vittatus. Linv. cmphih' Serpent* Muf Je', fr. P' 2f> , tab. l8, f^. 2-. Gronovins ^.vi'if- i , N."* 31. Katiix Vittaîa. li^i' Laurcnti ^ Spécimen Medicuau Scba , muf. 1 , taè. 45 , fi^. 5 , 6' (au* 60 , ^. a €7* 3, - 9 î Hiltoire Natun lie Tache, & de pludeurs Boa. Les écailles qur. sentie dos, font ovale. ^ La Rubannée fait entendre un fîf- flement plus ton que celui de pKdîeurs autres Couleuvres , lorfqi.-elle eft effrayée Pjir la prefence foudaine de quelque oVt ; c'eft ce fifflement que aLlq!^ Voyageurs ont appelle une forte de nre moqueur, ou l'expreffion d'un defir aixez vrt detre regardée & admirée pour Tes couleurs (3); & c'eft pour inoiquer quelle efpèce avoit donné lien à cette erreur , que M. d'Aubenton a applique à la Pa,bannée , le nom de ^erpent moqueur , dont on s'étoit déjà Jervr pour aefigner piufleurs Serpens. i-a Rubannee fe trouve en Amérique, & peut-être auffi en Afîe. ' "^" I ,11 r»'/?/ ?"^ Couleuvre a ordinairement cent qua- ^Xrt'p^S'" ^'''"" * foixante-dixTult des Scrpens, 5 3 s,<^ XT/'i. < ,j B i'.-:iifis';jj m i e^ m^K K mim"tnaiLtivu'%m LA MEXICAINE (a). Ni. Linné a nommé ainfi une Cou- leuvre dont il a parlé le premier. Elle fc trouve en Amérique, & vraifembla- bleraent au Mexique. Elle d®it, comme les autres petits Serpens ^ y fervir de proie à i'hoazrn , efpcce de faifm , qui habite les contrées de i'Am.érique feptentrionde , voiiines des Tropiques , & qui fait la guerre aux Serpens , de même que les a'gles , les ibis •, les cigognes , & plufieurs autres oiieaux. Dans les pays encore très-peu habités, où une chaleur très-forte , & des eaux ftngnantes , fources de beaucoup d'hu- midité , favorifent la multiplication des. divers Reptiles , il eft avantngeux , fans doute, que les Serpens venimeux, oc dont la morfure peut donner la fa) Le Mexicain. M, d'Auhtntontf Lticyclopsàle méthodique. Col' Mexicanus. Linn' amphib. Scij- ^4 Ilificlre Naturelle m,ort 5 foient détruits en très- grand nombre-, on dcvroit dcfirer de voir anéantir cçs crpcces funefies , & il n'efl point Turprenant que les oiieaiix qui en font icur pâture , que les ibis , en Egypte , les cigognes, dans preique toutc3 les contrées, •& partiGulièrement en Thcllaiie (^), aient été regardés comme des animaux tutéiaires, oc que la Reiicion & les Loix fe foient réunies pour les rendre , en quelque lorte , facrés. Mais pourquoi ne pas laifîer fubfifter les efpèces,qui, ne contenant aucun poifon, & ne jouilLint pas d'une grande force , ne peuvent être dange- reufes? Pourquoi ne pas les iaifîer mul- tiplier^ fur- tout auprès à^s campagnes cultivées 5 qu'elles délivreroient d'un grand nombre d'infcéles nuHibles, 8c où elles ne pourroicnt faire aucun dép^ât 5 puîfqu'elles ne fe nourrident pas des plantes qui font rcfpoir des Cultivateurs ?'' Parmi ces efpèces , plus utiles qu'on , oe l'a cru jufqu'à préfent , Ton do^t . 24, fig. I. Ceraltes Nebulatus, l']^, Laurenti Sjxlmcn Me» loo Hijfoire Naturelle EHe n'eft point venimeiife , fuivanf M. Linné-, mais il arrive quelquefois, que lorfqu'on pafîe trop près d'elle, & qu'on Texcite ou Tefîraie, elle fe dreffe, s'entortille autour des jambes, & les ferre affez fortement (j). fa) Voyez } à ce fujet, M- Laurent, ï Tçiidroii des Serpens. tôt* LE SAURITE (a). C>E SERPENTa beaucoup de rapports avec les lézards gris & les lézards verts, non-feulement par les nuances de Tes couleurs, mais encore par fon agilité, & voilà pourquoi il a été nommé Saurite , qui vient du mot grec Sauras (lézard). Son corps eft très-délié-, ies proportions font agréables, & on d©it le rencontrer avec d'autant pius de plaifir, qu'étant très-aélif, il réjouit la vue par la rapidité & la fréquence de fes mouvcmens. Le Saurite efl d'un brun foncé avec trois raies longitudinales blanches ou vertes , qui s'étendent depuis la tête jufqu'au-defîus de la queue •, il a le (a) Le Saurite. M. d'Jubenton , Encyclopédie met thodique. Co}. Saurita. Liiuu amphib* Serpent- CaUiby^ vol, 2 , pknck. 52> Eu, 102 Mijîoire Naturelle ventre blanc, ceiit cinquante-fîx grandes plaques , & cent vingt-&:-iine paires de petites. ^ On le trouve dans la Caroline j il n'eft point venimeux. des Serpens. 10} LE LIEN (a). Cette espèce de Serpent eft très^ rcpAiîdiie d 534? 9^6?" mnC, fTWC' p' 586 j 34- £éba j ir.uf. 1 , tab. 38 , fs^. â. E vj io8 Hifoire Naturelle crochets mobiles. Un individu de cette efpèce 5 confervé au Cabinet du Roi , a un pied fix pouces de longueur to- tale, èc fa queue eft longue de quatre pouces fix ii'gnes. \ des Sarpens, 109 xSBssusuUMmr LA VERDATRE (a). Les couleurs de cette Couleuvre font trcs-agréabies, mais fa douceur efl encore plus remarquable. Le deflous de fon corps cft d'un vert plus ou moins clair 5 ou plus ou moins mêlé de jaune*. Je deiîus eft bleu , fuivant M. Linné(^j , & vert, fuivant Catefby , qui Ta obfervée dans le pays qu'elle habite. C'eftdans la Caroline qu'on la rencontre. Aufîi déliée , aufîi agile que le Bqiga , elle peut , comme lui , parcourir les plus légers rameaux des arbres les plus élevés -, 8c c'cft fur les branches qu'elle pafîe fa vie, occupée à pourfuivre les fa) Le Verdûtre. M. d' Aubeiuon , Encyclopédie Wiéthodique- Col, TEltivus. Limi. amph'ib. Serpent. The Green Siiake, le Serpent vert. Causùy, CaroL i , planche 57. Qb^ M. Linné cite, au fujet de cette Couleuvre, M. le Docteur Garden, qui la vue dans la Cii- rolinc. î I o Hijîoïre Naturelle mouches & îes petits infedes dont eîîe fe nourrit- Elle eft fi familière, & l'on Ait i\ hïen ^ dans la Caroline, combien peu elle eft danger eufe, que, fuivant Cuefby, on fe plaît à la manier, & que pluiieurs perfonnes la portent fans crainte dans leur fein. N'étant vue qu'avec plaifir , on ne cherche pas à la détruire -, auffi efl-elle très-commune dans la plupart des endroits garnis d'arbres ou de buiffons*, & ce doit être un fpe6tacle dgrcable, que de voir les innocens animaux qui compofcnt cette cfpèce , entortillés autour des branches , fufpendus aux rameaux , &: formant , pour ainfi dire , des guirlandes animées au miilieu de la verdure & des fleurs , dont l'éclat n'efface point celui de leurs belles écailles, La Vcrdâtre a cent cinquante -cinq grandes plaques , & cent quarante- quatre paires de petites. La longueur de la queue eft ordinairement un tiers de la longueur du corps -, &: les écaiiks du dos ne font point relevées par une arête. âts Serpens, t i f LA VERTE (a). Ce nom défigne très-exadlement la cou- leur de cette Couleuvre, dont le deiîus & îe defîous du corps font en effet d'un beau vert , plus clair lous le ventre que fur le dos. Ce Serpent a le fommet de la tête couvert de neuf er^.ndes écailles, drfpofées fur quatre rangs ^ le deifus du corps garni d'écariies ovales & unies; deux cent dix-fept grandes plaques, & cent vingt-deux paires de petites. Ses mâchoires ne font point armées de crochets mobiles, & un individu de cette efpcce , confervé au Cabinet du Roi, a deux pieds deux pouces neuf lignes de longueur totale , & lept pouces une ligne depuis l'anus jufqu'à l'extrémité de la queue. fa) Le V«rrt. M. i'Auhentùa , Encyclopédie mé» ihodiq'ie- Cul. VindifTimus. Lirw. ampktb. SiTp, Jtlaf. Ad. fr» 2 y p. 46. 1 1 i Hijloire Naturelle LE CE NCO (a). V-/E Serpent a la tête trcs-gro/Te à proportion du corps : elle eft d'ailleurs prefqiie globiileiife , Tes angles étant peu marqués, & la couleur de cette partie efl blanche , panachée de noir. Le Cenco pcirvient quelquefois à la longueur de quatre pieds , fans que Ton corps , qui eft très-délié , Toit alors beaucoup plus gros qu'une plume de cygne. La longueur de la queue eft ordinairement égale au tiers de celle du corps. Le Cenco a le fommet de la tête couvert de neuf grandes écailles , le dos garni d'écaiiles ovales & unies , îe deffus du corps brun , avec des taches (a) Le Cenco. M. d'Aubtnton , Encyclopédie mé- thodique. Col. Cenchoa. Linn. amphih- Serpent» Jd. Amcenit, p. 588, iV.° 37. Cencoatl , leconde efpèce. DiStiommn d'hijl, Zatuî. pjr M. Valmont de Bomare. Séha^ mvf, 2, taè, 16 , fi^. 2 àf 3, des Serpens. 115 blanchâtres , ou d un brun ferrugineux > accompagnées, dans quelques individus? d'autres taches plus petites , mais de la même couleur , & quelquefois avec plufieurs bandes tranfverlales & blanches, ïl fe trouve en Amérique , &: il y vit de vers & de fourmis {a). {a) W a deux cent vingt grant^es plaques, U cent vingt-^uaue pnires de petU^s. 1 1 4 HiJîoLre Naturelle LE CALMAR (aj. Cette Couleuvre eft d'une couleur livide, avec des bandes tranfverfciies brunes , & des points de la même couleur, dirpoles de manière à former des lignes. Le deilous de Ton corps préfente des taches brunes , comme les points & les bandes tranfverfales, pref- que carrées, 8c placées fymmétriquem.ent. On voit fur la queue une raie lon- gitudinale, & couleur de fer. Ce Serpent qui n'eft remarquable, ni par fa conformation , ni par fes couleurs, habite en Amérique, & a cent quarante grandes plaques , & vingt- deux paires de petites. (û) Le Calmar. M. d'Juheaton , Encychpcdlt méthodiqus. Col. Calamarius. Liiui. amphih. Serpent, Mijf Ad. fr. i), p. 23 , tab. ^, fio. 5. Anguis Calamaria ,127, LauTinti , ^Spécimen Mt- des Serpcns. i i $ L'OVIVORE (a). M. Linné a donné CQ nom à^ une Goiilcuvre d'Amérique, dont il n'a fait connoître que le nombre des plaques-, elle en a deux cent crois, & foixante- treize paires de petites. Il cite, au fujet de ce Serpent , Kalm , fai-is indiquer au- cun des Ouvrages de ce Naturalise , & Pifon , qui , ^leion lui , a nommé rOvivore Guinpuagiiara , dans ^ Ton Ouvrage intitulé : Medicina Brafilienfis. Pifon y dit, en effet, que l'on trouve, dans l'Amérique méridionale, un Ser- pent qui fe nomme Guinpuaguara ; mais on ne voit, dans Pifon, ni dans Marcgrave, fon Continuateur, aucune defcription de ce Reptile, ni aucun détail relatif à fes habitudes. M. Linné fa) Le Guimpe. M. à'Auhmton , Encyclopédie méthodique. . Col. Ovivorus. Linih amphlb» Serp, ï 1 6 Hijïoire Naturelle a vraifemblablement nommé cette Coit- îeuvre Ovivore, pour montrer qu'elle fe nourrit d'œufs , ainfi que plufieurs autres Serpens Se qu'elle ,en eft même plus avide. des Serpens, i 1 7 LE FER-A-CHEVAL (a). On voit, fur le corps de cette Cou- leuvre 5 un grand nombre de taches roulîcs, difpoiées fur un fond de cou- leur livide. Le deiîus de îa tête pré- fente des taches en croillant , l'entre- deux des yeux une bande tranfverfale & brune , & l'occiput une grande tache en forme d'arc ou de fer-à-cheval, Teliet font les couleurs de ce Serpent d'Amérique , qiii a deux cent trente- deux grandes plaques èc quatre-vingt paires de petites. L'on conferve, au Cabinet du Roi; une Couleuvre qui a beaucoup de rapports avec le Fer-à-chevaL Elle a (a) Le Fer-à-cheval. A/. d'Auh&nton, Encyclopédie méthodique' Col. Hippocrepis. Limu amphib- Serpent, Muf Ad, fr. 1 , p. 36 5 taè' î6 , fig' 2^ Natrix Hippocrepis , 155. Leunini , Sj^ecimcR MUicum^ 1 1 8 Hijloire Naturelle le fommet de la tête garni de neuf grandes écailles*, le dos couvert d'écaillés rhomboïdales & unies -, le deffus du corps livide avec des taches brunes-, quatre taches noirâtres & alongées de chaque côté de la partie antérieure du corps -, quatre autres taches noirâtres, également alongées , placées fur le cou, & dont les deux extérieures font inclinées & fe rappochent vers l'oc- ciput *, un pied dix pouces de longueur totale *, quatre pouces fix lignes depuis i*anus jufqu'à l'extrémité de la queue*, deux cent quarante-une grandes pla- ques , & foixante-dix-neuf paires de petites •, elle n'efl pas venimeufe non plus que le Fer-à-cheval, des Serpens. i x 9 L' I B I B E (a). iNous coNSFRViRONS à Cette Cculeuvre le nom d'Ihibe qui lui a été donné par M. d'Aubcnton , êc qui eft une abréviation du nom Jbiboca , fous le- quel elle cfl décrite dans Séba. Ce perpent a été oblervé, dans la Caro- line, par MM. Catefby & Ga rde n -, il eft d'un vert tacheté, iuivant Catefby, & bleu, fuivant M. Linné, avec des taches noires comme nu^^geufes. On voit, de chaque côté du corps, une rangée de points noirs , placés ordi- nairement à Tcxtrémité des grandes plaques*, & quelquefois une raie q\ui vert foncé , ou , au contraire , d'une (a) L'ibibe. M« d'Anbcnton ^ Ehcydapedic mé^ thodique- Col. Ordinatus. Linn. amphib» Serp* Catesby^ Carol. 2 ,/>. 53 , taè- 53. Gronoviiis . muf. 37* oébu , muf, 2 , toi* 20 , fig* 2* 120 Hijloire Naturelle couleur affez claire , s'étend le long du dos. Ulbibe a le fommet de la tête garni de neuf grandes écailles*, le deilus du corps couvert d'écaillés ovales, & re* levées par une arête -, cent trente-huit grandes plaques , & foixante- douze pai- res de petites. Un individu de cette efpèce , qui fait partie de la colledion de Sa Ma- jefté, a deux pieds de longueur totale, & fa queue eft longue de quatre pou- ces dix lignes. La difpofition des gran- des écailles, qui couvrent le dciîous de fà queue , n'eft pas la même que dans les autres efpèces de Couleuvres-, il préfente quatre grandes plaques en- tre Tanus & les premières paires de petites. Llbibe n'efl: point venimeux ♦, il fe gliffe quelquefois dans les baiîe-cours , il 7 caffe & fuce les œufs, mais il n'eft pas ordinairement aflez grand pour dévorer même la plus petite Volaille. LA CHATOYANTE. \ des Serp:ns, 121 LA CHATOYANTE (aj. M» LE Comte de Rasoumowskv nomme ainfi une petite Couleuvre, qui fc trouve aux environs de Liufinne. Elle parvicPit à tm pied 8c demi de longueur, & a la grolieur d'une plume d'oÏQ ou de cygne-, elle eft luilante comme fi elle étoit enduite d'huile; le defTus de Ton corps eil; d'un gris cendré, avec une bande longitudinale, brune , formée de petites raies tranf- verHiies, & difpofées en zrg-zag-, les grandes & les petites plaques font d'ua rouge brun , tachetées de blanc 8c bordées de bleuâtre du côté de l'ex- trémité de la queue. Ces plaques font chatoyantes au grand jour, & produifent des reflets d\in beau bleu. Les écailles du dos le font auuî , mais beaucocip fa) La Chatoyante. Hijl- natur. du Jorat & ée fct eryi'ons ^ par M. le Comte de Rafoumoivsky. Laiifanne, , i(/-l , png. 122, pivickc 6 , lettres a & b, S^rpens i Tome IV, F 122 Hijloire Naturelle moins. Une tache brune, un peu en forme de cœur, efl- placée fur le fom- met de îa tête, qui efl: couvert de neuf grandes écailles [a). Les yeux font noirs , petits , animés , & l'iris eft rouse. On a rencontré la Chatoyante auprès des eaux ou dans des foiïés humides. M. le Comte de Rafoumowsky ne la regarde pas comme venimeuie. (a) La Chatoyante a depuis cent cinquante-fix jufqu'à cent loixante-une grandes plaques, & cent treize paires de petites. des S^crpens. i i 3 ^^KSOXSZSmMXSS^BA LA SUISSE (d). C'est M. le Comte de Rasoumowsky qui a fait connoître cette Couleuvre-, il l'a nommée Couleuvre vulgaire; mars, comme cette épithcte de vulgaire a été donnée à piulîeurs efpcces de Serpens, nous avons cru ne pouvoir éviter toute confuiîôn , qu'en déhgnant, p.ir un autre nom , le Reptile dont nous trai- tons dans cet article. Nous l'indiquons par celui du pays où il a été obiervé. Il cil: Qun gris cendré, avec de pet'tes raies noires fur les cotés*, & Ton voit fur le dos une bande longitudinale , compofée de petites r.ies trctnfverfciles, plus étroites ce d'une couleur plus pâle; le dellous du c^rps eft noir avec des taches d'un blanc bleuâtre , beaucoup fa) La Couleuvre vulgaire. Hlfc- narw' du Mont- Jorat c?" de fcs euvironi , par M. k Comte de Rai'f'U- mouwsky y tom» i j /?• 121, if p- 288. Fij 124 Hifwire Naturelle plus grandes fous ie ventre que fous Ix queue (a). La Couleuvre Suiiîe parvient jufqu'à trois pieds de longueur •, elle paroît ai- mer le voifuiPge des eaux & les om- bres cpaiffes •, on la trouve dans les fofîés & dans les buifîons qui croif- fent fur un terrain humide-, Se on la rencontre aulîl dans les bois du Jorat. Elle dépofe les œufs , en été, dans des endroits chauds , 8c fiir-tout dans du fumier où elle les abandonne *, on a afîiu'é à M. Rafoumowsky qu'ils étoient attachés enfcmble , & au nombre de quarante-deux ou plus -, ils font renfer- més dans une membrane blarxhe , mince comme du papier , Se qui fe déchire facilement. Le ferpenteau eft plein de force Se d'agilité en fortant de l'œuf-, il a quelquefois alors plus d'un demi-pied de longueur, & fes couleurs font plus claires que celles des faj Les »5cailles du dos de la Couleuvre Suiffe font ovales & relevées par une arête; elle a jul- qu'à cent foixante-dix grandes plaques , & cent vingt-fept paires de petites. des Serpens, i 2 j Couîeitvres Suilles adultes. Le peuple regarde ces Serpens comme venimeux (a) ', mais ils n'ont point de crochets mobi- les , Se leur mâchoire fupérieure efl garnie de chaque coté d'un double rang de petites dents aiguës & fer- rées, (h). (a) Hifl. natur. du Mont-Jorat , p. 122. CbJ Itlsm , ihïi' Ilj 12(3 Hijîoire Naturelle L' I B I B O C A (a). Ce nom dlbiboca a été donné par les voyageurs & les Natiiraliftes à plu- fieurs cfpèces de Serpens , très-diftérentes Tune de l'autre ^ nous le réfervons à ia Couieuvre dont il eft queftion dans cet article , §c qui a été envoyée lous ce nom au Cabinet du Roî. Ceft dans îe Bréiii qu'on la trouve-, elle n'eft point veninieufe , &: nous allons îa dé- crire d'après l'individu qui fait partie de la colleélion de Sa Majefté. Elle a le de/îus de la tête garni de neuf grandes écailles -, le dos couvert d'écailies rhomboïdales , unies, grifâtres &" bordées de blanc (b)'-) cinq pieds cinq pouces lix lignes de longueur to- t: la queue eit longue de quatre pouces. %-J^ F y; 1 il Hijhire Naturelle LA RETICULAIRE. C.ETTECouLEuvREde k Loiiifiane reiïemble beaucoup par fes couleurs à ribiboca -, les écailles que Ton voit fur îa partie fupéfieiire de Ton corps, font blanchâtres , Se bordées de blanc -, comme les bordures fe touchent, elles forment une forte de réfeau blanc au travers duquel on verroit le corps de l'animal -, 8c voilà pourquoi nous l'avons nommée la Réticulaire. Elle eft dif- trnguée de i'Ibiboca par plufieurs carac- tères , & fur-tout par le nombre de fes plaques , trop différent de celui des plaques de ce dernier Serpent , pour que ces deux Couleuvres appartiennent à la même efpcce. -Parmi les Rétî- cul aires que nous avons décrites , nous en avons vu une qui eft confer- vée au Cabinet du, Roi , ce qui a trois pieds onze pouces de longueur totale 5 & dix pouces depuis Tamis des Scrpens, i 3 5 Jiifqu'à l'extrémité de li queue {a). (a) Les mâchoires de la Iiéticu!aire ne font point armées de crochets mub"'es; elle a la tête couverte de neuf griindes dcailles ; ie dos i^arnî d'écaiHes uni-^s & en lofangej deux cent dix-huit grandes plaques, & quatre-vingt paires de petites. I 3 4 Hiftolre Naturelle LA COULEUVRE A ZONES. Ce vSerpent eft blanc par-de/îns & par-deiîoiis , avec des bandes tranfvcr- fales plus ou moins larges, d'une cou- îeur très - foncée qui ^ comme autant de Zones , le ceignent & font le tour de Ton corps. On voit , dans les inter- valles blancs , quelques écailles tache- tées de roufîâtre à leur extrémité -, & toutes celles qui garnilTent les lèvres ou le delîus de la tttt , font blan- châtres , & bordées de roux ou de brun. La Couleuvre à Zones a beaucoup de rapports avec TAnnellée , & avec ia Noire & Fauve \ mais , indépen- damment d'autres différences , elle efl féparée de la première par la clifpofi- tion de fes couleurs j & de la féconde par le nombre de fes plaques. des Serpcns. i j J Elle ned pas venimcufe (a). fa; Une Couleuvre h Zones, qui fait partie de la collection du Roi. a neuf jurandes écailles fur le fojnmet dn la tête, des écaillas rhomboïdales 3c unies ùir ie dos, un pitd de longueur totale, un pouce fix lignes depuis l'anus jufqu'à iVxtrémitéde la queue, cent foixante-cinq grandes plaques, & trente-cinq paires de petites. '^'^,*^^^^ ^^'^*^ ijS Hijloire Naturelle LA ROUSSE. v^ETTE Couleuvre a îc defîiis du corps d'un roux plus ou moins foncé , & !e deffous blanchâtre, c*eft de la cou- leur de Ton dos que vient le nom que nous avons cru devoir lui donner-, elle n'eft point vcnTmeufe^ mais nous igno- rons quelles font fes habitudes naturel^ îcs. Nous avons décrit cette efpèce d'a- près un individu confervé au Cabinet du Roi , & qui a un pied cinq pouces qu.itre lignes de longueur totale , & trois pouces depuis Tanus jufqu'à l'ex- trémité de la queue. La RouiTe a neuf grandes écailles fur la partie fupérœure de la tête, le dos couvert d'écaijles rhomboidales & unies, deux cent vingt-quatre grandes plaques & foixante-huit paires de peti- tes. Nous ne favons pas quel efl le pays où on ia trouve. des Serptns. 157 LA LARGE-TETE. Nous NOMMONS aiiiti cette Couleuvre parce que (li tête , un peu aplatie par- dciîus éc par-deiTous , cft trcs-Iarge à proportion du corps. C'cil: M. Dombey qui Ta a]5portée de l'Amérique ir.éri- dionaie au Cabinet du Roi. La couleur du defîus du corps de ce Serpent eft blanchâtre, avec de îjrandes taches irré- guiières, d'une couleur très-foncée, &: qui le réuniiient en piufieurs en- droits le lona du dos, & fur-tout vers la tête ainh que vers la queue-, le defîous du corps eft également blanchâ- tre, mais avec des taches plus petites, plus éloignées Tune de l'autre , 5: difpofées longitudinalemcnt de chaque coté du ventre. Le mufeju de cette Couleuvre efl terminé con-iiiic celui de plu (leurs Vi- pères venimeufes, par une grande écaille rclevé'e, prefque verticale, pointue par le haut , & échancrée par le bas j ce- I 5 8 Hijîeire Naturelle gH"f"if%"'^P°'"t de crochets n.o. • dllU'^ (ommet de â tête eft garni de nuif grandes écailles; celles qi,i re- vetent le dos !o„t ovales, unies ,c^ un peu réparées lune de l'autre ver la tête comme fur le Naja. L'iP.divfdu que nous avons décrit avoit quatre p.eds neuf pottces de longueur u^ta. fept pouces depuis l'anus juf- dx-hu,t grandes plaques, & cinquante- deux paires de petites. Avant de paffer au genre des Boa ^ nous refteroit à parfer de qtun'ê Couleuvres dont Gronovius a fait mention (a); mais, comme il n'eft entre dans prefque aucun détail rela- tivenK-nt à ces Reptiles , & que nous ne les avons pas vus , nous avons cru , lie devoir pas en traiter dans des articles particuliers, & ne pouvoir même rien décider relativement à l'identité ou à la oiirerence de leurs efpèces avec celles que nous avons décrites. Nous nous iommes contentés de les placer à leur Cv Groiwt^. muf. des Serpens, i 3 9 r.ing dans notre table mcthodiquc, en y rapportant le petit nombre de carac- tères indiqués par Gronovius , en ren- voyant aux planches qu'il a citées , en délignant uniquement ces Couleuvres par le numéro des articles de Gronovius où il en eft queflion , 8c en ne leur donnant Aucun nom julqu'à ce qu'eiks loient mieux connues. s> ? S^'"^ /v S^' r 4 P Hijîoiré. Naturelle SECOND GENRE. SERPENS Qui ont de grandes plaques fous le corps Sf fous la queue. BOA, V""" I ^^^:t^r. ' i m i ij i ■<^ LE DEVIN (^). Nous AVONS CONSIDÉRÉ à lâ th& du genre des Couleuvres, les diverf-s cfpèces de Vipères , ces animaux fu- (a) Le Devin, cw Mexique. Xaxathua, Xalxalhua, l'Empereur, dan^U pays. mCme des Serpens, 141 neftes 8c d'autant plus dangereux que , diftillant fans celle le venin le plus Tamacuilla huilia, dans d'autres contrées dei'Amé" Tique. Caçicîora ou Couleuvre chafTeufe , aux environt de l' Orenoque. Jurucucu , dans le Bréjit' "Bûiguacu, Giboya ou Jiboya, & îa Reine des Serpens, ainlî que Jauca Acanga, au BuJU. La manda , qui veut dire Roi des Serpens , à Java' Mambaifa & Poionga , à Ceylan. Giarende. Gerende. Gorendc- Fedagoio & Cobra de VeaJo, p.ir les Porr.'igjït. Serpent Impérial. Dépone, dam plujicurs contrétSm Le Devin. M» d'Aubenton , Encyzlopddie mi- ihodlque- Boa conftridor- Liiui. amphih. Serpent' Cenrhris. Gronov' muf. i . p. 6g , n. 43- L'Empereur. Séba, muf. i , tab. 36, fîg'. 5, tâb. 53 t fig- I , tab' 62 ^ jîg. l , 2 ; à' -nnf. 2 , tab. 77, jSg-. 4 ô* 5, tab. y8, j%. i . t,i\ 99 , ^g' 1,2, tab. ICO , j%- 1 , tab, 104, fi^* I. Conltrictjr formolifiimus, 235. Conltrictor Rex Serpsnîum, 236. Conitridor Aalpex, 237. ConC- trictor Diviniloquus, 238- Laurcnti, Speciimn M:- dicnm. Job' Ladolph. Comm-.ntar. ad Jn^lunam, JEthlop'xamy fol, 166.- î^i Hijloire Naturelle iiibtil , ils mafqiient leur approche , déguîrent ieurs attaques , Te replient en cercle , fe cachent , pour ainli dire , en eux-mêmes , comme pour dérober ïcur préfence à leurs vidlimes^ s'élancent fur elles par des fauts aufïï rapides qu'inattendus , ne parviennent à les vaincre que par leurs poifons mortels , êz n'emploient que cette arme traîtreiîe qui pénètre comme un trait invifîble , & dont la valeur ni la puifTance ne peuvent fe garantir. Nous allons parler maintenant d'un genre plus noble*, nous allons traiter des Boa^ des plus grands Se des plus forts des vSerpens , de ceux qui, ne contenant aucun venin, n'at- tiquent que par beroin,ne combattant ^■. ■!■ ■ , ■■!■ , -».■—■■■■ ^ ■! ■»■»■!■ , I. I l... ■■ ■ III i h ■ ■ ■ ■!■! I —1———* Draco. Dlvus Hyeronim/ts in vitàfandti llUarionis, Tîoigmcu , Rav , Synopfis Serpemlni generis,p. 325. Xaxathuri & Boisî'-iacu. M- Falmoni de Bomarc Serpens Peregrinus. Car. CluJïaS) exoticorum , lib, 5 , /?. T 1 3 , «^. 1 605. /im^hlîhcat-uin Zootom'xvm Mich. Bern. Vakntin. tab- 85 , fig' 8* Boiguacu. Pffiiiy de wcdic'na Brajilienjï , lib' 3, fol. 41. Bo^guacu. Georg. Marcgravi , hiJI' rcum naturalium J^ra/iUce , lib' 6, cap' l'^'tfol. ll^J» des Serpens. 143 qu'avec audace, ne domptent que par îcur puilîancc *, 8c contre k*rquels on peut oppoler les armes aux armes , le courage au courage , la force à la force, fans craindre de recevoir, p;• fimis ejus os munitur. CoUum angufium elt »♦ & caudam vertus paulatim in anguftum con- « trahitur. Tota pellis fquamis teda ferie pulchrâ •» difpofitis, pronâ parte minorii)us, fupinâ ma- »♦ joribus, coîorumvarietateeleg-anti; namdo-funt »• à capite ad extremam caudam coniinuo ordine •» lecundum îongitudinem nJgrkantibus , quaû ocrpens^TomelV: Q ^ 1 4 (î Bijîoire Naturelle tenoit ce Serpent énorme dont Pline ai r, dvpeiformibus maculis ornatur ; extrema vero „ cauda ovaUs formae maculis nigncantibus dif- „ tinaa ; latera alterius formae maculis, inltar » foliorum mali, depida funt fpecie venuiia , „ colore fubfufco. Talem Serpentem fub nomme „ Serpentis Americani retulitWormius, pag. 263. „ llliusetiam mentlonem fecit Andréas Cleyerus, ,, in obferv. 7, decuriœ 2 , tom. 2 , Ephemerid. „ Germanicarum, pag. 18. ( Voyez les notes fui- », vantes.) Q^» i^^^'"^ ^^^ ^^^^'^ '^ Ambona Mo- „ lucarum. Infula. In lîraliHa 2?o/>^c« vocari aiunt, » atque inprimis in eo Regno nalcuntur limiles » Serpentes. " . • r •► • Huius, vei limilis Serpentis mentionem teciC m fuo Commentario ad hiltoriam ^thyopicam Jobus Ludolphus, pag. 166 ,aicqueiîlum in Italiaquoque olim notum , icribente Plinio, l.b. 8 , cap. 14. Akmtur primo hubuh bais /"^«//{"^^./X' traxcrc. D. tamen Hyeronimus m vita fancti Hila^ rionis : Draco inquit , mir^ magnitudmis (quos Gentiii fermone Boas vocant) , ab eo , quod tam orandes fmt, ut boves glutire foleant , omnem Ite valtabat Provinciam , &c. .M«P«-n lurchena^ « les Couleuvres qu'on appelle Cocadoras ou M challeules, font de la groffeur des ^ujosC aux^ „ nuels l'Auteur attribue une longueui dt huit :; a'unes ou environ ); mais elles font plus longues „ de plulieurs aunes; & l'on ne peut voir, fans ; éto'nement, ia légèreté avec ^aqv^elle e e^ r, courent apr^s la prQie qu'elles ont apperçue , des Serpens. x^y parlé, c\' qui arrcU , pour alnfi dfre ,- »» & qu'elfes attrapent fans qu'effe puilTe leur Eidous. J,:gnon , 1758 , .0/. 3 , pag. -je. "" ^ " Dans le Royaume de Congo, ii v a Jes - Serpens de vingt-cinq pieds delong qui avalent ». une brebis ; .ls s'étendent ordinaVement au »' foieil pour digérer ce qu'ifs ont mangé : forfaue - es Nègres s en apperçoivent , ifs^es tuent, ' ^"r coupent fa tête & la queue , les éventren '' & fes mangent ; on les trouve ordinairement »' gras comme des cocfions. „ Co/Ua. académ. partit etrjno: volume 3 , ^. a>]c . c/ted^"''''''^F"-' ^^"^'^^^^ Serpens de fa ». Cote d Or ont ordinairement vingt pieds de ion- » gueur & cnq ou iix de Koe«r( apparemment de »' c rconference; , mais ifsVn trouve de beaucoup *' ce t.ois pieds de longueur, étoit afiez aros -pour faire la charge de fx hommes. » ml gen.raU ^es Voy. édU. in-,, , ,oL 14 , ^. .t " Boman s'étend comme Artus, fur la grandeur ^> des S..rpe_ns de fa Côte d'Cr : le plu's monf- » trueux qu'il ait vu n'avoit pas moins de vin^t - pieds de ongueur; mais il ajoute qu'il s^'e^n » trouve ce beaucoup p!us grands dnns l'intérieur " ce. terres. Les Hollandois. dit-ii, ont fou.^ n " trouvedans leurs entrailles, non-fluîemenV des » animaux,, mais des hcmmes entier.. „ /^^l ree 214. '' Les Nègres d'^xim tuèrent un's^ - .pent long de vmgc-deux pi.ds, dans le vemTe G,, 148 Hifioin Naturelle l'armée Romaine auprès des côtes fep- p» duquel on trou\^ un daim entier. Vers ïe mêmç f» temps on trouva dans un autre , à Boutri , »# îes reftes d'un Nègre qu'il avoit dévoré. »» Jdem , pag. il6» u PÎulieurs Serpens du Royaume de Kayor ont ,» jufqu'k vingt-cinq pieds de long fur un pied ?» & demi de diamètre. »» Voyages du fienr Brue m mit' gàïér. des Voya^ti ^ tliu in- 13 , vqI 7 ^ « .Sur fa rivière de Kurbaïi , auprès des cote» y* occidentales de l'Afrique, on voit des Serpens M de trente pieds qui feroient capables d'avaler »» un bœuf. ♦> Voy- dt hahaty vol 5, p- 249. « 0\\ trouve aux Moiuques , de grandes Cou- w [euvres qui ont plus de trente pieds de long, & ^ qui f©nt d'une groffeur propoitionnée ; elles H- rampent pefamment ; on n'a jamais reconnu »« qu'elles foient venimeufes» Ceux qui les ont n vues affurent que , lorfqu'elles manquent de - nourriture, elles mâchent d'une certame herb© »> dont elles doivent k connoifîance à Pinftmdt de ,♦ la Nature ; après quoi elles montent fur les n. arbres au bord de la mer, où elles dégorgent „ ce qu'elles ont mâché; aufii-tôt divers poiifons « l'avalent, &, tombant dans iine forte d'ivrefle »» qui les fait demeurer fans mouvement fur la M fiirface de l'eau , ils deviennent la proie des »» Couleuvres. *# ïii^mt natur, des Moluquts^ Hif- teirc des Faya^iS , idkt- in-12 , kv. I, tom, 31 , ^\'vkmû le plu$ rare & 1§ plus finguliei: d^ des Serptns, 149 tentrïoniîcs de TAfrique ( û ). Sins doute il Y a de l'exiigération d.ins la iongueur attribuée à ce mon fini eux animal-, fins doute il n'avoit point cent vingt pieds de long comme le rapporte ic Naturalise Romain-, mais Pline ajoute que la dépouille de ce Serpent demeura long-temps furpcndue dans un Temple de Rome , à une époque afîez peu éloignée de celle où il écrivoit -, & à moins de renoncer à tous les témoi- cnages ds Thiftoire, on efl: obligé d'ad- mettre l'exiftence d'un énorme Serpent, qui, preffé par la faim , le jetoit fur \t% > ■ " ' ■ ■!■■■■ ■ »l ■! IM ») genre des Reptiles, eft un grand Serpent am- »> phibie de vingt-cinq ou trente pieds de long, & M de plus d'un pied de grofTeur, que les Indiens *> nomment Yncu-Mama , c'eft-à-dire , Mère it n l'caa , êc qui habite ordinairement , dit-on , »» les grands lacs formés par l'épanchement d^s 9t eaux du fleuve au-devant des terres. r> Hijl. naturdU des euvbons d^ t' Amaionc , Hijl. génîr. du yœ,'ages, tom> 53 , /'• 445. (a) « Nota eft, in punicis bellis, ad flumen »> Bagradam, à Reguîo Imperatore baliiftis, tor- »> mentifque , ut oppidum aiiquod , expugnata »> Serpens 120 pedum longitudinis. Peilis eju$ >» maxiliaeque ulqu^ ad beîlum Numantinum du- « ravere in templo. »> Plim ■ liv' 2B -. chaj^' ij^, G iij I j © HlJIoire Naturelle foldats Romains lorfqu'ils s'écartoîent de leur camp , & qu'on ne put mettre à mort qu'en employant contre lut un corps de troupes, & en Técrafant fous ïes mêmes machines militaires qui fer- voient à ces vainqueurs du monde à renverfer les murs ennemis. C'étoit au- près des plaines fiibîonneufcs d'Afrique qu'eut lieu ce combat remarquable -, le Serpent Devin fe trouve aufli dans cette partie du monde -, Se comme c'eft le plus grand des Serpens, c'efl: un indi- vidu de fon efpèce , qui doit avoir luté contre les armées Romaines. Ce mot de Rome antique, défigne toujours la purf- fance êc la viétoire-, c'efi: donc la plus grande preuve que Ton puifTc rapporter en faveur de la force du Serpent dont nous écrivons l'hiftoire , que d'expofer les moyens employés par les conquérans de la terre , pour le fou mettre & lui donner la mort. Le Devin eft remarquibîe par îa. forme de fa tête , qui annonce , pour ainlî dire^ la fupériorité de fa force, 6c que l'on a comparée, avec afTez de raifon , à celle des chiens de chaffe ^ des Scrpcns. i 5 i appelés chiens couchans (a). Le fommct en efl élirgi j le front élevé &: diviié par un iiilon longitudinal -, les orbites Ibnt laiilantes , & les yeux trcs-gros*, le mufeau eft alongé , & terminé par une grande écaille blanchâtre , tachetée de jaune , placée prefque verticalement, & échancrée par le bas pour laifîer pallbr la langue*, Touverture de la gueule très- grande j les dents font trcs-longues (b) , H— ^ , Il ■ I « «1 II I , I I 1 1« I — »^— — ^Wi^ (a) SJùa^ — JSI. Laurent^ &c. fhj a J'ai vu des Couleuvres Chaffeufes ( des >» Devins) vivantes, & d'autres mortes, & leur » ai trouvé des dents aufli grofies que celles du. f) meilleur lévrier Quelles armes plus 9> redoutables que leur vîtefle , jointe à l'opi» » niâtreté avec laquelle elles mordent ? Dans »> le temps que j'étois en Amérique, une de » ces Couleuvres failit un Laboureur par le »» taîon & la cheville du pied , comme il étoic •w homme de courage, il fe failit du premier arbre »j qui fe préfenta, & l'embrafia du mieux qu'il M put en jetant des cris horribles ; on accourue « pour le fecourir , & le Serpent fe voyant prelTé, j» ferra les dents, lui coupa le taîon, & s'enfuit M avec fa vitefle d'un trait. j> Hifl. de l'Orénoquif déjà citée, vol- 3 , p' 76. Cleyerus , (Lettre déjà citée) rapporte que, cherchant à avoir le fquelette d'un de ces grands Serpcns, fes domeftiques en firent cuire les chaiis G iv ï l z Hijïoire Naturetk mais îe Devin n'a point de crochef^ mobiles ^ qiiarante-qiiatre grandes écailler couvrent ordinairement k îèvre fiipé- rieiire & cinquante-trois îa lèvre infé- rieure ; la queue efi très-courte en pro- portion du corps qui eft ordinairement neuf fois aufTi long que cette partie, mais elle eft très-dure & très- forte (^}. *■ ni j. i >a-|r < ■ I jijiM i , „p ,i r dans de i'eau où l'on avoit mis de la chaux vivç, Uiî d'eux voulant nettoyer fa tête du Serpeni dont la cuifi'on avoIt détaché les chairs , fe blefla au doigt contre les grolTes dents de l'animal. Cet accident fut fuivi d'une enfiure avec inflammation dans la partie affeétée, d'une fièvre continue & de déhre, qui ne cefsèrent qu'après qu'on eut empîoyé ies remèdes convenables, & particuliè- rement une compofition appeîlée lapis Serpentiausy & que les Jéfuites faifoient alors dans Plnde^ Toute véficule & toute chah avoient été emportées par la chaux vive, obferve i'Auteur ; par con- féquent on ne doit attribuer à aucune forte ds venin fes accidens dont il parle; & ce fait ne peut pas détruire les obfervations plufieurs fois Tépétées , qui prouvent que ie Devin n'eft point venimeux : d'ailleurs nous venons de voir que fa gueuie ne renferme point de crochets mobiies, ainli que nous nous en femmes affurés nous-m^êmes. Jajho. fommec de la tête du Devin eft couvert d'écaiiies hexagones , petites , unies & femWabfes à eeiles du dos^ deux rangées iongiti^diiiales degrandes àe^ Serpens, l j 5 Ce Serpent énorme cfl d'ailleurs auiïi diftingué par la beauté des écailles qui le couvrent & la vivacité des couleurs dont il eft peint, que par fa longueur prodigieufe. Les nuances de ces couleurs s'efîacent bientôt iorfqu'il eft mort. Elles difparoifTent plus ou moins, fuivant la manière dont il eft confervé, & le degré d'altération qu'il peut fubir. Il n'eft pas furprenant d'après cela qu'elles aient été décrites ii diverfement par les Au- teurs, & qu'il ait été repréfcnté dans des planches , de manière que les diftéreos individus de cette efpèce aient paru former jurqu'à neuf efpèces drtîércntes (a). Mais ily a plus : les couleurs du Serpent Devin varient beaucoup fuivant le climat qu'il habite, & apparemment fuivant V^ge, le fexe , Sec. Aulîi , croyons-nous très-inutile de décrire, dans les plus petits détails, ëcailïes s'étendent de chaque côté des grandes plaques , qui ibnt moins longues que dans fa plupart des Couleuvres , & dont on compte âev^ centquarante-iix fous le corps & cinquante-quatre fous la queue. fij Scioj à l'tadfçit déjà cité. I j 4 HîJIcire Natiirelie celles dont il efl paré. Nous penfons devoir nous contenter de dire qu'il a communément fur la tête une grande tache , d'une couleur noire ou roufTe très-foncée _, qui rcpréfente une forte de croix dont ia traverfe eft quelquefois fupprimée. Tout le deilus de ion dos eft parferaé de belles & grandes taches ovales qui ont ordinairement deux ou trois pouces de longueur , qui font très-fouvent échancrées à chaque bout en forme de demi-cercle , & autour defquelles Ton voit d'autres taches plus petites de différentes formes. Toutes îbnt placées avec autant de fymmétrie > & la plupart font fi diflinguées du fond par des bordures fombres qui > en imitant des ombres , les détachent & les font reflbrtîr que , lorfqu'on voit la dépouille d'un de ces Serpens , on croit moins avoir fous les yeux un ouvrage de la Nature qu'une produdion de l'Art compaiTée avec le plus de foin. Toutes CQS belles taches , tant celles qui font ovales que les taches plus petites qui les environnent, préfentent les couleurs ks plus ngré^biemeat rai- des Serpens, i j y rlées Se quelquefois les plus vives. Le« tâches ovales font ordinairement d'un fauve doré , quelquefois noires ou rouges Se bordées de blanc ^ Se les autres d'un châtain plus ou moins clair , ou d'un rouge très-vif 5 femé de points noirs ou roux 5 oflrent fouvent , d'efpace en ef- pace, ces marques brillantes que Ton voit refplendir fur la queue du paon ou fur les ailes des beaux papillons , & qu'on a nommées desycux , parce qu'elles font compofées d'un point entouré d'un cercle plus clair ou plus oblcur. Le deffous du corps du Devin effc d'un cendré jaunâtre , marbré ou tacheté de noir. Oji a aiïez rarement l'arnimal entier dans les coUeélions d'Hiftoire naturelle*, mais il n'eO; guère aucun Cabinet où la peau de ce Serpent, féparée des plaques du defîous de Ion corps , ne foit éten- due en forme de larges bandes. On leiu: a donné divers noms fuivant la grandeur des individus, les pays d'où on les a reçus , les variétés de leurs couleur: ^ Se les différences qui peuvent fe trou^er djms les' petites taches placées autour G vj 1^6 Hljîoire Naturelle des taches ovales. Mais quelques feient ces variétés d'âge , de fexe ou de pays , c'eft toujours au Serpent Devin qu'il faudra rapporter ces belles peaux , êc jufqu'à présent on ne connoît point d'autre Serpent que ce dernier qui fort doué d'un taille très-con(idérable , Se qui ait en même - tems fur le dos dçs taches ovales femblables à celles que nous venons d'indiquer. Lorfque l'on confidère la taille dé- meiurée du Seroent Devin , l'on ne doit pas être étonné de la force pro- digieufe dont il jouit. Indépendamment de la roideur de Tes mufcles, il eft aiié de concevoir comment un animal qui a quelquefois trente pieds de long , peut , avec facilité , étoufler & écrafer de très-gros animaux dans les replis mul- tipliés de fon corps dont tous les points agiiîent , de dont tous les contours faî- filîent la proie , s'appliquent intimement à f^ furface, & en fuivent toutes les irrégularités. Cette grande puiflance , cette force redoutable 5 fa longueur gigantefque , i'cclat de fes écailles , la beauté de fes des Serpens* 157 couleurs ont infpiré une forte d'admi- ration , mciéed'côroi, à plulieurs peuples encore peu éloignés de Tétat i.iuvage •, & , comme tout ce qui produit la ter- reur «le l'admiration , tout ce qui paroît avoir une grande lupériorité fur les autres êtres ell bien près de faire naître, dans des têtes peu éclairées , l'idée d'un igent furnaturel , ce n'cfl qu'avec une crainte relrgieufe que les anciens habi- tans du Mexique ont vu le Serpent Devin. Soit qu'ils aient penfé qu'une raa/Te eonfidérable , exécutant des mou- vemeus auiîi rapides , ne pouvoit être jTiue que par un foufïle divin , ou qu'ils n'aient regardé ce Serpent que comme un miniftre de la toute puillance célefte , il efl devenu l'objet de leur culte. Ils l'ont furaoramé Empereur ^^ ouï défigner îa prééminence de fes qualités. Objet dô leur adoration , il a dû être celui de leur attention particulière -, aucun de fes mouvemens ne leur a , pour ainfi dire , échappé , aucune de fes adlions ne pouvoit leur être indifférente -, ils n'ont écouté qu'avec un frémidement reli- gieux les lîfiflruens longs & aigus qu'ij ijS Hijhire Naturelle fait entendre, ils ont cru que ces fîffie- mens , que ces fîgnes des diverfes affec- tions d'un être qu'ils ne voyoient que comme merveilleux & divin dévoient être liés avec leur dcftinée. Le hafard a fait que ces iifllemens onv été fouvent beaucoup plus fortj ou plus fréquens dans les tems qui ont précédé les grandes tempêtes , les maladies peftiientielles , les guerres cruelles ou les autres cala- mités publiques *, d'ailleurs les grands maux phyfiques font fouvent précédés par une chaleur violente ^ une féche- reiîe extrême, un état particulier de Tatmofphère , une éleclricité abondante dans l'air qui doivent agiter les Serpens , & leur faire pouiler des fifflemens plus forts qu'à l'ordinaire-, aufîî les Mexicains n'ont regardé ceux du Serpent Devin que comme l'annonce des plus grands malheurs , 8c ce n'eft qu'avec confter- nation qu'ils les ont entendus. Mais ce n'eft pas feulement un culte doux & pacifique qu'il a obtenu chez les plus anciens habitans du nouveau inonde. Son image y a été vénérée , »ota-feulemeMt au milieu des nuages âcs Serpms, l J 9 d'encens , mais même de flnts de fmg humain , vcrfé pour honorer le dieu auquel ils Tavoient conCicré, -êc qu'ils avoient fait cruel {a). Nous ne rappel- Ions qu'en frémill'ant le. nombre im- nienfe de victimes humaines que la hache fanglantc d'un fanatifme aveugle & barbare a immolées lur les autels ds la divinité qu'il avoit inventée. Nous ne penfons qu'avec horreur aux mon- ceaux de têtes & de triftes offemens , trouvés par les Européens autour des tem.ples où le Serpent fembloit parta- ger les hommages de la crainte {fi) \ Se tant il faut de tems dans tous les pays pour que la raifon brille de tout Ton éclat , la fip- perdition qui a , pour ainli dire , divf- ■tCSki (a)LaDivinitéfupreme des Mexicaîns, nommée VitiibpuitU ^ étoic repréfentée tenant clans fd main droite un Serpent, par lequel nous devons croire, d'après tout ce que nous venons de dire, qu'ils voidoient défigner i'erpèce du Serpent Devin- Les Temples & les Autefs de cette Divinité , à laquelle ils fai oient desfacrilices barbares, offroient l'image du Serpent. Hijî' gàiér. du l^oya^es j édiu jn-ia^ tQme 48. î6o mjîoire Naturelle nifé le Devin, n'a pas feulement régné en Amérique. Aufïï grand , auiïî puifîant , aufîî redoutable dans ies contrées ar- dentes de l'Afrique, il y a infpiré la même terreur , y a paru aufîî merveil- leux , y a été également regardé par des efprits encore trop peu élevés au-deifus de la brute, comme lefouverainI>ifpenfateur des biens & des mawx. On Ty a éga- lement adoré, on en a fait un dieu fur les côtes brûlantes du Mozambique , comme auprès du lac de Mexico, & il paroît même que le Japonois s'eft prof^ terne devant lui. {a). Mais il l'opinion religieufe lae l'a pas fait régner fur Thomme dans toutes les contrées équatorialês , tant de Tancien que du nouveau continent , il n'en cft prefque aucune où il n'ait excercé fur les animaux l'empire de fa force. Il habite en effet prefque tous les pays ©ù il a trouvé affez de chaleur pour ne rien perdre de fon activité,', aiîez de proie pour fe nourrir, & aiîez d'efpace pour I I*» i r i ' »i nr ■ i m i m iiiii irw i wiH— wa— — n—m (aj SlmoH ii Friis, cité dans ^è$. des Serpens, lit n'être pas trop foiivcnt tourmenté par les ennemis -, il vit dans les Indes orien- tales & dans les grandes iiles de TAfie, ain(î que dans les parties de TAmériquc voiiines des deux Tropiques [a) *, il paroît même qu'autrefois il habitoit à dts lati- tudes plus éloignées de la ligne, & qu'il vivoit dans le Pontj lorfque ccitQ con- trée , plus remplie de bois , de marais &z moins peuplée , lui préfentoit une lurfacc plus libre ou plus ajialogue à Tes habitudes & à Tes appétits. Les reliv- tions des Anciens doivent donner une bien grande idée de l'haleine empeftée qui s'exhaloit de fa gueule , puifque Métrodore a écrit que l'immenfe Ser- (a) Il fe pourroit que le Serpent delà Jamaïque défigné dans Brown par la phrafe Suivante, Cm- chris tardigrada major lutea , macuUs nigiis uetata ; caudâ buviori 6* crjjjlori , appelle en Anglois tht yellow Siiake^ & qui parvient ordinairement à îa longueur de Ceize ou vingt pieds , fut de l'efpèce du Devin, & qu'on ne lui eût donné Tépithète de lent <^Urdigra.da^ que parce qu'on Vauroit vu dans le temps de fa digeftion, ou dans un com- mencement 'd'engourdili'ement. J5/ow-Vi, kiijL natiff* àfi, la Jamaïrine , j>. 461. i 6z Hijloire Naturelle pent qu ri a placé dans cette contrée du Pont , & qui devoit être le Devin , avoit lepouvoir d'attirer dans fa gueule béante, les oifeaux qui voloient au-deilus de fa tête , même à une afiez grande hau- teur {a). Ce pouvoir n'a confiflé Tans doute que dans la corruption de l'haicine du Serpent qui, viciant i'air à une très- petite diflance, & Timprégnant de miaf- mes putrides & délétères , a pu , dans certaines circonftances , étourdir des oifeaux , leur oter leurs forces , les plonger dans une forte d'afphixie , Se les contraindre à tomber dans la gueule énorme , ouverte pour les recevoir ; mais quelque exagéré que foit le fait rapporté par Métrodore , il prouve la grandeur du Serpent auquel il Ta attri- bué , & confirme notre conjecture au fujet de l'identité de fon efpèce avec celle du Devin. D'un autre coté , peu de temps avant (a) u Metrodofus circa rhyndacum am- « nem in Ponto , ut tuper volantes quamvis alte s> perniciterque alites haufta raptas abforbeant. t? Pline, lïv, 28 j chf' i^. des SC'-pens» i 6 j eeîiu ou Pline a écrit, 6c fous Tempire de Claude , on tua , auprès de Rome , fuivant ce Naturalise , un très-grand Serpent du genre des Boa , dans le ventre duquel on trouva le corps en- tier d'un petit enfant _, & qui pouvoit bien être de refpcce du Devin [a). J'ai fouvent oui dire auflî à plufieurs habi- tans des provinces méridionales deFrance, que dans quelques parties de ces pro- vinces , moins peuplées , plus couvertes de bois . plus entrecoupées par des collines , d'un accès plus difficile , & préfentant plus de cavernes &: d'anfrac- tuolités, on avoit vu des Serpens dune longueur très-confidérable, qu'on auroit dû peut-être rapporter à i'efpèce ou du moins au genre du Devin (b). fa) a Faciunt his fidem in Itaiia appelîats- i» Bose; in tantam amplitLidinum exeuntes ut » divo Claudio Principe , occifac in Vaticano fo- » lidus in alvo Tpeciatus fit infans. » P////e,/ii;. 28» chap. i^. (J)') Schwenckfeld dit, dans fon hiftoire des Reptiles de fa Siléûe , qu'un homme digne de foi lui avoit aiïuré qu'on trouvoit dans cette Province, des Serpens longs de huit coudées 6c d« 1^4 Hijtoin Naturelle Mais ce(ï fiir-tout dans les déferf^ brûlans de l'Afrique , qu'exerçant tine domination moins troublée, il parvient à une longueur plus coniidérable. Ou frémit ioriqu'on lit , dans les Relations des Voyageurs qui ont pénétré dans l'intérieur de cette partie du monde, la manière dont l'énorme Serpent Devin s'avance au milieu des herbes hautes 8c des broufîaiiles, ayant quelquefois plus de dix-huit pouces de diamètre, ôc fem- fa grofîeur du bras; il les appelle Boa, Natiix domijlka, Szrpens palii(lris ^ Serpens aquatllis , Angiiis Boa^ Draco Serpens- Il eft dit dans les Mémoires des Curieux de la Nature, pour l'année 1682, que peu de temps auparavant on avoit pris, auprès de Laufanneen Suifle^un fi grand Serpent, que fa circonférence ^galoît celle de deux cinjfts très- grojfes. La relation ajoatoit que ce Serpent étoit monftrueux, & qu'il avoit des oreilles; & il qH à remarquer que , dans preffjue tous les récits vagues & peu circonfianciés que l'on a faits con- cernant les énormes Serpens des Provinces méri- dionales de France, on leur a toujours fuppofé des oreilles , quoiqu'aucune efpèce de Serpent u'ait même d'ouverture apparente pour l'orgaoe de l'ouïe- Voyez les Mélanges des Curieux de la Nature de Vienne, Décur* 2, an. 1682, oèfery^ de C/iari Gffr&di ^ f • 3 1 7, des Serpens, l6^ ]Àkh\Q à une longue & groile poutre qu'oa remueroit avec vîteile. On apperçoit de loin , par le mouvement des plantes qui s'inclinent ious Ion paÛage , i'ef- pèce de fiilon que tracent les diverfes onduLitions de Ton corps*, on voit fuir devant lui les troupeaux de g.izcles & d'autres animaux dont û înt la proie; &: le feul parti qui refle ci prendre dans ces folitudcs immenfcs pour fe ga- rantir de (^ dent meurtrière et de (a force funeRe , cfl de mettre le feu aux herbes déjà à demi-brûlées par l'ardeur du loleil. Le fer ne fuffit pas contre ce dangereux Serpent , lorfqu'il eft par- venu à toute fa longueur , & fur-tout îorfqu'il efl irrité par la faim. L'on ne peut éviter \\ mort qu'en couvrant un pays immenfe de flammes qui fe pro^ pagent avec vîteile au milieu de végétaux prelqu'entièrement deiîéchés , en exci- tant ainfi un vafte incendie, & en éle- vant , pour ainli dire , un rempart de feu contre la pourfwite de cet énorme, animal. Il ne peut être, en effet, arrêté, ni par les.fleuves qu'il rencontre, ni par les feras de Qier dont il fréquente fouveut Ie| I 66 HiJIoire Naturelle Lords , car il nnge avec facilité , même au milieu des ondes agitées (a) -, Si. c'eft envain, d'un autre côté , qu'on voudroit chercher un abri fur de grands arbres , ("aj il Le Paraguay a des Serpens qu'on nomme fy Chofj'ans ( c'elt l'efpéce du Devin, à laquelle ?» on a donné ce num en piulieurs contrées }, 91 qui montent lur les arbres pour découvrir leur îj proie, & qui s'élarçant deflus quand elle s'ap- 9> proche, la Terrent avec tant de force, qu'elle » ne peut fe remuer , & la dévorent toute »» vivante : mais lorl'qu'ils ont avalé des bêtes en- »» tiéres , ils deviennent li pefans , qu il ne peu- >j vent plus fe traîner i lufieurs de ces <» monftrueux Reptiles vivent de poifi'on , & le >» Père de ÎVîontoya raconte qu'il vit un jour une >» Couleuvre dont la tête étoit de l.a grofTeur d'un » veau, & qui pêchoitfur le boîd d'une rivière; »> elle commençoit par jeter de fa gueule beau- >» coup d'écume dans l'eau , enfuièe y plongeant »♦ la tête , & demeurant quelque temps immo- ?> bile, elle ouvroit tout-d'un-coup la gueule >> pour avaler quantité de poil-fons que l'écume >» fembloit attirer- Une autrefois le même IVlif- 5? fionnaire vit un Indien de la plus grande taille, M qui, étant dans l'eau jufqu'à la ceinture, oc- >♦ cupé de la pêche, ï-A englouti par une Cou- >' leuvre qui , le lendemain , le rejeta tout entier. » B'ijloiTc générale dts Voya^&s^ édit- în-12, tom. ^^, des Serpens, lèj îl fe rouîe, ^ycc promptitude, jufqu'îk l'extrémité des cimes les plus hautes [a) *, auiïi vit-il fouvcnt dans les forêts. En- veloppant les tiges dans les divers replis de Ion corps , il Te fixe (ur les arbres à dirférentes hauteurs , & y demeure fouvent long-temps en embufcade , at- tendant patiemment le pafTige de fa proie. Lorlque , pour l'atteindre ou pour fauter fur un arbre voilln , il a une trop grande diftance à franchir, il entortille (a) « M. Saimon nous apprend que, dans l'Iiïe y (leMacaiVar, i! y a des iinges, aufli féroces que M les chats fauvages, qui attaquent les voyageurs, ?» lur-tout Its femmes , S: les mangent après >» les avoir mis en pièces ; de forte qu'on eft 9» obii'Té , pour s'en défendre , d'aller toujours 9) armé. Il ajoute que ces finges ne craignent >» d'autres bêtes que les Serpens, qui les pour- >» fuivent avec une vîtefle extraordinaire & vont st les chercher jufques fur les arbres, ce qui les »i oblige d'aller en troupes pour s'en garantir, »> ce qui n'empêche pas qu'ils ne les attaquent » &: ne les avalent tout en vie , lorfqu'ils peuvent >» les attraper. »» Bijl- vatitr. de l'Orerioque, vqI- 3 , pao. 78. Les récits des autres Voyageurs nous portent h croire que l'efoèce de Serpent dont a parlé M. Saimon eft celle du Devin. ï^S Hijloire Naturelle Çi queue autour d'une branche , Se fuP pendant Ton corps alongé à cette efpèce d'anneau , fe balançant & tout d'un coup , s'éiançant avec force , il fe jette comme un trait fur fa vidime, ou contre l'arbre auquel il veut s'attacher. Il fe retire auffî quelquefois dans les" cavernes des montagnes , Se dans d'autres antres profonds où il a moins à crain- dre les attaques des ennemis , Bz on il cherche un afylc contre les températures froides , les pluies trop abondantes , & ies autres accidens de ratmofphèrc qui iui font contraires. Il eO: connu fousle nom trivial iç grande Couleuvre y fur les rivages noyés de la Guyanne : il y parvient communément à la grandeur de trente pieds , «& même , dans certains endroits , à celle de qua- rante. Comme le nom qu'il y porte y cft donaé à prefque tous les Serpens qui joignent une grande force à une lon- gueur confidérable, & qui, en même- tems , n'ont point de venin , &: font dépourvus des crochets mobiles qu'on re- marque dans les Vipères -, on eft affez em- feai-r4iI6 pour dilHnguer parmi les divers faits des Serpens. i 69 f.iits rapportés par les V^oyageiirs , tou- chant les vScrpcns , ceux qui convien- nent au Devin. Il paroît bien conflité cependant qu'il y jouit d'une force ^iïez grande , pour qu'un feul coup de i\ queue renvcrfe uri animal a(îez gros , 8c même l'homme le plus vigoureux. Il y attaque le gibier le plus d'ificiie à vaincre j on l'y a vu avaler des chèvres 8c étoufîer des cougars , ces rcprélentans du tigre dans le nouveau monde. Il dévore quel- quefois , dans les Indes orientales, dc$ anim.aux encore plus conlidérables , ou mieux défendus, tels que des porc épies, des cerfs &: des taureaux (a) \ Se ce fait (a) u Ces Serpens (ceux dont parle icirAiitcur »f font évidemment des Serpens Devins) ont pfus M de vingt cinq pieds de loni^ueiir; & quoiqu'ils M ne paroifTent pas pouvoir avaler de gros arJ- n maux, l'expérience prouve le contraiic- J'a:he- >» tai d'un chafTeur un de ces Serpens , que je >f difi'équai, & dans [e ventre duquel je trouva î »» un cerf entier de moyen-âje & revêtu encore î» de fa peau; j'en achetai un autre qui avoic dé- »» voré un bouc fauvage , malg.éle grandes cornes »» dont il étoit armé; & je tirai du ventre d'ua » troilième , un porc-épic entier & garni de fes n piquans. Dans l'ifle d'Amboine, une femme Serpens j Tonie IV, H lyo Hijtoirc Naturelh effrayant étoit déjà connu des An* ciens {a)> Lorlqii'il appcrçoit un ennemi dange* îeux , ce ii'eft point avec Tes dents qu'il commence un combat qui alors feroit trop défavantage^x pour iui -, mais il fe précipite avec tant de rapidité fur fa malheureufe vidlime , Tenveioppe dans tant de contours , la ferre avec tant de force 5 fait craquer lès os avec tant de violence , que , ne pouvant ni s'échapper , ni ufer de tes armes , &: réduite à pouffer de vains mais d'affreux hurlemens 5 elle cft bientôt étouffée fous les efforts mul^ tipliés du monftrueux Reptile. Si le volume .de f animal expiré eft trop confîdérabie pour que le Devin puiffe Tavaler, malgré la grande ouverr tiure de fa gueule , ia facilité qu'il a de ç» grofle fut un jour avalée toute entière par un 9» de ces Serpens. » Extrait d'une Lettre d'André CUyerus , écrite de Batavia à MentiéLius , Ephéméndti jdes Curieux delà Nature. Nurcmètrgy 1684, Décade 2, ail' 2, 1083 , /?. 18. (a) Megafthenes fcribit , in India Serpentes in tantam magnitudinem adoiefcere, ut lolidos hau- îknt cervos taurof^ue. Pline :, liv 285 cha^^ 14» des S^rpens, \jl l'agrandir , & Tcxtenlion dont prefque tout ion corps eil fufceptible, H con- tinue de prclîer fa proie mifc à mort \ ii en écrafe ies parties les plus com- pactas', &, îorfqu'il ne peut point les brifer avec facilité , il l'entraîne en fe roulant avec cile auprès d'un gros arbre ^ dont il renferme le tronc dans Tes replis; H place fi proie entre Tarbre & fou corps j ii les environne l'un & l'autre de fes nœuds vigoureux -, &: , f e fcrvant de la tige noueufe comme d'une forte de levier , il redouble fes éiforts , & parvient bientôt à comprimer en tout fens , & à moudre , pour ainli dire , le corps de l'animal qu'il a immolé (û). ' Lorfqu'il a donné ainii à fa proie màim (a) Lettre d'Àudré Cléyerus , déj') citée- L^Auteur ajoute : *« dans le Royaume d'Aracan , fur les »> contins de celui de Bengale , on a vu un Serpeiic »> ( un Devin ) de'mefuré fe jeter , auprès des bords r> d'un fleuve , fur un très-grand urus ( bœuf jï lauvage), & donner un fpecracle affreux par fon M combat avec ce terrible animal ; un pouvoic » entendre, à la diftnnce d'une portf'c de cancn >» d\in très-grand calibre , le craquement des oft i> del'urus, briies par ies efforts de ton ennemi, >7 Hii Ijz Hijïoirs Naturelle toute la fouplefTe qui lui eft nécciTaîre » il Talonge en continuant de !a preîier. Se diminue d'autant fa grofî'eur-, il Vim- bibe de fa falive ou d'une forte d'humeur analogue qu'il répand en abondance -, il pétrit 3 pour ainfi dire , à l'aide de fes replis , cette mafîe devenue informe , ce corps qui n'eft plus qu'un cpmpofé confus de chairs ramollies & d'os con- eaflés (û), C'eft alors qu'il l'avale , eji la prenant par la tête j en l'attirant à lui ,i Se en l'entraînant dans fon ventre par de fortes afpirations plufîeurs fois répétées •,. mais , malgré cette préparation , fa proie eil quelquefois li volumineufe qu'il ne peut Tengloutir qu'à demi *, il faut qu'il zit digéré au moins en partie la portion qu il a déjà fait entrer dans fon corps y pour pouvoir y faire pénétrer l'autre v êc l'on a fouvent vu le Serpent Devin la gueule horriblement ouverte, & rem- plie d'une proie à demi-dévorée , étendu à terre , Se dans une forte d'inertie qui fa) Note commmiiqnce par M- de la. Borde y Çotnf* jîdaittdu Calnmt du Roi. htmt d'André CUy&iui^ des Strpens, 175 accompAgne prefqiic toujours fa di- geilron [a). Lorrqii'en c&et il a aflotivi Ton appétit vicient , & rempli Ton ventre de la nourriture néceiÎAire à l'entretien de fa grande maiîe , il perd , pour un temps , fon agilité & fa force *, il efl: plongé dans une efpèce de fommeil-, il gît fans mou- vement 5 comme un lourd fardeau , le corps prodigieufement enflé*, &: cet cn- gourdilTement , qui dure quelquefois cinq ou fix jours , doit être aiîez pro- fond -, car 5 malgré tout ce qu'il faut retrancher des divers récits touchant ce vSerpent, il paroît que, dans difîérens pays 5 particulièrement aux environs de ilftme de Panama en Amérique , des Voyageurs , rencontrant le Devin à demi - caché fous Therbe épaiife des forêts qu'ils traverfoient , ont plulicurs fois marché fur lui dans le temps ou fa drgeflion le tenoit dans une efpèce de torpeur. Ils fe font mem.e repofés , a-t-on écrit, fur Ton corps grifant à terre , & qu'ils prenaient , à caufe des (a) LauTcnù , Spécimen Medicuai- Hiij 174 JrTiJloire Naturelle feiiiiiages dont il étoit couvert , pour lin tronc d'arbre renverfé , fans faire faire aucun mouvement au Serpent , afloupi par les alimens qu il avoit avalés , ou peut-être engourdi par la fraîcheur de la faifon. Ce n'eft que , loriqu'allu- mant du feu trop près de Ténorme. ani- mal 3 ils lui ont redonné , par cttto. cha- leur ^ aficz d'adrvité , pour qu'il recom- mençât à fe mouvoir , qu'ils fe [ont apperçus de la préfence du grand Rep- tilc ^ qui ks a glacés d'effroi, & loiji duquel ils fe font précipités {a). (a) il On ne fera pas furpris que ces fortes de »> Couleuvres ( ics Couleuvres ChaiTeufes ou les » Devins) parviennent à une grofieur ii démefu- >> rée , li l'on fe rappelle que ces pays font déferts ?j & couverts de forets immenfes Le Père » Simon rapporte que dix-huit Efpagnols étant •>i arrives dans le bois de Coto ^ dans la Province V de Vcmiuelû^ & fe trouvant fatigués de ia » marche qu'ils avoient faite , ils s'alïïrent fur une >j de ces Couleuvres, croyant que ce fût un vieux or tronc d'arbre abatu,& que lorfqu'ils s'y atten- ' ï> doient le moins , l'animal commença à marcher , j» ce qui leur caufa une furprife extrême. » Uijl. natur. de l'Oiaioque ^ par k P. Gumil'a , vol. i, fog' 77- «< On trouve encore une efpèce de Serpens des Serpcns, i 7J Ce long état de torpeur a fait croire j^ , , ■ Il I - — ■■— 5) fort extraordinaires, longs de quinze îi vingt >» pieds, & lî gros , qu'ils peuvent avaler un >» homme. Ils r.e paHVnt paS cependant pour les V plus dangereux . parce que leur monltrueufe " groITeur les fait découvrir de loin & donne plus j? de facilité à les éviter. On n'en rencontre guère >» que dans les lieux inhabités. Deîlon en vit j» plufieurs fois de morts, après de grandes inon- >j dations qui les avoient fait périr, & qui fes » avoient entraînés dans les campagnes ou iur le » rivage de la mer; à quelque diltance on les »' auroit pris pour des troncs d'arbres abattus ou j» deflechés. Mais il les peint beaucoup mieux " dans le récit d'un accident dont on ne peut » douter fur fon témoignage , & qui confirme »> ce qu'on a lu dans d'autres relations fur la j> voracité de quelques Serpens des Indes. » Pendant la récolte du riz, quelques Chré- ») tiens qui avoient été Gentils , étant ailé trâ- >5 vailler à la terre , un jeune enfant qu'ils avoient ?» laifle feul & malade à la maifon, en fortit pour »» s'aller coucher à quelques pas de la porte, fur »> des feuilles de palmier, où il s'endormit juf- »> qu'au foir. Ses parens , qui revinrent fatigués »> du travail, le virent dans cet état ; mais, >* ne penfant qu'à préparer leur nourriture, ils »» attendirent qu'elle fût prête pour l'aller éveiller. »> bientôt ils lui entendirent poufl'er des cris^ k " demi-étouffés qu'ils attribuèrent à fon indif- » pofition; cependant, comme il coiuinuoit de »r îe plaindre , quelqu'un iortic & vit , en s'ap-r, H iv %y'6 H/JIoire Nature! le; â quelques Voyageurs que îe Serpent *» prochant , qu'une de ces gi-ofTes Couîeuvres >> avci: commencé à Pavaler. L'embarras du père 3> & de la mère fut auffi grand que iear douieun; 9 on n'olbit irriter la Couleuvre, de peur qu'avec *9 fes dents ei!e ne coupât i'enfi^nt en deu::, ou » qu'eue n'achevât de i'engloutir ; enfin , de <7J plufieurs expédiens jonprcféra celui de {a couper ->» par îe milieu du corps, ce que le plus adroit ?> & le pius hardi exécuta fort heureufement d'un ^ feul coup de fabre ; mais comme elle ne •» mourut pas d'abord , quoique fe'parée en deux, f> eiie ferra de fes dents le corps tendre de 3t {'enfant & ii expira peu de momeiis »» après. » Schouten donne h ces monftres affame's^ le ?» nom de Pofpogs- l!s ont, dit-il, la tête affreufe *> & prefque fembiabi cà celle du fanglier ; leur 99 gueule & leur gofier s'ouvrent jufqu'à l'efto- ?» mac , lorfqu'ils voyent une grofie pièce à dé- »> vorer ; leur avidité doit être extrême , car ifs j» s'étranglent ordinairement lorfqu'iis dévorent ?» un homme ou queiqu'animal. On prétend » d'ailleurs que Pefpèce n'eft pas venimeufe- Il >> eft vrai que nos foldats, prefles de la faim, »» en aynnt quelquefois trouvé qui venoient de »» crever pour avoir avalé une tr'op grolTe pièce, » tel qu'un veau, les ont ouverts, en ont tiré la *i bête qu'ils avoient dévorée, fans qu'il leur en .»» foit arrivé le moindre mal. >» Difcription du Malabar , Hifl- g nér. dss Voyagas , édiu in-ia ^^- ^%^ P^g' 345- des Serpens» 177 T)evin avaloit cjaclquefois des animaux d'un volume fi conlidérable qu'il étoit étouiîé en les dévorant -, & c'eft ce temps d'engourdilîcment que choifilîent les habitans des pays qu'il fréquente , pour lui faire la guerre, & lui donner la mort. Car , quoicjue le Devin ne con- tienne aucun poifon , il a befoin de tant confommer, que -on voifinage eft dan- gereux pour TLomme , & fur-tout pour la plupart des anrm.ux donieftiques & utiles. Les habitans de Tlnde , les Nègres de TAiriquc , k^s Sauvages du nouveau Monde fe réuniiTent pinceurs autour de l'habitation du Serpent Devin. Us attendent le moment où il a dévoré fa proie , & hâtent même quelquefois CQt înftant , en attachant auprès de l'antre du Serpent quelque gros animal qu'ils iacrrfient , Se fur lequel le Devin ne manque pas de s'élinçer. Lorfqu'il eft repu il tombe dans cet atîaiiUment & cette infeniibilité dont nous venons de parler -, ê: c'efl: alors qu'i's f" jettent fur lui , & lui donnent la mort Hns crainte comme fans danger. Ils ofent , armés ♦d'un limple lac, s'approcher de lui & Hv 1,7 8 Hijloire Naturelle rétrangler, ou ils ra/Tomment à coups de branches d'arbres (a). Le delir de fe (a) Lettre d'Jndré ClévtTus. Nous croyons qu'on verra ici avec pîailir le récit de fa manière dont , fuivanc Diodore de Siciîe , on prit, en Egypte & fous un Ptolomee, ur^ Serpfent énorme qui, à caufe de fa grandeur, ne peut être rapporté qu'à l'efpéce du Devin. i<- Piufieurs chalieurs, encouragés par la muni- >» fjcence de Ptoîomée, réfolurent de lui amener î' à Alexandrie un des pius grands Serpens. Cet » énorme Reptile, long de tnnta coudées^ vivoic . » fur îe bord des eaux, il y demeuroit immobile, ?ï couchré à terre & ion corps replié en cercle; jj mais lorfqu'ii voyoit quelqu-'^nimal approcher r> du rivage qu'il habitoic, il fe jettoit fur lur 3> avec impétuolité, le faiftfibit avec fa gueule , 75 ou l'enveioppoit dans les replis de fa queue. ?i Les ct-iaffeurs l'ayant apperçu de loin, imagi- ?5 nèrent qu'ils pourroient aiiément le prendre »> dans ces lacs & Pentcturer de chaînes; ils s'avan- }y cérent avec courage, mais lorfqu'iis furent plus yt prés de ce Serpent démefuré, l'éclat de fss » yeux étincelans , fon dos hériffé d'écaiiles, le ?? bruit qu'il faifoit en s'agitant, fa gueule ouverte ïj & armée de dents longues & crochues, fon » regard terrible & féroce, les elacèrent d'effroi : yi ils osèrent cependant s'avancer pas à pas , & » jeter de forts liens fur fa queue; mais à peine 9i ces liens eurent-i's touché le mionftrueux ani- î5 mal- que fe retournant avec vivacité, & faifaiTt 7> enteudie des fi0emçns sïrus ^ il d Ayora Le des Si rpens, 179 délivrer d'un animal dcflrucleur , nV'fL » chafleur qui fe trouva le plus près de lui , en y» tua un fécond d'un coup de la queue, & mit >' les autres en fuite. Ces derniers ne voulant »> cependant pas renoncer à ia récompenfe qui >» les attendoit , vc imiioinant un nouveau moyen, » firent faire un ret compofé de cordes tiès- ») grones,& proportionné à la grandeur de l'ani- jv mal : ifs le placèrent auprès de la caverne du >•> Serpent , & ayant bien obfervé le temps de >» fa fortie & de fa rentrée , ils profitèrent de » celui où l'énorme Reptile étoit allé chercher f> la proie , pour boucher avec des pierres l'en- >> trée de fon repaire Lorfque le Serpent revint, ji ils fe montrèrent tous-h-ia-fois avec pluiieurs ?) hommes- armés d'arcs & des frondes, pfufieurs » autres à cheval , & d'autres qui faifoient ré- » fonner à grand bruit des trompettes & d'autres 5» infîrumens retentilVans ; ce Serpent fe vovant ?» entouré de cette multitude, fe redrefibit & » jetoit TefiFroi, par fes horribles fiffîemens, parmj; ?» ceux qui Penvîronnoient^maiseffraye lui-même M par les dards qu'on lui lançoit, ia vue des ?» chevaux , le grand nombre de chiens qui >» aboyoient, & le bruit aigu des trompettes j» il fe précipita vers l'entrée ordinaire de fa ?» caverne ; la trouvant fermée , oe toujours trou- >» blé de plus en plus par le brait des trompettes »> des chiens & des chafieurs , il fe jeta dan* le ?» rêt, où il lit entendre des fifHmens de ra^e; »* mais tous fes efforts furent vains, & fa forc« n cédant à tous Us coups dont on l'alfaillit, ôc è il V) I 8 Hiftoire Naturelle pâs le feiil motif qu'on air pour en faire îa chalîe. Les habitar.s de Tille de Java, îes Nègres de la Cote d'Or & plufieurs autres peuples mangent i.\ chair, qui efl pour eux un mets agréable ( j; ; dans 5' toutes îes chaînes dont on le lia, on îe con- » dbiiit à Alexandrie, où une icrgue diète apaifa 9» fa fé^-ocité. >» Ça^ u Le? Nègres ce fa Côte d'Or mangent j» la c+air de ces £:rands Seroens, & la nréferent » à la meiJfeure volailie- « H fï- gêné-, des f^'cycges^ iàit. iri-12, vol. 14 ^ pc^- 0.13. »> Q'jelques dc- >) mefiiques Kegres de Boln^.an apperçurer.t , ■»» près de Alauri ((mï îa Côte d'Or)^ ufr Serpent j) de d.'X-Apt pieds de fong & d'une ^rofieur prc- « port'onnée. H éiQÏi au bcrd d'un truu rempli >» d'eau . entre ceux porc-épics, avec lei'que's >j il s'engagea un conribat fort animé » Les Nègres termine-ent la bataille en tuant les « trois champions a coups de funi ; ils les ap- rt portèrent à Mauri, cù, rafTemblarî leurs ca- » marades . ils en firent enfembie un feltin dé- r> liciei.x >» îbtd. pag 216- «< Lopez parle d'un Serpent d'excsHive gran- di deur qui a quelquefois, dit-if, Tingt-cinq >» empas de kng fur cinq de large, & dont la « gL-etl-e 5c le \ entre font li vaûes , au'il eft » caoab^e d'avaler un cerf entier. Les ^iègres >î )"uprell;nt , dans leur langvie , Je grand yi Serpent d'eau , ou le grand Hydre. Il vit ^ i) en effet j^ fur les rivières^ mais il cherche fa des Serpens, i 8 i d'autres pays , fa peau fcrt de parure % 1-es habitans du Mexique fe revêtoient >» proie fur terre ,& monte fur quelque arbre , »> d'où i! guette les befiiaux ; s'il en voit un qu'il » puifle faifir, il fe laifle tomber delTus, s'entor- »» tiiie autour de lui, le fene de fa queue, & » l'ayant m, s hors d'état de fe défendre, il le »» tue par les morfures, enfuite il I t aine dans 9) quelque -ieu écarté, rù il le dévore à Ion a:fe ; 5» peau , dit i'Auteur, os & cornes Lorfqu'ii s'ait »j bien rempli,!! ti mbe dans une efpèce de Itupidité »> ou de fommeil fi profond , qu'un enfant leroit » capable de le tuer, li demeure dans ct^t état » l'efpace de cinc à fix jours, h ia fm cefquels » ii revieiu à lui-même, Cttte re'outable efpèce ?> de Serpent change de peau d?ns la faifon >} ordinaiie, & quelquefois après s'iètre monf- " trueufement ralfafiée. Ceux qui la trouvent ne 5> manquent pas cc la montrer en fpedtade. La w chair de cet animal palfe , ent e les Nègres, »> pour un m.et£ plus délicieux que la vo!ailie. >» Lorfqu'il leur arrive de mettre le feu à quelque » bois épais , ils y trouvent q ant téde cesSt^rpens .•* tout rôîis , dont ils iont un admirable fcitin- »> Ce récit eft confi-mé par Cu!i;il raconta qu'un »» jour , c'tant à fe promener fous \^es arb: es, près » de Koîumgo, les Nègres de fa compag; ic ^é- 99 couv:irent un g. and Seipe>;t qui t.aveifuit la 5> rivière de Quanza; ils s'efforv.èrent de le faire »» retourner fur fes t aces en poiiifant des cris « & en lui jetant des mottes de terre, car ii ») ne fe trouve point de pierres dans If pays*; 9} mais rien ne put l'empêcher de gagner le rivage î s 2 Hiftoire Naturelle de fa belle dépouille-, & dans ces temps antiqiies oii des monflres de toute efpèce ravâgeoient des contrées de l'ancien con- turent, que Tart de i^omme commen- Çoit à peine d'arracher à la nature, corn- i)ien- de héros portèrent la peau de grands Serpens quils avofent mis à »» & de prendre pofte dans un petit bois alTez " près de Ja mailon. H fe trouve de ces Serpens, '» dit fe même Auteur, qui ont vingt-cinq pieds » de fong & qui font de îa grofleur d'un poifain. " Ils ne iont qu'un morceau d'une brebis ; auffîtôc " qu i.s Pont avaiée , ils vont faire !eur diaefîion » au ioleiî- ies Nègres, qui connoiffent leurs « ulages, apportent beaucoup de foin à les ob- ^f ferver, & ies tuent facilement dans cet état »' pour le feu! plaiiir d^en manger la chair. Ils » fes ecorcHent & ne jettent que la queue, la »» tête & les entrailles. Ce Serpent paroît être le. »>■ même qui porte , fuivant Dapper , fe nom ^' dEmbamma dans le Royaume d^Anaola • & » celui de Mi,;/a dans le pays de Q//o/as. S?aueufe, »' ajoute cet Ecrivan,efîd'iine grandeur fi ?xtraor- » dinaire, qu'il peut avaler un bouc ou même » un cerf entier. H s'étend dans les chemins " comme une pièce de bois mort, & d'un mou- « vement fort léger, il fe jette fur les paifans, »^ hommes ou animaux, m Hifloire naturelle de Con^o dJngola & de Éenguela. Hijloire générale des l^oyageu eut. in-i 2 , hv, J3 , tome 1 7 , pag. 249 ^fuiy. des Serpens^ r8j mort, & qui étoient vraifcmblablcment de rcrpcee on du genre du Devin , comme des marques de leur valeur 8c des trophées de leur victoire.- C'eft lorfque la faifon des pluies cft paflée dans les contrées équatorialcs , que le Devin fe dépouille de fa peau altérée par la difette qu'il éprouve quel- quefois, ou par Tadion de ratmofphère, par le frottement de divers corps ^ Se par toutes les autres caufcs extérieures qui peuvent la dénaturer. Le plus fou- vent il fe tient caché pendant que fa nouvelle peau n'ed pas encore endurcie, & qu'il n'oppcferoit à la pour fuite de fes ennemis ql'un corps foible 8c dé- pourvu de fon armure. Il doit demeurer alors renfermé ou dans le plus épais des forêts , ou dans les antres profonds qui lui fervent de retraite. Nous penfons , au refte , qu'ordinairement il ne s'en- gourdit complètement dans aucune faifon de Tannée. Il ne fe trouve, en effet, que dans les contrées très-voifioes des Tropiques où la faifon des pluies n'amène jamais une température aiîez froide pour fufpendre fes ;"nouvemens vitaux. Et '&$4 JJlJloire Naturelle comme cette farfoii des pluies varie beaucoup dans ies différentes Contrées équitoriales de Tancien & du nouveau Continent , & qu cile dépend de la hau- teur des montagnes, de leur fituatron , des vents , de ia poiition des lieux , en- deçà , ru au-dcià de la ligne, &c. ie tems du renouvellement de la peau & des forces du Serp-nt , doit varier quel- quefois de piu(îcurs mois &: même d'une demi-année. Mris c'eft toujours lorfque îe folcil du printemps redonne Tadivité à îa Niture, que ie Serpent Devin rajeuni , pour ainiî dire , plus fort, plus -gile, p'us ardent que jamais, revêtu d'une peau nouvelle , fort des retraites cachées où il a dépouillé fa vieir^fle , & s'vance l'Œil en feu fur iine terre embrâfée des nouveau^c rayons d'un foleiî plus id'f. Il agite fa grande xnaife en ondes finueufes au milieu des bois parés d'une v.-rdure plus fraîche:; faifant entendre au loin fon lifflcmenî d'amour, redreûant avec fierté fa tête, impatient de la nouvelle flmime qu'il éprouve, s'élançant awqc impétuoiité, il appelle, pour ainû dire, fa compagne des Scycns. 185 à laquelle il s\init p.u des liens fi étroij.s, que leurs deux corps ne paroiiFent plus en former quun feul. La fureur avec laquelle le Devin fe jette alors fur cciDC qur l'approchent & le troabknt dans fes pLiihrs , ou le courage avec lequel il demeure uni à fa femelle malgré la pourfuite de Tes ennemis Se les bleilures qiul peut recevoir , paroifîent être les effets d'une union auiïi vivement fentie qu elle eft ardemment recherchée : point de conftance cependant dans leur affec- tion -, lorfque leiurs defirs font fatisfaits, le mile & la femelle fe féparenf, bien- tôt ils ne fe connoiilent plus , & la f<^ melle va feule, au bout dun temps, dont on ignore la durée , dépofer fes cEufs far le fable ou fous des feuillages. Ceft ici l'exemple le plus frappant d'une grande dittérence entre la grof- feur de Tœuf & la grandeur à laquelle parvient l'animal qui en fort. Les œufs du Devin n'ont, en effet, que deux ou trois pouces dans leur plus grand dia- mètre. Toute la matière dans laquelle le fœtus eft renfermé n'eft donc que de quelques pouces cubes \ & cependant le I 2 6 Hijîoire Naturelle Serpent , îorfqu il a atteint tout fon dè- veioppement, ne contient-il pas quarante oii cinquante pieds cubes de matière. Ges œufs ne font point couvés par ïa femelle -, îa chaleur de Fatmofphère ies fait feuie écîore, ou tout au plus dans certaines contrées comme celles , par exemple , où l'humidité domine trop flir la chaleur, la femelle a le foin de pondre dans quelques endroits plus abrités , & ou des fubflances fcrmenta- tives & rr^maffées augmentent, par la chaleur qu'elles produifent , l'effet de celle de ratmofphère. On ignore com- bien de j'ours ies œufs demeurent expofés à cette chaleur, avant que les petits Serpens édofent. La grande différence qu il y a entre ïa petite/îe du Serpent contenu dans fon ceuf , Se la grandeur démefurée du Ser- pent ^adulte, doit faire préfumer que ce nQ{\i qu'au bout d'un temps trcs- îong , que le Devin eft entièrement dé-' veloppé ^ & n-ell: - ce pas ime preuve que ce Serpent vit un aiîez grand nombre d'années ? Le nombre de ces années doit en effet être d'autant plus des Serpens^ 187 Con/idérabîe , que le Devin eft aiiflî vivace que la phipaat des autres vSerpciis. Ses différentes parties jouiilent de quel- ques mouvemens vitaux , mcme après qu'elles ont été entièrement iéparées du rerte du corps (à). On a vu, par exem- ple, la tête d'un Devin coupée dans le moment où le Serpent mordoit avec fureur , continuer de mordre pendant quelques inilans , & ferrer même alors avec plus de force , la proie qu'il avoit faifie , les deux mâch®ires fe rappro- chant par un efîet de la contraction que les mufcles éprouvoient encore. Lorfaue cette contradion eut entière- ment ceiîé _, on eut de la peine à def- ferrer les mâchoires , tant les parties de la tête étoient devenues roides *, ce qui fît croire qu'elle confervoit quelque adion , lorfquc cependant il ne lui en refte plus aucune (/;). ^a; Voyez, à cefujet, Marcgrave ,• à l'endroit déjà cité. fèj Ce fait m'a été confirmé, reîativement au Devin ou k d'autres grands Serpens, par plulieurs Voyageurs q-ui étoient allés dans i'Amériquc mé- ridionale. & particulièrement par M. le Raron de WiderCpacb, Correlpondan»: du Cabinet du Roi' I 8 8 Hi/loire Naturelle gac>a--caB3afgîa^iii^iaB,j,rsia%gs.'!a^3Bï«g5.:^gsB L' H I P N A L E (aj. C»'est un assez beau Serpent qui , aînfi que îe Devin , appartient au genre des Boa , & a de grandes pliques fous îa queue ainiî que lous le corps , mais qui lui eft bien inférieur par fa lon- gueur & par fa force. On le trouve dans le Royaume de Siam. Le plus grand nombre des individus de cette efpèce , qui ont été confervés dans les Cabinets , n'avoient guère qu'un pouce Se demi de circonférence & deux ou trois pieds de longueur, & telles étoient à-peu-près les dimenfions de ceux qui font décrits dans Séhi (b). Ce Serpent ("aj L'Hipnale. M. d'Jakenton , Encyclopédie méthodique' Boa Hipnale. Linn- amphib. Serpent, Séba^ muf- i , tab' g 4 , jîi,''. I 6* 2. Boa Exigua, 195. Launnn^ Spécimen Medknm. (i) Un Hipnaie qui fait partie de !a coiîeâion du Roi, a un pieJ onze pouces de longueur l'Ouïe , & fa queue eft longue de trois pouces. des Serpens. 189 cil: d'un blanc jaunâtre tirant plus ou moins far le roux -, le deiîous du corps c(x d'une couleur plus claire , ôc Séba dît qu'on y remarque des taches noi- râtres j mais nous n'en avons vu aucun vcÇkigç lur l'individu qui eft confcrvé dans i'efprit-de-vin au Cabinet du Roi. Le dos eft parfemé de taches blanchâtres berdées d'un brun prerque noir. Malgré leur irrégularité, ces taches font répan- dues fur le corps de l'Hipnale de ma- nière à le varier de couleurs agréables ^ la vue , & à i^cpréfenter afîez bien une riche étoiîe brodée. Suivant Séba, la femelle ne difîère du mâle que par la tète qui efl plus Lirge. L'un & l'autre l'ont afîez grande fans que cependant elle paroiiTe difproportionnée. Le tour de la gueule préfente une forte de bor- dure remarquable que l'on obferve dans piu(ieiirs Boa , mais qui eft ordinaire- ment plus fenfible dans l'Hipnale à pro- portion de fa grandeur *, elle efc com- pofée de grandes écailles très-courbées," concaves à l'extérieur & qui étant ainli comme creuiées , forme une forte de petit canal qui borde les deux mâchoires. 190 Hijloire Naturelle On a mis ce Serpent au nombre d^i Céraftes {a) ou Serpens cornus j fi leur reiîemble , en efîet , par Tes propor- tions-, mais les Géraftes ont deux rangées de petites plaques fous la queue, 8c d'ail- leurs il n'a aucune apparence de corne. Il fe nourrit de chenilles, d'araignées, & d'autres petits infe(5tes', & comme il eft très-agréable par Tes couleurs fans être dangereux, on doit le voir avec plaihr venir dans les environs des habitations , les délivrer d'une vermine toujours trop abondante dans les pays très-chauds. II a ordinairement cent foixante-dix-neuf grandes plaques fous le corps, & cent vingt fous la queue. Les écailles qui re- couvrent fa tête font femblables à celles du dos , mais le deffus du mufeau pré- fente quatorze écailles un peu plus grandes. (fi) Séha f à l'îiidroit âtjà dti> des Serpens, i 9 i * — — - — '■' — ■ ■» LE BOJOBI (^). Quoique le Bojobi n'égale point îe Serpent Devin par fa force , fa graixleur ni la magnificence de fa parure , quoi* qu'il cède en tout à ce roi des Serpens , il n'en occupe pas moins une place dif- tinguée parmi ces aiaimaux-, & peut-être îe premier rang lui appartiendroit , (1 î'efpèce du Devin étoit détruite. Li longueur à laquelle il peut parvenir eft allez confidérable -, Se ïl ne faut pas en fixer les limites d'après celles que pré- fentent les individus . de cett^e efoèce cotifervés dans les Cabinets (/;). Il doit être bien plus grand lorfqu il a acquis tout fon développement : Se s'il faut ■■*•-•• •• — r I » HL • t^ i t II ■ «1 « « .a fa) Tetrauchoaît Tfeoa. La Bojobi. M.d'Jukntcn, EncydopédU suith^dique^ Boa Canipa, Linn. amphih. Serpent. Séba , muf. 2 , tab. %l , jlg. l,y tah. 96 , ^a. 2. Boa Aurantiaca, 194. Boa Tha'affina, \^Z jAa* Ttnù , Sptclmcn M&d:cain. (h) L'individu que neus avons décrit, & qui fait partie de la coHedtion de Sa Majefté, a deux pieds onze pouces de longueur totale, & à-peu^ près fspt pouces depuis l'anus jufqu'k l'extrémité •de Ja queue. ^9^ Hijîoire Naturelle rapporter à ce qu'on a écrit de ce Boa j fa longueur ne doit pas être très-infé- rieure à celle du Serpent Devin. L'on a dit qu il Te jetoit iur des chiens Se d'autres gros animaux , Se qu'il les dévo- roit {a) s & à moins qu on ne lui ait at- tribué des faits qui appartiennent au Devin, le Bojobi doit avoir une lon- gueur &: une force coniidérables pour pouvoir mettre à mort , & avaler des chiens & d'autres animaux afTex gros. Ce Serpent , qui ne Te trouve que dans les contrées équatoriales , habite également l'ancien & le nouveau monde*, mais il offre , dans les grandes Indes Se en Amérique , le ligne de la différence du climat , dans les diverfes nuances qu'il préfente , quoique d'ailleurs le Bojobi de l'Amérique Se celui des îndes fe refîemblent par la place des taches , k proportion du corps, la forme de la tête, des dents, des écailles , par tout ce qui peut conflitiier l'identité d'efpèce, fa) M- Linné paroit avoir adopté cette opinion en donnant au Bojobi i'épithéte de canina , de même qu'il a donné celie de muriiia à un Boa qui le nourrit de rats. Le Bojobi âcs Serpens. 195 Le Bojobi du Brélil eft cran beau vert de mer plus ou moins foncé , qui s'étend depuis le fommet de b tête jufqu'à Tcx-» trémité de la queue , Se fur lequel font placées, d'efpace en efpace , des tache* fclanches irrégulicres ^ dont quelques* unes approchent un peu d'une lozange 8c qui font tontes affez clair-femées & diftribuées avec a^Tez d'élégance pouf former fur le corps du Bojobi un dej plus beaux ailortimens de couleurs. Sei écailles font d'ailleurs extrêmement polies? êc loifantes (a) -, elles réfléchifFent Ci rîvcment la lumière qu'on lui a donné ,■ linû qu'an vSerpent Devin , le nom In- dien de Tkoa , qui veut dire Serpent de fe* : aulll , lorfque le Bojobi brille aux rayons du foleii, & qu'il étale fa croupe refplendid'ante d'iui beau vert &: d'un blanc éclatant, on croiroit voir une longue chaîne d'émcraudes, au mi-« lieu de laquelle on auroit diftribué des diamans-, & ces nuances font relevées par la couleur jaune du defîous de foii ventre, qui, à certains afpeds, encadre. I l — .... . ■ 1.—^^ . («) Elîes font rhomboïdalei, ^rpens j Tome IV* l 194 HiJIoire NaturelU pour ainfi dire, dans de l'or, îe vert Se le blanc du dos. Le Bojobi des grandes Indes ne pré» fente p?.s cet alîemblage de vert & de blanc ^ mais il réunit l'éclat de l'or à ceku des rubis. Le vert eft remplacé par de l'orangé -, & les taches du dos font jaunâtres & bordées d'un rotige très-vif. Voîlû donc les deux variétés du Bojobi , qui ont reçu l'une & l'autre , une parure éclatante d'autant plus agréable à l'œil, que le deilein en elt limple & par con- féquent facilement faifî. On doit confîdérer ces Serpens avec d'autant plus de plaiiîr, qu^il paroît qu'ils ne font point venimeux , qu'ils ne crai- gnent pas Thomm.e, <& qu'ils ne cherchent pas à lui nuire *, s'ils n^ont pas une forte de familiarité avec lui comme plufieurs Couleuvres , s'ils ne fouirent pas fes carefles , ils ne fuient pas fa demeure -, ils vont foiTvent dans les habitations \ ils ne font de mal à perfonne ^i on ne les attaque point *, mais on ne les irrite pas cnvain j ils mordent alors avec force & même leur morfure eft quelquefois fuivie d'une inflammation confidérable Sui ? augmentée par la crainte du blefié. des Serpens. i 55 peut, drt-on, donner h mort, fi on n'y apporte point un prompt remède , en nét'o)-:int la plaie , en coupant h partie mordue , ^'c. Néanmoins , fui- vant les Voyageurs qui attribuent des fuites funcftcs à la morfure du Bojobi , ces accidcns ne doivent pas dépendre d'un venin qu'il ne paroît pas contenir^ & ce n'eft que parce que îes dents font très-acérées (a) , qu elles font des bl ef- fares dangcreufes, de même que toutes les cfpèces de pointes ou armes trop calées (h). (a) Il y a deux rangs de éents è ia mâchoire i'upérieure; iesplus voilineadu muteau font longue» & recourbées comme les crochets h venin de la vipère, mais elles ne font ni mobiles ni creufes- (h) Le Bcjjobi a ordinairement deux cent trois Grandes plaques fous le corps, & foixante-dix-fept fous la queue. Le delTus de fa tête eft garni d'écaiiles fembiables à celles du dos. Les deux os, qui com- pofent chaque mâchoire , font trës-réparés f|un de l'autre dans la partie du m.ufeau, & ainli qu'on le voit dans la vipère comiTiune. Les lèvres font couvertes de grandes écailles, fur lefquelles on obferve un fiUon aiiez profond , & qui font com- munément au nombre de vingt-trois fur la mâ- choire fupéficure, & ds vingt-cinq fur l'inf-é- ricure. I IJ 1^6 lîijioire Naturelle LE RATIVORE (a). On trouve en Amérique , ainii qu'aux grandes Indes , ce Boa , d®nt la tête eft conformée à-peu-près comme celle du Devin , & couverte d'écaillés rhomboï- daîes, unies ainii que celles du dos, ^ à-peu-pi'ès de la même grandeur. Il H à point de crochets à venin , & les lèyres font bordées de grandes écaille$. te dQÇ[\xs du corps de ce Boa efl blanchâtre, ou dun vert de mer, svec cinq rangées longitudinales de taches *, \x rangée du milieu eft compofée de taches roufles , irrégulières , blanches dans leur centre , placées très-près Tune de Tautre, ^ fe touchant en plufieurs endroits -, le« deux raies fuivantcs font formées de taches roufiatres , chargées dun demi- (a) Le Mangeur de r^ts. A?, d'Aubtut^n , Eit* ^'ekpédie méikodiquC' Boa Muiina. Zv"». ap'.phib. Serpent^ , Cronoyius muf 2, p. 70. A'." 44. |Vè«P wfif. 2, tah. 29, fi°' î, des Serpcns. i^y cercle bhnchâtrc , du côte de rintérîciir, ce qui leur donne l'âppp.rence des tAches appellées yeux fur les ailes dc5 papillons; les deux rangées extérieures . préfentcnt enfin des taches rouffes, qui correfpon- dent aux intervalles des rangées dont les taches reiîcmblent à des yeux. On vortj fur le dejricre de la tête , cinq autres taches roufîes & alongées, dont les deux extérieures s'étendent jufqu'au yeux du Serpent. Le Rativore a ordinairement deux cent cinquante- quatre grandes plaques fous le corps , & foixante-cinq fous la queue. Un individu de cette cfpcce , apporté de Ternate au Cabinet du Roi , a deux pieds lix pouces de longueur , êc fa queue eft longue de quatre pouces deux lignes. Il fe nourrit de rats 8c d'autres petits animaux , ainh que pluiieurs autres Scrpens, ^^ liij i 9 8 Hîjïoire Naturelle LA BRODERIE, (a). Nous NOMMONS ainfi le Boa dont H m queftion dans cet article, parce qu'en effet on voit régner au-deirus de Ton corps Se de fa queue, une chaîne de tâches de différentes formes , & de dif- férentes grandeurs, nuées de bai-brun, de châtain-pourpre , 8c de cendré blan- châtre , qui repréfentent une broderie d'autant plus riche que lorfque ie foieil darde fes rayons fur les écailles lui- fantes du Serpent , elles réfléchiiîent un ickt très-vif. Voilà pourquoi apparem- jnent ce Boa a été appelle dans la nou- velle Efpagne , ainfi que le Devin , le Bojobi , & plufieurs autres Reptiles , TIehua ou Tleva , c eft-à-diie , Serpent i J I I ■l*JU 1.1 (a) Le Parterre. M. à'Aubinton, Encyclopédis. méthodique. Boa Rortuîana. Lhm. amphib. Serpent. Seba, muf 2, tab^ 74> fS' ^î ^ ^^^' ^4- des Scrpehs, 199 de Peu : mais c'eft far ù tcte que cette brillante broderie , comporée de triches & de raies plus petites , & fouvent plus entrelacées , préfente un deJein plus varié. M. Linné , comparant ce riche aflbrtiment & cette difpohtivon agréable de couleurs à la diPtribution de celles qui décore un parterre , a donne Tépi- thète de Nortulana , au Boa dont nous parlons [a] \ mais nous avons préféré le nom de Broderie , comme déiignant d'une iiianière plus exade , Tarrange-f ment & Téclat des belles couleurs de ce Serpent. Il fe trouve au Paraguay dans TAmé- rîque Méridionale , ainii que dans la nouvelle Elpagne. Comme il n'a encore été décrit que dans les Cabinets , & que fes couleurs ont dû être plus au moins altérées par les moyens employés pour l'y conferver^ on ne peut point déter- miner la vraie nuance du fond fur lequel s'étend la broderie remarquable qui le - difiingue -, il par©ît feulement que le fil) M- Lhmé t à l'eiidnit déjà cité. liv 2 00 Hi/Ioire Naturelle dos eft bîenâtre *, le ventre eft blanchâtre & tacheté d'un roux pkis ou moins foncé -, rinciividu qui fiiit partie de la coileâiion cKi Roi, a deux pieds trois pouces Tix lignes de longueur totale , Se fa cpicuê elè longue de fept pouces (a), ^1^1 j 1 II I I 1 1- I T *- r - f- :1 ••• ■■■■ [ ■■- -"— n — ' ' ... -If. _i_ii.j.-;^ |^.<^aj^«j.j.^ (aj Le Boa Broderie a le defîiis de îa tête couverf d'ccaiiies rhomboiVlaies , unies & femblab΀S à celles du dos, deux cent quatre-vingt-dix grandêt f)iaques fous ie corps, & cent vingt-huit fi^H;? U queue, H n'a point de crochets à veoù>» ies Serpens. 2O1 LE GROIN (a). La forme de la tête de ce Boa , lui a ' fait donner par M. d'Aubenton , le lîom que nous lui confervons ici -, lemufeau efi: en effet terminé par une grande écaille relevée -, la tête eft d'ailleurs trcs-large , très-convexe & couverte d'écaillés fem- blables à celles du dos , ainfi que dans le plus crand nombre de Boa. Le Grom le trouve dans la Garonne, où il a été obfervé par MM. Catefby & Garden. NiM. Catefby, ni M. Linné, à qui M. Garden avoit envoyé des indi- vidus de cette efpcce , n'ont vu les mâ- choires du Boa Groin , garnies de cro- chets mobiles Se ù. venin -, mais cependant M. Linné dit politivement qu'en diilé- (aj Le Groin. M- dlAuhtntoH , Encyclopédie me- thodique. Boa Contortrix. Linn- atnphib' S^rptnt» The Hog-Nofe Snake- CaUihy , Car^l, 2 , t^b. 56. I T 202 Hifiolre Naturelle quant ce Serpent, il a trouvé les véii?- Ikuies qui contiennent la liqueur vén-é- ncufe. ^ Le deiTus du corps du Groin efl cendre ou brun avec des taches noires difporées régulièrement , & des taches tranfverfales jaunes vers la queue. Le dellous préiente des taches noires , plus petites , lur un fond bhnchâtre. Ce Boa ne parvient ordinairement qu à h longueur d'un ou deux pieds , fuivant Catc% -, Se celle de la queue égale le plus {c)uvent le tiers de la longueur du corps (j). (a) Le Groin a cent cinquante grandes pîaqu«i fooô ie csrps & quarjiDte fous la queu§. des Serpens. 2 o j LE CENCHRIS {a). Ce Boa fe trouve à Surinam : il cft d'un j.^UMe clair , avec des taches blan- châtres , grifcs dans leur centre, d< qui imitent des yeux , comme celles que l'on voit fur les plumes de plulieurs oife.uix , ou Tu r les ailes de plullcurs papillons. Il a, fuîvant M. Linné, qui en a parlé le premier , deux cent foixante-cinq grandes plaques ious le corps , & cinquante-fept fous la queue. (a) Le Cenchris. M- d'Aulinton , EncycIopcJa v^élhoàique. Bca Cenchria. Linn- amphib' SiTpent» <.'^>> O ^^m^ lYj 2 04 Hijîoire Naturelle LE SCHYTALE (a), Le Boa doit parvenir à une grandeur très-conlidérable ^ & jouir de beaucoup de force , puifque , félon M. Linné, il écrafe & engloutit , dans fa gueule , des brebis êc des chèvres. Le defîus de ion corps efl d'un gris mêlé de vert -, on voit des taches noires & arrondies le long du dos , d'autres taches noires vers îèurs bords , blanches dans leur centre , Se difpofées des deux côtés du corps \ le ventre en préfente d'autres de la même couleur , mais alongées , & comme com- pofées de plufieurs points noirs réunis enfemble. On le trouve en Amérique. II a deux cent cinquante grandes plaques fous le corps , & foixante-dix fous la queue. (aj Le Schytale. M- d'Jnàenton, Ejicyclopéiit méthodique. Boa Schytaîe- lAnu. amphlb, SerfiHh Schmch. SacT. tab. 737 ? ^f- I- GmnQy. fiuf 2 , /• 55, A^-" 10* des Scrpens, lof ^ fm^ff^^m-m -'mmÊrm im t . t ^ t^ L'OPHRIE (a). Un individu de cette efpcce faifoît partie de la colle6tîon de M. le Baron de Géer, &: a été décrit, pour la pre- mière foi? , par M. Linné. L'Ophrie a beaucoup de rapports , par fa confor- mation , avec le Devin -, mais il en dif- fère par fa couleur , qui eft brune , & par le nombre de fes grandes plaques *, il en a deux cent quatre-vingt-une fous le ventre , 8c foixante-quatre fous la queue. faj L'Ophrie. M- d'A-nheaton , Eatydopédk mé- thodique. Boa Ophrias. Linn. amphib- Serpen-i' M "^3^ z'06 HiJIoire Naturelle L'ENYDRE (a). L'on coNNOiTpeu dechofes relativement k cette efpèce de Boa , que M. Linné a décrite ie premier, & dont un individu faifoit partie de la coliedion de M. ie Baron de Géer. L'Enydre eft d'une couleur grife, mais qui préfeiite piu/ieurs nuances aiîez dif- férentes Tune de l'autre. Il paroît , par ce qu'en dit M. Linné , que les dents de la mâchoire inférieure de ce Serpent, font plus longues, en proportion de la grandeur de l'animal , que dans la plupart de autres Boa. On trouve TEn^dre en Amérique-, il a deux cent foixante-dix grandes plaques Tous le corps , Se cent quinze fous ia queue. fa) L'Enydre. M- d'Aubenton y Etiêycîo^édif méthodique. Boa Enydris. Liniu amphib- SirpcnL ^^Jf des Serpens. tCb'J LE MUET (a), M. Linné a donné ce i-om à un grincî Serpent de Surinam , qu'il a pi iCC dans le genre des Serpens à fonnetîe , a ciufe des grands rapports de conforma- tion qui Ic^rapprochent de ces Reptiles , nuis que nous comprenons dans le genre des Boa , .parce qu'il a de grandes plaques fous le corps & fous la queue , comme ces derniers , & qu'il n'a point la queue termi- née par une oupluficurs grandes pièces, de nature écailleufe , comme les Serpens à fonnette. Ceft à caufe de ce défaut de pièces mobiles & fonores , que M. Lmné Ta nommé le Muet. Ce Reptile a l'extré- mité de la queue garnie par-defTous de quatre rangs de petites écailles dont les angles font très -aigus. Les crochets à venin , que l'on voit à fa mâchoire fupe- {a) Le Muet. H- d'Juienton Encyclopédie mé- ihddhque- GrQCal' Mutus. Liniu amfhih. Jérf«ct» zoB Hijîoirc Naturelle rieiire, font efFrayans par leur grandciu',' ielon M. Linné -, fou dos préfente des taches noires rhomboïdales & réunies les unes aux autres -, il a deux cent dix- iept grandes plaques fous le ventre ^ & trente-quatre fous la queue. des Serpens, »®î/ TROISIÈME GENRE. p=XTia«îaï2iÀa»=e3*çiar»?V^ SERPENS Qui ont le ventre cou\en de grandes plaques, & la queue terminée par un^ grande pièce de nature écailUuje j ou par plufieurs grandes pièces articulées les unes dans les autres^ nfohiles & bruyantes. SEP.PENS A SONNETTE. LE BOIQUIRA (a). Ux Voyageur égiré au milk'U des foUtudes ballantes de l'Afrique accable TOUS k chaleur du midi , entendant dô ^ ■ I ■ ■■ r mu — TT • L ""^ (a) Boicininga & Boicinininga. Ecacoatl. Cafca vslâ ou Cafcav tl , p^ /«^ Portu^JiS'. liô Hijïolre Naturelle loin le rugiiîement du tigre en fureur qui cherche une proie , & ne fâchant comment éviter fa dQnt meurtière, ne doit pas éprouver un frémillement plus grand que ceux qui parcourant les im- mçnÇQs forets des contrées chaudes & humides du nouveau Monde, féduits par la heauté des feurilages & des fleurs , entraînés , comme par une efpèce d'en- chantement au milieu de ces retraites y^^gm Tangedor , far hs Efpa^^noh. Ths Ratcie Soake , par%!i Angloh. Le Buiquira. M. d'yîuhev.tou ^ Encyclopédie mé- thodique. Croraî. Î-Jorridus. Linn, amphih. Serpejit. BradU natuu tab. 9, ^^V. 1. Seba, Maf. 2 , tab. 95 ^ fi^. i. Caudîibna Terrifica, 203, Latirmî , Spécimen Teuhdacot Zauhqui, i. e. Regina Serpentum , Hem ail dz:^. Vip^era Candifona , & Anguis Crotafophorus. Ray , Synopjis , pag- 291. Vipera Bratiîia; CaudiTona. Mnfœum Kirchena- mm, rom. 1773 » c/a#s 1, foi 35, tab. 9, A'.'» 43. Boicmininia. Plfon^ dz Medicina Brafdienfi , lib.^y p, 41. Boicinininga, Boiquira, Ayiig. Georg. Marcgrap't, hijl. nvâm imturalium Brafiïicc , lié' 6 y p. 240. des Serpens. i ' » rîames , m.is perfides , fentent , toijt-à- coiiT., l'odeur fétide qu exhale le Boi- quili [a) , reconno.ffant le bruit de a /onnette qui termine fa queue , & io voient prêt à s'ébncer lur eux. Ce terrible Reptile renferme en cttet unpoifon mortel-, &, fins excepter le Kùa, il n'eft peut-être aucune elpece de Serpent, qui contienne un venin puis '^ Le Boiquira parvient quelquefois; à la lonjTueur de f.x pieds , & . f^ circonfé- rence eft alors de dix-huit pouces b), M « L'odeur des Serpensivfonnette eft très-ma«- „ Vu fe, fur-tout lorfqu'llsfe chauffent au oleil ou nu''ls font en colère; on les fent que!c,uefais ;: a'^an deiesvoit&deles entendre : les chevaux & Ts bœufs tes découvrent par 'odorat, & s en- " fuient très-loin : mais lorl^ue le vent emporte ("«Mailbn du sèment vers le côte oppo e a la „ outeqe tient le cheval ou le bœul , celu-cl l vt nuelquefuis julques fur le S"pent nieme, : fans^n avoir cinnoiflance. .- K.".- Afo. rf. Suih, Co.'.'e3. a..iim. par,. cna„^rc , 10,m II , 'Vl'erhande^ ne lui donne que quatre pieds detno'eû? ; Marcgrave «n peu plus de quatre Jieds"! Pifon cinq; mais Kalm a ecru que les tî l Hijloire Naturelle L individu que nous avons décnt , & qiir eft confervé au Cabinet du Roï , a quatre pieds dfx lignes de long , en )r comprenant la queue qui a quatre pouces, & qui, dans cette efpèce, ainii que dans • les autres Serpens à fonnette déjà connus, elt très-courte à proportion du corps. Sa tête aplatie efi: couverte, auprès dil mureau,derix écailles plus grandes que leurs voilnies , & difpofées fur trois rangs tranfverfaux , chacun de deux écailles. Les jeux paroi/Tent étincelans, & hif- ient même dans les ténèbres , comme ceux de pluiieurs autres Reptiles, en kiiîant échapper la lumière dont ils ont été pénétrés pendant le jour-, & fis font garnis d'une membrane clignotante iuivant le favant Anatomiile Tyfon ' qui a donné une defcription trcs-éten- — — — ^— — — — —■- plus gros Boiquira qu'on ait vus dans PAmérique lepcentrionale étoienc longs de fix pieds. Mémoires de L Académie de Stocko'm, Suivant Catesbv I-s pjus glands Serpens à fonnette ont prés de neuf pieds de longueur. Hifi, nat. d, la CmUu^, vol. 2] des Serpent. % i 5 «?«(? , tant des parties extérieures quç des parties intérieures du Boiqurra (a), La gueule préfente une grande ou* verture -, & le contour en cft de quatre pouces , dans l'individu de la colledron du Roi. La langue cft noire , délice , partagée en deux , renfermée en partie dans une gaine , 5c prcfque toujours Tanimal l'étend & Tagite avec vîtelie. Les deux os qui forment lej deux cotés de la mâchoire inférieiu-c ne font pas réunis pardevant , mais féparés par ua intervalle aUc^ conhdérable qne le Ser- pent peut agrandir > lorfquil étend la peau de la bouche pour avaler une proie volumineufe. Chacun de ces os efl: garni de plulietirs dents crochues, tournées en arrière , d'autant plus grandes qu elles font plus près du mufeau , & qui, par une iuite de cette difpodtion , ne peuvent; point lâcher la proie qu'elles ont faille, ôc la retiennent daus la gueule du Bor- quira , pendant qu'il l'infcde du venin qui tombe de fi mâchoire fupérieure, C'eft , en effet , fous la peau qui re- ^^m (q) Tranfa&loiis phihfjp/iiqueSfy N'° 1 44'« 1 î 4 îJijloire Naturelle couvre ctttç: mâchoire , & de chaque côté 5 que nous avons vu ies véilcule^ où le poiion fe ramaiie. Lorfque le Serpent comprime ces véiicules , le venin fe porte à la bafe de deux crochets très- iongs & très-apparens , attachés au-de- vant de la mâchoire fupéiieure -, ces crochets , enveloppés en psrtie dans une efpèce de gaine, doii ils fortent lorfque l'animal les redrefîe , font creux dans prefquc tonte leur longueur-, le venin y pénètre par un trou dont ils font percés à leur bafe, au-delîous de la gaine, & en fort par une fente longitudinale que Von voit vers leur pointe (j). Cette fente a plus dune hgne de longueur dans rindividu confervé au Cabinet du Roî , & les crochets font longs de iix (a) Lorfqu'on preiTe îa racine de ces crocbeçs, il couie abondamment de leur extrémité, une matière veitequieft le venin- Kalm^ Mémoires de l'Académie de Stockelm- Ce venin donne une cou- leur verte au linge fur lequel on le répand , & plus on leffive ce linge, & plus il devient vert. Mawifcrit de M. Gautier, 1749^ que M- de Fou- geronx de Bondaroy, de l'Académie Royale des Sciences, a bien votdu me communiquer» dts Serpcns. i i j lignes. Indépendamment df cts crochets, qui paioilîent appartenir à toutes les eipèces de Serpens venimeux j Se que. nous avons vus , en efîet, dans les Vi- pères , les Céraflcs , les Naja , Ôcc. la mâchoire fupérieure eft garnie d'autres délits plus petites & plus voifmcs du golier vers lequel elles font tour- nées , & qui fervent , ainfi que celles de la mâchoire intérieure , à retenir la vieil me que les crochets percent & im- bibent de venin. Les écailles du dos font ovales & relevées dans le milieu par une arête qui s'étend dans le fens de leur plus grand diamètre. On a écrit qu'elles font articulées (i librement . aue l'animai . lorlqu'il efc en colcxe, peut les redrelTerj mais le mouvement qu'il leur donne doit être peu conhdérable , puifquc nous nous fommes ailurés qu'elles tiennent à la peau dans prefque toute leur lon- gueur êc toute leur largeur (a). Le faj Chacune de ces plaques eft mue par un mufcle particulier dont une extrémité s'attache au bord fupérieur de ia plaque intérieure , & 2î6 Hijloire Naturelle deffous du corps , ain(î que le dcî^ fous de ia queue , font revêtus d'un Icul rang de grandes pîaques comme dans le genre des Boa ', nous en avonî compté vrngt-fept fous la queue , 5c cent quatre-vingt-deux fous le ventre de l'in- dividu qui fait partie de la coIIf(fHon du Roi. M. Linné en a compté cent forxante-fept fous le corps , & vingt- trois fous la queue de celui qu'il a décrit [a), . La couleur du dos efî: d un gris mcîé de Jaunâtre, & fur ce fond, on voit s'éten- dre une rangée longitudinale de tacheS noires , bordées de blanc {h). l'autre à-peu-près au milieu de îa face interne de fa plaque fupérieure. D'ailleurs chaque plaque tient, parfes deux bouts, à l'extrémité des côtes, & cette extrémité tït un ferme point d'appui fur lequel porte la pïaque, & qui fert à l'animal à élever ou à abaiil'er cette plaque avec force, par je moyen du miifcîe dont nous venons de parler. Ohfcrv.d'Ehif. Tyfon, Trauf. phihfoj). N."" I44. faj Tyfon en a trouvé cent foixante huit fous le corps es dix-neuf fous la queue du Boiquira 4|U'il a décrit. Tranfaifions phikfopàigijesy A'.'* 144. /ij Le Dodeur Tyfon a tfès-bien fait connoître Sa queue des Serpens, 3t i 7 Sa qticiie efl terminée , comme d^ns prcTqiie tous les Serpcns de ion genre ,' par un alTembl.îge d'ccailles fonores qui s'emboîtent les unes dans ies autres. Se que nous croyons d'autant plus devoir décrire ïcï en détail , que la confîdé- ratron attentive de ieur forme & de leur pofîtion peut nous éclairer relati- vement à leur produdion ainfi qu à leur accrorfTement. Cette fonnette du Eoiquira cR- com- pofée de plulieurs pièces , dont ie nombre varie depuis un jufqu'à trente & même au-delà {a). Toutes ces pièces font en- tièrement femblablcs les unes aux autres, non-feuiement par ieur forme , mais fouvent par leur grandeur-, elles font toutes d'une matière cafîante , élaftique, deux petites gfancJes, qui s'ouvrent dans fe rec- tum du Boiq^ira auprès de l'anus, & qui con- tiennent une liqueur un peu épaiffe & à'^xnQ odeur forte & très-défagre'able. (a) Pour bien entendre ce que nous allons dire, on pourra jeter les yeux fur la planche où nous avons fait repréfenter une (onnette, fa coupe lon- gitudinale, (3c une des pièces qui la compofer.t vue féparément. Scrp^ns j Tome IV* K h 1 8 HiJIoire Natunlle demi-tiMnfparenfe , & de la même nature que celle des écailles. La pièce la plus voifine du corps, Se qui le touche im- médiatement , forme , comme toutes les autres , une forte de pyramide à quatre faces 5 dont deux faces oppofées font beaucoup plus larges que les deux autres *, on peut la regarder comme une efpèce de petit étui terminé en pointe , & qui enveloppe le^ dernièi-es vertèbres de la queue. Elle eft moulée fur ces dernières vertèbres , dont elle neft féparée que par une membrane très-mince , & auxquelles elle efl appli- quée de manière qu'elle fuit toutes les inégalités de leurs élévations. Elle pré- fente trois bourlets circulaires qui ré- pondent à trois de ces élévations-, leur furface eft raboteufe comme celle de ces éminences fur lefqueîlcs ils Ce font moulés •■) ils font creux , ainfî que le refte de la pièce, le premier bourlet , c'eft-à-dire, le plus proche de l'ouver- ture de la pièce , a le plus grand dia- mètre -, & le plus petit diamètre eft celui du troifième bouriet. Toutes les pièces de la fonnette font des Scrpens, z i ^ emboîtées l'une dans l'raitre, de manière que les deux tiers de chaque pièce font renfermés dans la pièce qui Ici fuit , à commencer du coté du corps. Des trois bouriets que préfente chaque pièce , deux font cachés par la pièce fuivante *, ie premier bourlet eft le fcul qui pa- reille. La pièce , (ituée au bout de la fonnette 5 oppofé au corps, cfl: la feule dont les trois bourlets ioient villbles, 6c qui montre fa vraie forme en fon entier-, & la fonnette n'eft compofée , à l'extérieur 5 que de cette pièce, & des premiers bourlets de toutes'' les autres. Les deux derniers bourlets de chaque pièce , qui ne peuvent pas être vus , font placés fous les deux premiers de h pièce (uivante. Ils en occupent le creux j ils rc'tiennent cette pièce, & Tem- ]:)êchcnt de fe féparer du refte de la ijnnette-, mais, comme leur diamètre eft moins grand que celui des premiers bourlets de la pièce fuivante , chaque pièce joue- librement autour de celle qu'elle enveloppe , & qui la retient. ALi.ci.me pièce , excepté la plus voifine Kij 2 20 Hi/Ioire Naturelle au corps , n'eft liée avec la peau de ranimai > ne tient au corps du Serpent par aucun niufcle , par aucun nerf, par aucun vaiilcau (a) , ne peut recevoir par conféquent ni accroiiîement , ni nour- riture , Se n'eft c|u\uie enveloppe exté- rieure qui fe remue lorfque l'animal agite l'extrémité de la queue , mais qui fe meut uniquement , comm.e fe mouvroit tout corps étranger qu'on auroit attaché à la queue du Serpent (h). Cette conformation de la fonnettc femble très-extraordinaire au premier coup-d'œii -, cependant elle ceiîera de fa) On a écrit h contraire (voyez Séba) ; mais nous nous lommes allures de la conformation que nous décrivons icî- (b) La fonnetre flu Boiquira e(t placée de ma^ Tîière que fes côtes les plus larges font verticale- ment lorlque fe Serpent eft ùir Ion ventre; eile ne touche pas immédiatement aux grandes plaques qui garnilTent le défions delà queue, mais entre ces grandes plaques & le bord de la première pièce, on voit une rangée de petites écailles lem- Llables à celles du dos. La fonnette de l'individu conlervé au Cabinet du Roi , a neuf lignes de hauteur, un pouce neuf lignes de longueur , & çft compofee de lix pièces. y des Scrpens. 221 îe paroître , C\ Von veut en déduire avec nous la manière dont la fonnettc a dû être produite. Les dirférentes pièces qui la compo- icnt , n'ont été formées que fuccelîîve- ment', lorlque chacune de ces pièces a pris ion accroiilement ^ elle tenoit à la peau de la queue -, elle n'auroit pas pu recevoir fans cela la matière nécelfaire h fon développement , & d'ailleurs on voit fouvent , fur les bords des pièces qui ne tiennent pas immédiatement .m corps du Serpent , des reftes de la peau de la queue , à laquelle elles étoicnt attachées. Quand une pièce eft formée , il fe produit au-deilous une nouvelle pièce entièrement femblable à Tancrenne , & qui tend à la détacher de Textrémité de la queue. L'ancienne pièce ne le répare pas cependant tout - à - fait du corps du Serpent -, elle efc feulement repoufîée en arrière* 'f elle laiife entre Ton bord & la peau de la queue , un intervalle occupé par le premier bourlet de la nouvelle pièce -, mais elle enve- loppe toujours ie fécond &: le troifième bouricts de cette nouvelle pièce , & elle K iij 22 Hifloire Naturelle U joue librement autour de ces bourîets qui ici retiennent. Lorfqu'iî fe forme une troillème pièce , elle fe produit au-deilous de la féconde , de la iu3me manière que la féconde au- deifous de la première -, elle détache également de Textrémité de la queue ia Iccondc pièce qu'elle fait reculer , mais qu'elle retient par fcs bourlets. Si les dernières vertèbres de la queue n'ont pas grolîî pendant que ia fonnette s'efi: formée , chaque pièce qui s'eft moulée fur ces vertèbres , a le même diamètre j Se la fonnette paroît d'une égale largeur jufqu'à la pièce qui la ter- mine -, Il , au contraire , les vertèbres ont pris de i'accroiiîement pendant la formation dé ia iounette, les bourlets de la nouvelle pièce font plus grands que ceux de la pièce plus ancienne , & le diamètre de U fonnette diminue vers la pointe. Dans les divers Serpens à fonnette qui font confervés au Cabinet du Roi, la fonnette eft d'un égal dia- mètre vers fa pointe & à Ion origine-, mais , dans plufieurs fonnettes détachées du corps du Serpent , ôc qui font aufli des Scrpens, ii^ pnrtre ^c la coIIeâ:rr.n de Si Majeflc , nous avons vu les pièces diminuer de grandeur vers l'extrémité de la fonncttc. Il eO: évident, d'après ce que nous venons de dire , qu'il ne peut le former qu'une pièce i chaque mue particulière que le Serpent éprouve vers l'extréuiitc de ia queue. Le nombre des pièces eft donc égal à celui de ces mues particu- lières-, mais, comme l'on ignore ii la nnie pariiciilicre arrive d.ins le même- temps que la mue générale du corps & de la quevie , lî elle a lieu \}nQ: fors ou plulieurs fois par an *, le nombre des pièces , non-leulement ne prowve rien pour la relîemblance ou la différence des efpèces , mais ne peut rien indiquer relativement à l'âge du Serpent, ainfî qu'on l'a écrit [à] Une nourriture plus abond.inte, & une température plus ou moins chaude , peuvent d'ailleurs aug- menter ou diminuer le nombre des mues (a) Voyez Séba, iTIifroire naturelle de i'Ore- roque , tradiicî. ftanq. Ta'Oii ^ 1 758 , fom. 3 , pag^ 78 , & iwiy , Syiiopjîs qu.idrupeduin 6* Serpentiiii generis y Kiv 2 2 4 Hijioire Naturelle dans la même année ^ & voilà pourquoi, dans certains individus ^ îa fonnette eft par-tout d'un égal diamètre , parce que , pendant le temps de la produdion , les dernières vertèbres n'ont pas groiïï d une manière fenhble , tandis que ^ dans d'autres individus , les mues ont été alîez éloignées pour que les vertèbres aient eu le temps de croître entre îa formation d'une pièce & celle d'une autre. Il pourroit donc fe faire que la fonnette d'un individu qui , dans difîé-» rentes années , auroit éprouvé des acci- dens très-diiîérens , fut d'un égal dia- mètre dans quelques-unes de fes portions, & allât , en diminuant ^ dans d'autres. D'un autre côté , on verroit de vieux Serpens avoir des fonnettes d'une lon- gueur prodigieufe , & prefqu'égales à la longueur du corps {a) , fi les pièces (fi) i< On prétend que fes anneaux qui fe » trouvent à ia fonnette indiquent , par !eur »> nombre,., celui des années du Serpent. Les 5> plus jeunes n'ont ordinairement qu'un feul » anneau, ceux que l'on tue maintenant dans les r» Colonies y'ingloifes en ont depuis un jolqu'à >' douze. Quelques perlbnnes âgées dilent ea des Serpens. ii^ qui les compofcnt ne fe defîéchoient pis promptcment -, mais , comme elles ne tirent aucune nourriture de l'animal , & ne font abreuvées par aucun fuc , elles deviennent trcs-fragiles , Te brifent & fe réparent fouvent par Tefîet d'un frottement a fiez peu conlîdérable. Voilà pourquoi le nombre des pièces n'indique jamais le nombre de toutes les mues particulières que Tanimal peut avoir éprouvées à l'extrémité de fa queue. Sr même , dans la mue générale des Ser- pens à fonnette , qui doit s'opérer de la même manière que celle des Couleu- vres*, & pendant laquelle la vieille peau de l'c'nimal doit fe retourner en entier comme un gant, & ainfj que nous l'avons vu {a)\ fi 5 dans cette mue générale, le dépouillement s'étend julqu'aux dernières vertèbres de la queue & emporte la pre- « avoir vu qui avoient depuis vingt jufqu'à » trente anneaux , & qu'on en a tué autrefois >' qui en avoient quarante-un & dUis. La deitiuc- j» tion que l'on en lait les empêche de vieillir. >» K^hn. Mem. de l' Acad. de Stockoim. CoU. Acad. j^ait» étrangère , tom. 1 1 , pag. 93. (a) Article dz la CouUuvn d' Efculape- Kv 2i6 Hi/toire Naturelle niière pièce de îa fonnette , toutes îes autres pièces doivent être avec elles ré- parées du corps du Reptile -, & dès-lors les ion nettes ne feroient jamais com- pofées que de pièces toutes produites dans l'intervalle d'une mue générale à ia mue générale fuivante. Toutes les parties des fonnettes étant très-sèches, pofées les unes au-deilus des autres, êc ayant ?.Ùtz de jeu pour fe frotter mutuellem.ent lori^qu'elles font fecouécs , il n'eft pas futprenant qu'elles produifent un bruit allez fenlible-, nous avons éprouvé , avec plufieurs fonnettes à-peu-près de la grandeur de celle dont nous venons de rcîpporter les dimen- fions, que ce bruit, quireiiembleà celui du parchemin qu'on froiiie , peut être en- tendu à plus de foixante pieds de dif- tance. Il leroit bien à délirer qu'on put l'entendre de plus lo:n encore , afin que l'approche du Boiquira, étant moins imprévue , fut auflî moins dangereufe. Ce Serpent eft , en effet, d'autant plus à craindre , que les mouvemens font fouvent très-rapides. En un clin-d'œii ^ il le replie en cercle y s'appuie fur fi des Serpens, ziy qiieiie , fe précipite comme nii refîort qui ie débande , tombe fur fi proie, la blelTe &: fe retire pour éch.ipper à Li vengcincc de Ton ennemi -, aullî les Mexiquains le déhgnent-ils par le nou\ à' Ecatoatl ^ qui fignifie le vent. Ce funefle Reptile habite prefque toutes les contrées du nouveau Monde, depuis la terre de Magellan jufqu'au lac Champlain , vers le quarante-cinquième degré de latitude feptentrionaie. Il régnoit, pour ainh dire, au milieu de ces vaftcs contrées, où prefqu'aucun ani- mal n'oToit en faire (i proie, oc où les anciens Américains , retenus par une crainte ruperftitreufe , redoutoient de lui dohner la mort (a) \ mars , enccu»> rages pdr Texemple des Européci^s , ils ont bientôt cherché à fe délivrer de cette eipèce terrible. Chaque jour les arts & les trr.vaux purifiant <5c fer- tilifant de plus en plus ces terres nou- velles , ont diminué le nombre des Ser- pens à fonnette, & l'efpace fur lequel (a) Kalm , Mim* de l'Jcad. de Stockolm. K vj 22 8 Hifloirc Naturelle ces Reptiles excrçoient leur funefle do minarîon , fe retrccit à mefiire que l'empire de l'homme s'étend par la culture. Le Boiquira fe nourrit de vers (a) , de grenouilles Se même de lièvres j il fait auiîi fa proie d'oifeaux & d'écu- reuils -, car il monte avec facilité fur les nrbres , 8c s'y élance avec vivacité de branche en branche, ainfi que iur les pointes de rochers qu'il habite, & ce Ji'eO: que dans la plaine qu'il court avec diiîiculté , & qu'il ell plus aifé d'éviter fi pourfuite. Son haleine empeflée , qui trouble quelquefois les petits animaux dont il veut fe faiiir, peut aulîi empêcher qu'ils Jie lui échappent. Les Indiens racontent au'on voit fouvent le Serpent à fou- nette entortillé à l'entour d'un arbre, lançant des regards terribles contre un Ça) M. Tyfon a trouvé un grand nombre de vers du genre des lombrics, dans l'eiiomac & .dai'S les inteliins d'un Boiquira- On en trouve auffi queîqueioTs dans ceux de la vipère com- mune' Tianfa&. fh'dofoph. N'° J44» des Serpens, 219 écureuil qui , aprcs avoir manifefté Cx frayeur par les cris & Ton agitation , tombe au pied de l'arbre ou il eft dé- voré. M. Vorfmacr , qui a fait à la Haye des expériences lur les ctlets de la mor- fiirc d'un B^iquira qu'il avoit en vie, dit que les oifeaux & les fouris qu'on lui jetoit dins la cage où il étoit renfermé, témoîgnoient une grande terreur-, qu'ils cherchorent d'abord à le tapir dans un coin , & qu'ils couroicnt enfuite, comme failîs de douleurs mortelles à la reiv eontre de leur ennemi qui ne ccfloit de fonner de fa queue ^a) \ mais cet cfîet d'une vapeur méphitique & puante , a été exagérée Se dénaturée au point de devenir merveilleux. On a dit que le Boiquira avoit, pour ainfi dire, la fa- culté d'enchanter l'animai qu'il vouloit (a) it Lorfqu'il a été pris, i^ qu'il fe voit err- » fermé, il refufe toute nourriture, & on dit ;» qu'il peut vivre iix mois de cette manière : y» ii eft alo s très->rriié ; li on lui prélente des 7» animaux, .il les tue, mais ne les mange pas. tt K(lm , Mémoires de l'/icad- du Si^ède , CqU- aCiidnk, tûni. i I j pc.g. 95. 1 jQ Hi/Ioire Naturelle dévorer •, que , par îa puifTance de fon regard, il îe contraignoit de s'approcher peu-à-peu , & à fe précipiter dans h gueule -, que Thomme ne pouvoit ré- iiilcr à la force magique de Tes yeux étincelans , 8c que , plein de trouble , il fe prélentoit à la dent envenimée du Boiquira, au lieu de cherchera Téviter. Pour peu que les Serpens à fonnette enflent été plus connus , Se qu'on fe fut occupé de leur hiftoire , on auroit bientôt fans doute ajouté à ces faits merveilleux , de nouve^.ux faits plus merveilleux encore. Et combien de fables n'auroit- on pas furfirtuées au iîmple ciiet d'une haleine fétide, qui même n'a jamais été ni auili fréqu^ lit , m aufîî fort que certains Naturalilles l'ont penfé ! L*on doit préfumer, avec Kalm , que îe plus fouvent , ioifqu'cn aura vu un oifeau , ou un écureuil ou tout autre animal fe ' précipiter _, pour ainfî dire , du haut d'un arbre claies li gueule du Serpent à fonnette, il aura été déjà mordu par îe Serpent-, qu'il le fera enfui fur l'arbre , qu'il aura expri- mé, par Tes cris & fon agitation , l'cK- des Serpens, 2 3 î tîon violente du poifon laiiTé dins fou fing pir la dent du Reptile -, que Tes forces fêleront infcnfiblementaffoîbîies', qu'il Te fera laill'é aller de branche en branche. Se qu'il fera tombé enfin raiprcs du Serpent , dont les yeux enflammés & le regard avide auront fuivi tous Tes mouvemens , & qui fc lera de nouveau élancé lur lui, lorlquil l'aura vu pref- que fans vie. Plulkurs obfervations raj>- portées par les Voyageurs , & particu- lièrement un fait rapporté par Kalm , paroi lient le prouver [a). On a écrit que la pluie augmentoit îa fureur du Boiquira-, m^ùs il taut que ce Toit une pluie d'orage , car il ne craint point d'aller à Tcui. C'cft lorfque le tonnerre gronde qu'il efc le plus redou- table*, on frémit iorfqu'on penle à l'état aftreux & aux angoities mrortellcs qu'é- prouve celui qui , pourluivi par un or-.ge terrible , au milieu des ténèbres épaillc-s qui lut dérobent fi route y cherche un afyîe fous quelque roch^. avancée , contre les flots d'eau qui (a) Kalm , Oui^ia^t déjà cité* 2^1 Hijloire Naturelle tombent des nues , apperçoit , au mr- îieii de 1 obfciinté, les yeux étincelans du Serpent à fonnette , & le découvre à la clarté de^ éclairs , agitant fa queue , Bc faiûnt entendre Ton fifflement fu- iiefle (a). ^ Un animal qui ne paroît né que pour détruire, devroit-ii donc auffi fentir les feux de l'amour ? Mais la même chaleur qui anime tout Ton être , qui exalte fon venin , qui ajoute à fes forces meurtrières , doit rendre auffi plus vif le fentiment qui le porte à fe reproduire. Il ne pond qu'un affez petit nombre d'œufs; mais, comme il vit plufieurs années , refpècc n'en eft que trop mul- tipliée. Qa) a C'efî pendant le temps couvert & plu- ?' vieux qu^iis font le plus à craindre ; alors d » elt rare que les Américains voyagent dans les ?> bois : ies lonnettes qui font beaucoup de bruit » forfque ie^ foieil luit, n'en font pas pendant « la pluie. C'eft peut-être parce que ies cartilages « mouilles font plus mous & moins élaftiques^., Kalm, MéiLoiTii Je l'Jcad. de Suède, Coll. acadm.vaviie des Serpens. 2,33 Pcnduit l'hiver des contrées un peu éloignées de la Irgne , les Boiquin fe retirent en grand nombre dans des ca- vernes où ils font prefqiie engourdis & dépourvus de force. C'eil alors que les Nccrres & les Indiens ofent pénctrer dan^s leurs repaires pour les détruire , & même s'en nourrir -, car j maigre le dégoût Se l'horreur que ces Reptiles infpirent , ils en mangent , dit-on , la chair (a) , & elle ne les incommode pas , pourvu que le Serpent ne fe foit pas mordu lui - même. Voilà pourquoi , a-t-on ajouté, il faut tuer prompte- ment le Boiquira , lorlqu'on veut le manger -, il faut lui donner la mort avant qu'il ne s'irrite , parce qu alors il fe mordroit de rage. Mais , comment concilier cette ailertion avec le témoi- (a-) \h mandent aulTi fa grailTe , que ron fait fondre au foleil , & dont on tire une huiie, dit-on , contre lesmeuitrifiures, & même contre les effets de fa morfure. Kalm. On aaulTi employé cettegraiOe pour diiTiDer plufiéurs douleurs , & particulièrement cel- les de fciatique , ainfi que pour fondre les tumeurs. tkrnandti^liijî' fuiturdkdn Mexique, liy.^, chaj>^ IV 23 4 ^ijtoirc Naturelle ' gnage de ceux qui prétendent qu'on peut manger impunément les animaux que a morfure fait périr, de même que les Sauvages fe nourrilfent , fans ïiucun înccnvénient, du gibier qu'ils ont tue avec leurs flèches empoifonnées ? Cette dernière opinion paroit d'autant p.us vraisemblable que le Boiquira fem- bieroit devoir ie donner la mort iui- îïieme , u k chair des animaux , percé par ies crochets , devcnoit veiiimeufe par une fuite de û morfure. Les Nègres failiiTent ie Boiciuira au- près de la tête, & il ne \m refte p;s allez de vigueur, dans le temips du froid, pour fe défendre ou pour leur échapper, il devient auffi îa proie de Couleuvres ailez fortes , qui doivent le failir de ma- nière \ n^en être pas mordues {a) , & 1 on doit fuppofer k même adrelTe dans ies cochons marrons , qui , fuivant Kahiî , ie nourrilfent , fans inconvénient , du Boiquira , dreïïent leurs foies dès qu'iis^ peuvent le fentir , fe jettent fur lui (a) Toyez l'article de h Cauîeuvre Lïm. des Serpens. 2,} 5 avec avîdité, & font guantis, dans cer- taines putlcs de leur corps du danger de f. morfare , par h rudcfTe de^ leur poil , la dureté de leur peau , & l cpaii- leur de leur graille {a). , Lorfque le printemps efr arrive dans les pays élevés en latitude & ha^ bité par le Boiquira , que les neiges fent- fondues, & que l'air eft rcchauité, ils fortent pendant le jour de leurs re- traites, pour aller s'expofer aux rayons du foleil. Ils rentrent pendant la nuit dans leurs aiyles , & ce n eft que lorl- que les gelées ont entièrement celle, (a-) Le Boiquira eft très-vivace , ainf. que ht autres serpens; M- Tyfon apporte que ceiu. âu-il diflequa, Técut quelques jours après que U Seau eut été déchirée & qu'on lu, eut arrache Fa p"unart de fe! vilcétes. Pendant ce temps les poumon qui, vers le dev.nt du corps, eîoient compoles de petites cel^ul -s , comme ceux *»w (a^ Voyez ]\1. Lairent. (i) On lit, dans lesTranfadions philofophiques, année 1665, qu^en Virginie, en 1657, au mois de Juillet , on attacha au bout d'une longue ba- guette des feuilles de fliframe que l'on avoit un peu broyées, & qu'on les ap^^rocha du niufeau d'un Serpent à lonnette, qui le tourna & s'iigita vivement comme pour les éviter, mais qui mourut avant une demi-iieure , & parut n'expirer que psr l'eifet de i'odeur de ies feuilles. des Serpens, 259 âiTAché pir M. Teifinint , Médecin Ecolîois , eft le polrg.ile de Virginie , Sénéka ou Sénéga (poiygimaSencga) [a]. Cependant il arrive quelquefois que ceux qui ont le bonheur de guérir , reffentent périodiquement , pendant une ou deux années , des douleurs très- vives , accompagnées d'enflure -, quel- ques-uns même portent toute leur vie de marques de leur cruel accident , & reftcnt jaunes ou tachetés d'autres cou- leurs. Le Capitiine Hall (b) fit , dans la Caroline, plufieurs expériences touchant les effets de la morfure du Boiquira fur divers animaux -, il fit attacher à un piquet un Serpent à fonnette , long d'environ quatre pieds. Trois chiens en furent mordus -, le premier mourut en quinze fécondes -, le fécond, mordu peu de temps après, périt au bout de deux heures duis des convulfions -, le troi- iiime , mordu après une demi-heure , (a) M' Lhmé & M Laurent. Q) Tranfd&loiis pàilujojf/nques* 240 Hijloire Naturelle ii^offrit d'effets vifibles du venin , qu'au bout de trois heures. Quatre jours après , un chien mourut en une demi-minute, Se un autre enfuite en quatre minutes-, un chat fut trouvé mort le lendemain de l'expérience *, on hîŒci écouler trois jours , une gre- nouille mordue , mourut en deux mi- nutes, & un poulet de trois mois, dans trois minutes. Quelques temps après , on mit auprès du Boiquira un Serpent blanc , fiin & vigoureux : ils fe mor- dirent Tun l'autre , le ferpent à fon- nette répandit même quelques gouttes de fangj il ne donna cependant aucun ligne de maladie , & le Serpent blanc mourut en moins de huit minutes. On agita aifez le Boiquira pour le forcer à fe mordre lui-même , 8c il mourut en douze minutes (a) -, ainfi ce furieux (a) u La morfure de cet animal eft très-dan- >j gereule dans toutes îes parties du corps : les 99 chevaux & fes bœufs en meurent prefque à >5 l'inftant : les chiens ia foutiennent mieux; >» quelques-uns ont été guéris cinq fuis : les n hommes le font auffi lorfqu'on y remé«iie à j» temps; mais quand la dent meurtrière a ouvert If un gros vaifieau , on meurt en deux ou trois Reptile des Serpens, 1 4 t Reptile peut tourner contre lui fes armes dangereufes , & venger les vid:imes. ^mmmmÊm^mmm^mm^mmimmmm m ■■■»■■■■■■■ ^ ■»■ ■ ■ ■ , ■ ■ ^■,_.— ^ — , ^g, i-> niinvues. Les bottines de cuir ne font pas un jj prélcrvatif afluré; fa dent eft il aiguë, qu'elle >♦ les perce facilement, fur-tout quand la bottine i> eft jufte h lajambe : on prétjend qu'il vaut mieux » porter de grandes culottes de matelot, qui dtÇ- » cendcnt jufqu'aux talons; lorfque le Serpenc M y mord , il s'y fait des plis qui s'oppofent k M TefFort de la dent & dss mâchoires; mais il »> elt peut-être plus fur de porter les unes & les »> autres. >» Kalni , MénX' de Suède , Colket. acad. tom. 1 1 , pag. 95. « Le Serpent k fonnette n'eft nulle part ff »> commun qu'au Paraguay. On y obferve que »♦ îorfque fes gencives font trop pleines de venin, j» il fouffre beaucoup ; que , pour s'en déchar- » ger , il attaque tout ce qu'il rencontre ; & que , »> par deux crochets creux allez larges à leur » racine & terminée en pointe, il infinue, dans M îa partie qu'il faifit , l'humeur qui l'incommù- ff doit. L'effet de fa morfure. & de celle de « plufieurs autres du même pays , eft fort »» prompt; quelquefois le fang fort "en abondance M par les yeux, les narines, les oreiiles , les »> gencives & les jointures des ongles; mais les »» antidotes ne manquent point contre ce poifon. »j On y emploie fur-tout avec fuccès, une pierie »> qu'on nomme Saint-Paul; le bézoard &' l'ail, »» qu'on applique fur la plaie après l'avoir mâché ; >j la tête de l'animal même & fon foie , qu'on 99 mange pour purifier le fang, ne font pas un Serpens, Tome IV* L 14,2' Hijtoire Naturelle Tranquilles habitans de nos contrées tempérées , que nous fonimes plus heu- reux, loin de ces plages où la chaleur Se rhumidité régnent avec tant de force! Nous ne voyons point un Serpent in- fed:cr l'eau au milieu de laquelle il nage avec facilité -, les arbres dont il parcourt les rameaux avec vîtefîe ^ la terre dont il peuple les cavernes*, les bois loiitaires, où il exerce le même empire que le tigre dans fes déferts brûlans, & dont Tobfcurité livre plus fûrement fa proie à Ti morfure. Ne regrettons pas les beautés naturelles de ces clinîats plus chauds que le nôtre , ieurs arbres plus toufîus , leurs feuillages plus agréables, leurs fleurs plus fuaves, plus belles : ces fleurs, ces feuillages, ces arbres cachent la demeure du Ser^ pent à lonnette. s»— »- ») remède moins vanté ; cependant le plus fur »> eft de commencer par faire fur-îe-champ une »» inciHon à la partie piquée, & d'y appliquer i> du foufre; ce quifuffic même quelquefois pour »» la guérifon- » HiJIohe natardli Ha Pàou b' des centrées ivijïnes. Hift- général' des Voy. édit» in- 12 , ^ome^l^P' 419. des Sirpens, 243 LE MILLET (a}, Ch Serpent à fonnette a été obfcrvé dans la Caroline par MM. Garden Se Catefby -, nous allons le décrire d'après un individu confervé dans le Cabinet du Roi. Le defTus de fon corps eft gris , avec trois rangs longitudinaux de taches noires *, celles de la rangée du milieu l'ont rouges dans leur centre , Se fépa- rées Tune de l'autre par une tache rouge. Le deilus de la tête eft couvert de neuf écailles plus grandes que celles du dos. Se difpoiées fur quatrerangs-, la mâchoire fupérieure eft garnie de deux crochets mobiles Se très-alongées -, les écailles qui revêtent le dos font ovales , Se relevées par une arête. Le Millet a ordinairement cent trente-deux grandes plaques fous le (a) Le Millet. M. d' Aubcnton ^ Encyclopédie mi^ thodiquC' ■ . Crotalus Miliarius. Lina. amphiè- Ssrp» Catesbv , Carol. £, tah. 42. Lij • Z44 Hijloire Naturelle corps 5 & trente-deux fous îa queue. L'individu , qui fait partie de ia collée^ tion du Roi , a quinze pouces dix lignes de longueur totale , &: fa queue eft longue de vingt - deux lignes , fa fonn€tte eft compofée de onze pièces , a une ligne de largeur dans fon plus grand diamètre , & eft féparée des gran- des plaques pûjr un rang de petites icailics. ^ des Sefpens, 245 LE DRYINAS (a). Presque tous les Serpens à fonnette ont les mêmes habitudes naturelles -, nous ne répétons pas ici ce que nous avons dit à Tarticle du Boiquira , 6c nous nous contenterons de rapporter: les traits principaux de la conformation du Dr/inas. Ce dernier Reptile eft blanchâtre i avec quelques taches d'un jaune plus ou moins clair -, il a ordinairement cent foixante-cinq grandes plaques fous le corps, & trente fous la queue-, le deffus de la t£te préfente deux grandes éc-ûlles , 5: celles qui garnilTcnt fon dos font ovales , & relevées par une arête. On le trouve en Amérique. faj Le Serpent à fonnettc M- à^Jubenton^ JSii y 'clop édïe m èïii odgue. Croui. Dryiniis Linn. amphib- Serp. Amxn. acadeiri' muf. princ' p. 57^ ■> -4* Caudifona Dryinas, 2c6- Caudifona orientalii^ 207" Laiireml , Specinmt M-cdicunu Séha , muf 2 , mî. 95 , %. 5, ^ tab. 96 , jîg. i'. L iij i4<î Hijioire Naturelle LE DURISSUS (a). .*** * v-(E Serpent a le defTiis du corps varié de blanc & de jaune, avec des taches rhon> Loïdales , noires & blanches dans lètir centre. Le fommet de fa tête eft couvert de iix grandes écaiiies placées fur trois rangs*, le dos eft garni d'écailles ovales & relevées par une arcle. L'individu que nous avons décrit, & que nous avons vu au Cabinet du Roi > n*avoit qu'une pièce à la fbnnette > fa longueur totale étcit d'un pied cinq pouces fix lignes, 8c celle de fli queue d*un pouce huit lignes. Il avoit des crochets à venin j longs de quatre lignes, & dont iextrémité ctoit percée par une fente à\mç ligne de longueur j il paroifîbit ^af»r - «. i .^ i s -w M t/i # (a) Le Teuthiaco. M- d'Jaknton , Eucydopédk méthodique- Crotai. Durinus, Linti' amphib. Serpent. Caudifona Durjiïus. 204 , Laumiti , Spécimen Me die uni' Séba , iniif a , tah, 95 , fg, 2. Teudacotzouphi. des Serpcns. i d.j que loiTque Tàninul étoit en vie , il pouvoit taire avancer^ au-delà des lè- vres , les deux os de la mâchoire in- férieure , qui n'étoient réunis que par des memb Lines , & que Ton voyoït armés de dents tournées en arrière , & plus grandes vers le mufeau que vers le gglier (a). (a) Le DurifTus a ordinairement cent loixante- douze grandes plaques fous ie cwrps , ik vingts unç ll>u3 la queue. L iv 248 Hijhire Naturelle LE PISCIVORE (a). C'est €,a.tesby qui a parlé îe premier de îa conformation & des habitudes de ce Serpent qoe l'on trouve dans la Caroline, où il porte le nom de Serpent à fonnette. Sa queue n'eft cependant pas garnie"de pièces mobiles Se un peu fonores^ mais elle exterminée par unepointe de nature écailieufe , longue ordinairement d'un ■ demi-pouce & dure comme de la corne. Cette efpèce d'arme a donné lieu à pîu- tieurs fables. On a prétendu qu'elle étoît aufli dangereufe que les dents de l'animal , qaelh pouyoit également donner la mort, ôc que îtiémê , îorf- qu'elle perçoit le tronc d'un jeune arbre dont l'écorce étoit encore ten- dre j les fleurs fe fanoient dans le même inftant , la verdure fe flétriilbit, l'arbre fe deiléchoit 8c mouroit. La vérité 5 relativement aux propriétés du Pifcivore , cil: , fuivant Cateibr , que ia morfure peut être très-funefte. Sa (a") The Wacer Viper. Vipère d'eau. Cattsby^ Caiùl. 2 , PiJ^' 43 ; plm.hs. 43. àes Serpens. 249 tcte eft groiTe , Ton cou menu , fa mâ- choire uipérieure , armée de grands crochets mobiles. Le defîusdefon corps, qui a quelquefois cinq ou iix pieds de longueur, préiente une couleur brutic ', le ventre & les côtés du cou font noirs , avec des bandes jaunies , tranfverri-cs & irrégulières. Il efl très-agile, & très- adroit à prendre des poiiïons •, on le voit iouvent , pendant l'été , étendu autour des branches d'arbres qui pen- dent fur les rivières *, il 7 failit , avec rapidité , le moment de furprendre les oiieaux qui viennent fe rcppler fur i'arbre , ou lés pôi-iîons qu'il apperçoit dans Teau •, il s'élance fur ces derniers^ les pourfuit en nageant & en plongeant avec beaucoup de vîtefTe , en prend d'affez gros qu'il entraîne fur le rivage^ & qu'il avale avec avidité j & voilà pourquoi nous l'avons nommé Pi/civore. Il fe précipite aufli quelquefois , du haut des branches ou il fe fufpend , fur la tête des hommes qu'il voit paiîer au-defTous de lui dans un bateau (a). •■ ■ '- (a) Catesbv, à l'wdroit déjà cité. Lv 2JO Hifioiie Naturelle QUATRIÈME GENRE. ElKMa« 8 U!a'Aat^JM SERPENS Dont le dejfous du corps & de la queue ejl garni d^écaiiles fenîhlables à' celles du dos. A N G U I S. Les Serpens de ce genre font très- difFérens des autres, par leur conforma- tion extérieure. Au lieu d'avoir au-deffous de leur corps de grandes plaques , faites en formes de bandes tranfverfalcs , & une ou deux rangées de ces mêmes des Serpens, 251 plaques aii-defTons de leur queue , ils l'ont couverts par-tout de petites écailles femblables à celles que les Couleuvres , les Boa , les Serpens à fonnette , & la plupart des autres Reptiles ont au- delius du dos. Les écailles de la rangée du milieu du deflous du corps & de la queue font cependant , dans quelques Anguis, un peu plus grandes que les autres-, cc c'eft "celles-là quil faut alors compter pour reconnoître plus aiiémcnt Tefpèce de l'animal, de même que Ton compte dans îef Boa & dans les Couleuvres , les grandes pièces qui revêtent le deffous de leur corps. Ces grandes plaques , couchées les unes fous les autres fous ie ventre & la queue des Couleuvres & des Boa, fe redreffent contre le terrain lorfque ces Serpens VeuUent aller en arrière , Se leur oppofent alors une ré- fiftance plus ou moins forte-, aufîî les Anguis , qui n ont pas de grandes pièces peuvent-ils exécuter des mouvemens en tout fens avec plus de facilité que la plupart des autres Reptiles *, Se ceà ce qui leur a fait attribuer, par des Voya- geurs , le nom d'Amphifbène ou de h y) H^ z Hi/?oire Naturelle double marcheur (û) -, mais cette déno^ mtnation nous pcU'oît devoir mieux coiv venir au genre des Serpens à anneaux auxquels^ en efret, M. Linné Ta attaché içxcluiivement. Comme ia pîupart des expreflîons exagérées ont produit aflez fouvent des eri'eurs grofîlères ou des contes ridicules ^ on n'a pas dit uniquement que ies Ah- guis pouvoient fe mouvoir en arrière prefqu'auffi aifément qu'en avant -, on a prétendu encore qu'ils pouvoient fe con- duire 8c courir pendant long -temps , dans les deux fens , avec une égaie faci- lité-, qu'ils avoient des yeux à chaque extrémité du corps, pour difcerner leur Toute en avant 8c en arrière *, qu'ils y avoient même uae tête complette -, qu'on s'expofoit aux mêmes dangers , en ies failifiant par l'un ou l'autre bout} qu'ils ctoient très-à craindre pour les petits animaux dont ils ie aourriffoient , parce que jamais le fonmieil ne ies empêchoit (o) Pluiieurs Anguisont été envoyés d*Amérique .fu d'ailleurs, au Cabinet du Roij (bus ie nom des S'crpens, 255 de s'npperccvoir du voîhn.igc de leur proie-, que pendant qu'uiic tctc dormoit^ Vautre veiiloit, &c. Mais c'efc aflcz rap- porter les opinions que Ton ne doit pas craindre de voir fe répandre, & que par conféquent on n'a pas befoin de combattre. Nous devons même convenir que la conformation des Anguis eft une des plus propres vl faire naître ces er- reurs -, leur queue cH: , en eifet , trcs- grofie en comparaison du corps , & fon extrémhé arrondie reiïembie d'au- tant plus à une tête, même lorfquow la confidère à une petite diftance , que les diverfes taches , qui varient ordi- nairement fa couleur, font difpofées de manière à repréfenter des yeux , des narines & une bouche, D'ailleurs les yeux des Anguis étant trcs-petits, on a de k peine à les diftinguer à l'endroit où ils font réellement , & on peut plus faci- ment être trompé par leur apparence. C'eft cette petitefîe des yeux des Anguis , qui les a fait nommer Serpens aveugles par plufieurs Voyageurs j mais cette dé- nomination, qui 5 à la rigueur, ne con- vient à aucun S-erpent , ne doit pas être ^J4 Bijloire Natutelle du moins appliquée .aux Anguis ^ ni aux Amphijhènes ou Serpens à anneaux; nous ne l'emploierons que pour déli- gner les dimenûons encore plus petites des xeux des Serpens que M. Linné a nommé Cœcilia , & que nous nommons d'après lui CœàUs, Jes Serpens. 2 5 J L' OR V E T (a). Ce Serpent eft très-commun en beaucoup de pays. Il fe trouve dans prefque toutes les contrées de l'ancien Continent , depuis la Suède jufqu'au cap de Bonne-efpé- rance. Il reflemble beaucoup à un Qua- drupède ovipare dont nous avons déjà (a) Couleuvre commune , m Picardie &* dans plujîeurs autres Proiinces de FraiiU' Serpent de verre. Anvoye. Orvet. M. d*Auhenm^ Encyclopédie méthodique, Anouis FragUis. hinn- amphib- Strpent- Aldr. Serp. 245. Cœcîlia vulgaris._ Imperat. nat. 916. Cœciiia Gefneri. Ray, quadrup. 289. Cœciiia Typhlus. Anguis Fragilis, 125, tab. 5, fig- 2, Laurmi , Spécimen Medicum. . Typhîops, Cœciiia, a Blind Worm. Scotia lUuj- trata-, Àutore Robcrto Sibhaldo. Anguis Fragilis , Blind Worm. Zoologie BntaR- Bique^vsL^, p. ^^, planche 25 , N.° 15- Anguis Fragilis. PVulf, Ichthyologia cuni amphibiis Tegni Borujfiçi. ., .r 1 Orvet DimomaiTi d'WJÎQÎTe naturelle, par M, Val- mont d& BoiriurCi zyG Hljlo ire Naturelle indiqué les rapports avec les Anguis , Se auquel nous avons confcrvé le nom' de Seps-, il n'en dfftère même en quelque iorte à l'extérieur , que parce qu^il n a pas les quatre petites pattes dont le Seps eft pourvu-, auffi fes habitudes font- elles^ d'autant plus analogues à celles de ce lézard ^ que le Seps ayant les pattes extrêmement courtes , rampe plutôt ou'ii ne marche , 8c s'avance par un méca- mime a^Tez femblable à celui que les Anguis emploient pour changer déplace. La partie Tupérieure de la tête efl cou- verte de neuf écailles difpoféesfur quatre rangs, mais différemmentquefuriapkipart des Couleuvres. Le premier rantr pré- iente une écaille -, le fécond deux , & les deux autres en offrent chacun trois. Les écailles qui garnirent le deilus & le deiîous de fon corps font très-petites, plates , exagones , brillantes , bordées dune couleur blanchâtre. Se roubles dans leur milieu -, ce qui produit un grand nombre de ti*ès-petitcs taches fur tout le corps de ranimai. Deux taches plus gnindes paroiifent Tune au-de/Tus m muleau , & Tautre fur ie derrière des Serpcns, zjj de îa tête, & il en part deux raies longitudinales , brunes ou noires , qui s'étendent jufquà h queue, ainli que deux autres raies d'un brun châtain qui partent des yeux. Le ventre eft d'un brun trcs-foncé , & la gorge marbrée de blanc , de noir & de j uinâtre. Toutes ces couleurs peuvent varier fuivant le pays, & peut-être fuivant l'âge & le lexe. Mais ce qui peut fervir beaucoup à diftinguer TOrvet d'avec plufieurs autres Anguis , c'eft la longueur de fa queue qui égale & même Turpafle quel- quefois celle de fon coi-psj l'ouverture de fa gueule s'étend jufqu au-delà do^s yeux -, les deux os de la mâchoire infé- rieure ne font pas féparésTun de l'autre comme dans un grand nombre, de Serpens -, & en cela FOrvet reffemble encore au Seps & aux autres lézards. Ses dents font courtes j menues , chochues , & tournées vers le gofier. La langue eft comme écbancrée en croillmt. On a écrit que fes yeux étoienî U petits qu'on avoit peine à les diftinguer-, cependant, quoiqu'ils foient moins grands à pro- portion que ceux de beaucoup d'autres âj8 Hifloire ISfaturclU Serpens , ils font très-vifibles , & d^àil^- leurs noirs & très-briilans {a]. Il ne parvient guères à plus de trois pieds de longueur. On a prétendu que fa mor- fure étoit très-dangereufe [b) -, mais il n'a point de crochets mobiles, Se d'après cela feul on aurait dû Tuppoier qu'il n'avoit point de venin -, d'ailleurs', les expériences de M. Laurent l'ont mis hors de doute {c). De quelque manière qu on irrite cet animal , il ne mord point 5 mais fe contrade avec force , & fe roidit, dit M. Laurent, au poiat d'avoir alors l'inflexibilité du bois. Ce .Naturalifle fut obligé d'ouvrir par force fa) Les écaiiîes, qui recouvrent fes lèvres, ne font pas plus grandes que celies qui revêtent fon dos; aucunes de celies qui garnifienr ie defious de fon^orps, ne font plus graades que leurs voifines. n en a ordinairement cent trente- cinq rangs fous le corps, & autant fous la queue. (b) Schwenckfeld , dans foji Hiftoire à^z Reptiles de fa Siléfie, a écrit que, dans cette Province on regardoit l'Orvet comme venimeux. (cj M. Laurent, Ouvrage déjà cité, p. 179. Les Auteurs de la Zoologie Britannique difent qu'en Angleterre , l'Orvet n'elt poinF ragardé comme dangereux. lies Scrpens, 2 j 9 la bouche à\\n Orvet, Se d'y intro- duire la peau d'un chien , que les dents de l'animal trop courtes & trop menues ne purent percer -, de petits oifeaux em- f)loyé5 à la même expérience^ & bîj^fîés par le Reptile , ne donnèrent aucun iWn€ de venin : la chair nue d'un pigeon fut auiïi mife fous ks dents de rOrvet qui la tint ferrée pendant long- tems, & k pénétra de la liqueur qui étoit dans fa bouche -, le pigeon fut bientôt guéri de fa blelfure, fans donner aucun indice de poiion. Lorfque la crainte ou la colère con- traignent l'Orvet, à tendre ainfi tous fes mufcles , & à roidir fon corps, il n'eft pas furprenant qu'on puiiîe aifé- ment, en le frappant avec un bâton on même une limple brtguette , le divifer & le cailer, pour ainli dire , en plu- iieurs petrtes parties. Sa fragilité tient à cet état de roideur & de contrac- tion, ainfi que l'a penfé M. Laurent, qui a très-bien obfervé cet animal , & elle eft d'autant moins furprenante que fes vertèbres font trcs-caflantes par leur nature , comme celles de prefque tous é6o Hijloire Naturelle les petits Serpens , & des petits lézards ; & que les mufcles font compofés de fibres qui peuvent aifément fe féparer. C'eft cette propriété de TOrvet , qui Ta iût appeiler par M. Linné , Anguis fragile , & qui Ta fait nommer par dautres Auteurs Serpent de Verre. On vient de voir que l'Orvet le trouve en Suède : il habite auffi l^Ecoiîe {a)-^ &, dVtprès cela, il paroît qu'il ne craint pas le froid autant que la plupart des Serpens ^ quoiqu'il foit en allez grand nombre dans la plupart des contrées tempérées & même chaudes de TEurope-^ il a pour ennemis ceux des autres Ser- pensj & particulièrement les cicognes {h) -qui en font leur proie d'autant plus aiiément, qu'il ne peut leur oppofer ni venin , ni force , ni même un volume confidérable. ^ Il s'accouple comme les autres Rep- tiles-, le mâle & la femelle s'entortillent l'un autour de l'autre , fe ferrent étroi- tement par plufieurs contours &: pendant (a) Sihbaîd^ à l'endroit déjà cité. {h) Scàmiickfsldj mjlom dss Reptiks de kSiléfat^ des Serpens, 261 «Il tems aiTez long. On a vu des Orvets demeurer ainll réunis pendant plus d'une heure {a). Les petits vSerpens de cette cfpccen'éciofent pas hors du ventre de leur mcre , comme la plupart des Couleuvres non venimeules i mats ils- viennent au jour tout formés (b). Un très -bon Observateur (c) ayant ouvert deux femelles, trouva dix Serpens dans une qui étoit longue de treize pouces, 8c fept dans l'autre qui n'avoit qu'uii pied de longueur. Ces petits Serpens étoient parfaitement formés. Ils ne dif- féroient de leur mère que par leur gran- deur, 8c par leurs couleurs qui étoient plus foibles -, les plus grands avoient vingt & une lignes , Se les plus petits dix-huit lignes de longueur. Le temps de la portée des Orvets eft au moins dun mois, & M. de Sept-Fontaincs , que nous venons de citer ^ s'en eft alîuré en gardant chez (rt) Noies manufcrites communiquées par M- de Sept» Fontaines* (i) Ray^ à l'endroit déjà citéi & iVof«S manufirim it M. de Sept- Fontaines. (c) M. de Seft-FQHtmsu z6i Hijloke Is'aturells lui 5 une femelle qai ne mit bas qu\ui mois après avoir été prile : elle ne parut pas groflir pendant fa captivité (a). C'eft ordinairement après les premiers jours de Juillet , que l'Orvet paroît revêtu d'une peau nouvelle dans les* Pro- vinces feptentrionales de France. Son dépouillement s'opère comme celui des Couleuvres (b) -, il quitte fa vieille peau d'autant plus facilement , qu'il trouve à fa portée plus de corps contre lefquels il peut fe frotter-, il arrive feulement quel- quefois que la vieille peau ne fe retourne que jufqu'à l'anus, & qu'alors la queue fort de l'enveloppe defféchée qui la re- couvroit, comme une lame d'épée fort de fon fourreau (c). L'Orvet fe nourrit de vers, de fia- rabées , de grenouilles , de petits rats 8c même de crapauds ^ il les avale le plus fou vent fans les mâcher -, aufîi arrive-t-ii quelquefois que de petits vers viennent (a) Lettre de M. de Sept-Fontaines à M. 7e Comte it la Cepède , du 7 Décembre 1788. (b^ Voyez l'article de ia Couleuvre d'EfcuIape- . (cj JSotes maimfcritcs de. M. de Sept-Foiitumes^ des Serpent. 16 ^ jurqu à Ton eftomac , pleins encore de vie, & fans avoir reçu aucune bleirure. M. de Sept-Fontaines a trouvé dans le corps d'un jeune Orvet ^ un lombric ou ver de terre long de iix pouces , & de la groffeur d'un tu)rau de plume -, le ver étoit encore en vie , & s'enfuit en rampant. Malgré leur avidité naturelle , les Orvets peuvent demeurer un très-grand nombre de jours fans manger , ainli que les autres Serpens ^ & M. Desfontaincs en a eu chez lui qui fe font LiTiiés mourir au bout de plus de cinquante jours , plutôt que de toucher à la nour- riture qu'on avoit mife auprcs d'eux , & qu'ils auroient dévorée avec préci- pitation s'ils avoient été en liberté. L'Orvet habite ordinairement fous terre dans des trous qu'il creufe ou qu'il agrandit avec fon mufeau', mais comme il a befoin de refpirer l'air extérieur , il quitte fouvent fa retraite. L'hiver même, ^ il perce quelquefois la neige qui couvre les campagnes, & élève fon muleau au- deffus de fa furface , la température allez douce des trous fouterraiws qu'il choifit a (3 4 Hijîoire Naturelle pour afyle Tempêchant ordrnairenient de s'engourdir complètement pendant le froid. Lorfque fes rhaleurs font revenues, il paffe une grande partie du jour hors de fa retraite-, mars le plus fourentil s'en éloigne peu, & le tient toujours à portée de s'y mettre en sûreté. Il fe drefle fréquemm^ent fur fa queue qu'il roule en rpirale , & qui lui fertd^ point d'appui-, & il demeure quelquefois îong-temps dans cette (ituation. Ses mou- vemens font rapides , mais moins que ceux de la Couleuvre à collier. Il ne répand pas communémefit d'odeur dék- gréable (j). ' ' ■ ■' " ■ faj Perfonne îi'a mieux étudié les habitudes de POrvet que M. de Sept Fontaines, à qui nous devons la connoiirance de la plupart des détails ejue nous venons de rapporter. ^ L'ERYX. des Serpcns. iÇr L' É R Y X (a). Cet Akglt„ a beaucoup de rapports avec i Orvet , dont il n'eft peut-être qu une variété II a le deflus du corps d un roux cendre avec trois raies noires très -étroites qui s'étendent depuis le derr.cre de la tète , jufqu'à l'extrémité de h qi,ei.e. Ses yeux font à peine vihbles. I a la mâchoire fupérieure un peu plus avancée que l'inférieure. Ses dents (ont aflez longues relative- ment à fa grandeur , égales &: un peu •ourbees vers le golîer. Ses écai^lles lont arrondies un peu convexes lui- Ijntet & unies. Sa queue eft un peu puis longue que le reftc du corpsf H (a) Aberdeen , Ims phfieur, t„drohs Jt VAn-daent fav-t qu on k t,ou„t ia:n l- Abtrdccn ShÏTt " ' Ang. Eiyx. Liim. amphib. S^rpmt. ' Gnmv. miif. 2, ;-. 35, A'." 5. Serpens , Tome IV. M z66 Hijîoire Naturelle a cent vingt- fîx rangs d'écailles au- deflous du corps, & cent trente-fix au- defîous tic la queue -, on le trouve c» Europe 5 particulièrement en Angle- terre -, & il habite auffi plufieurs contrées de l'Amérique. des Serpens. iSi LA PEINTADE (a). Nous CONSERVONS cc iiom à un Anguis qui fe trouve dans les Indes \ îi a cent (oixante- cinq rangs d'éciilles ious le corps, trente-deux fous la queue, & le defTus du corps verdâtre avec plu- lieurs rangées longitudinales de points noirs ou bruns. Il nous femble qu'on doit regarder comme une variété de cQttc cfpèce , un. Anguis que M. Pallas a obfervé fur les bords de la mer Cafpienne , Se qui a à-peu-près la longueur d'un pied -, la grodeur du petit doigt -^cent foixante-dtx rangs d'écaillés fous le corps -, trente- deux rangs fous la queue \ la tête grife ■ ■ ■■ (a) La Peintade. M. d'Juéenton , Encychpééit méthùdqui Anguis Meleagris. Llan» emfhib. Serpent. Anguis Meleagris, 124, Laarenùy S/ecunea Mc-^ diaan* Self a f muf, 2 , fa3. il , fig* 4. Mij 2 68 Hifioln Naturelle tachetée de noir -, îe corps noir poin- tillé de gris fur le dos , & de blan- châtre fur les côtés -, la queue longue de deux pouces & variée de blanc [a]. fa) Angui'S MîUaris. Voyages de M. Puiïns dan^ dijjl'reracs Proyinc&s de l'Empire de Rujjle, fuppUimm^ voit 1* <■ i ' î ( des Serpens. 269 LE ROULEAU (a). Cet Anguis fe trouve dans les deux Continens. II eft très-commun co Amé- rique, ainiî que dans les grandes Indes '^ mais c'cft toujours dans les pays chauds qu on le rencontre. Sa tète un peu con- vexe par-defTus , & convave en dellous cft à peine diftinguée du refte du corps par trois écailles plus grandes que les autres qui la couvrent. Ses dents font alTez nombreufesj & comme elles font toutes égales , & qu'il n'a pas de cro- chets mobiles j Ton doit prcfumer qu'il n'eft point venimeux. Le corps & la queue font girnis par-defUis d: par- deiîous d'écaillcs blanches bordées de (d) Le Rouleau. M. à*Julziikjn , Eecydopédi* A ^\ngui5 S:hytale Lirn. ampkib. Sirpent* ï^tuj] ^d. fi* ttih' 6 , f'' 2- Gr'jitip'iii-^ ir.uf. 2, A." 4 AniîU'S. S'.oa^ muj:-2 , lab. 2 , //^. I ^-^ 3 ♦ 4' ^'5- 7, h 4i ^ ta^' -^, ik- 3-' AMguis Scnytciie. Lairmù ^ Spec'mn Mcdicam* M iij 270 HîJIoire Naturelle roux (û) 5 &: tout le corps eft varié par lies bandes tranrverfaics , qui, en for- jn-int des anncnix de couleur , gardent leur paraliélirme ou fe réuniiîent avec plus ou moins de rcgularhé. L'on ne init pas préciiénient à quelle grnndeur peut parvenir le Serpent Rouleau ; mais, d'après les divers individus qui ont été décrits par les Naturaîiftes , & ceux qui font confcrvés au Cabinet du Roi, nous préfumons qu'elle n'efl jamais très- confîdérable , que îe diamètre de cet ^nguis n'eft ordinairement que d'un demi-pouce, 8c que fa longueur n'excède guère deux ou trois pieds (./>). Il fc nourrit de vers, d'in fe des , 8c iur-tout de fourmis, & voilà tout ce que l'on connoît des habitudes de ce Serpent. faj Le Rouîeau a deux cent quarante rang* d*(îcai!ics fous Je corps , & treize rangs fous la queue* (fj Sa queue eft très-courte en proportion du eorps , dont fa longutur eft fe plus fouvent trente fois |«Ius confîdérable que celle de la c^ueug. des Serpens, lyi •i LE COLUBRIN (^). M. Hasselquist a fait connoîtrc cet Anguis que Ton trouve en Egypte*, ce Serpent a le corps varié d'une manière très-agrédbic, de brun & d'une couleur pâle -, on a compte cent quatre- vingt rangs d'écailles fous ion corps, & dix-huit fous fa queue. (a) Le Colubrin. M- d'Juhtnton , Eiuychj^édie méthodique' Anguis Coîubrina. Linn- amphih% Sirp, Hafilijuijïj it. 32O; iV.** 65. r iV 2. 7% Hip.oire NatureUs LE TRAIT (a). CiT Anguis habite en Egypte nnCi que le Colubrin, & cVft auffi M.' Haf- ielqmft qui Ta fait connoître. Ce .Serpent a cent quatre-vingt-ilx rangs d'éc.iiles fous le corps , Se vingt- trois fous ia queue. ^^ii^s qui garniilent Ton ventre , font un peu plus larges que celles qui recouvrent ion dos. ra) Le Trait. M, d'Auhnton, Encychpédi, mi^ modique, J r ^'' '>^% iinguis Jacuîus. Lirni. ampkib. Serpent, des Serpens. ly } SBaOMDEKJH UaJIUR LE CORNU C^). C(ET Anguis a beaucoup de rapports avec la Couleuvre Cérafte*, il a , comme ce dernier Reptile j deux efpèces âc cornes fur la tète -, mais nou5 avons vu que dans le Cérafte , ces éminences ticn^ nent à la peau, & font de nature écAiI- leufe, au lieu que, dans le Cornu , ce font deux dents qui percent la lèvre fupérieure , &: reffemblent à deux petites cornes. On trouve cet Anguis eii Egypte où il a été obfervé par M. H^ffelquifl: , & où vit auiTi le Céraûe. Le C(^rnu a deux cens rangs d'écailies fous le ventre, Se quinze fous la queue. (a) Le Cornu. M. d'Auhcnion , Eocyclepéâii nt^ îkodiqee. Anguis Ceraftes. Uim. amphlb. Serpentes, Ur 2 74 Hijloirc Isaturellf ^vaoBcaaB LE MIGUEL (_d). X EL EST LE NOîvi que l'on donne à cet Anguis dans le Paraguay, & dans pliH ijeurs autres contrées de i'Aniériquœ liiéridionaic. Les écailles qui le couvrent iont brillantes & unies. Le delîus de jon corps efh jaune, & préfente une ^ quelquefois trois raies iongitudi- jaales brunes avec des baiides ti-anfver- iales très-étroites, &: de la mime cou- leur. Le Miguel a deux cens rang» J'écaiiies fous le ventre , & douze fou* Ix queue -, on voit neuf grandes écailles (i\T la partie fupéri'cure de ia tête. Un individu de cette cfpècc , confervé au Cabinet du Roi, a un pied de longueur lotdc , & fa queue ell longue de trois Irp-ncs. (fij LePvliguel. M, d'Jubentoii, Encyc- méthodiqat* Anguisi r»Iacuiata. L///«. amphib. Serpent* J-hif Àd- fr. I , /?. 21 , ta^^- Il ^ fig- S' -^4\nguis TeiVeliata, 142, Laurenti ^Spcc» Medkum* ijUjuoi'. muf. 1 . p. 53? -N.® 5. ^'iguei, Didi' d HiJ}o!::s natuTelle,j>cr M P^alm9}i$ de /?o//; 4/ ,'•.'. èii^ù, int\f. 2j tah», 100, fi^' z. des Serpent, ^7J LE RÉSEAU (a). Cet Ancvis a les écailles qui garnifTent le clcfiiis de Ion corps brunes bc blan- ches dans leur centre, ce qui ic /ait paroitre comme couvert d'un réieau brun. On le trouve en Amérique. Il a cent foixante-dix-fept rangs d'écaillcs Tous le ventre , & trente-fept lous la queue -, le defîus de fa tête eft revêtu de grandes écailles. (a) Le Réfeau. M. d'Juhintou , Encyclopédie méthodique» Anouis Reticulata. Lhm, êmphtb. Serpent. AnguU ReticuU. îa8. Laurmi ^ Sptibm Mt^ dkum. Grouov. muf. 2 , f. 54 > N* 7. Sthiudi&T. Phypi» facr- 747 , ^ ^^ MV) 2 7^ Hijïoln Naturelle LE JAUNE ET BRUN (aj. Cet Anguis fc trouve en grand nombre dans les bois de la Caroline & de Li Virginie , où il a été obfervé par MM. Cate% êc Garden , & où on ne le regarde pas comip.e dangereux. II parojt moins fenfible an froid que les autres vScrpens des mêmes pays, puif- qu'il fe montre beaucoup plutôt au printems ; il eft , pour ainfi dire , aufïi fragile que l'Orvet -, les fibres qui compofent Tes mufcles , peuvent fe ^ réparer très - aifément -, pour peu qu'on le frappe , il fe partage comme rOrvet , en plu^uis portions , & il a été appelle Serpent de verre , de même que ce Reptile. Sa longueur n'excède (a) Le Serpent de verre. M. à'Jubenm , £«• tydGpéê'u mithodiquc, Anguis Ventralis. Linn. artsphîh. Serpent* The Glafs Snake. Serpent de verre. Cattily. h'iftùiTt naturelle (U la Cutolmt , vol 2 , p. kq ^ flaiicU 59. ' ^ "^ ' its Serpens. 177 guère d'rx-hiirt pouces -, & fa queue efl trois fois auiîî longue que fou corps. Son ventre eft jaune, ^ paroît c nageant & plongeant avec facilité pen- dant les temps calmes j &: décrit par M. Vorfmaër [b], (a) La Queue -luncéoiîe. JV/» d'JuùentôHj Eit- êvelopéHe méthodique. Anouiù Laticauda- L'wn. amphib. Serpent» I^Jiif Ai. fr. ^.-pag. 48. Laticauda Inibiicara. 241, Laurêiiti^ Spec^MeJit., (b, On peut confuker, à ce fujet^ l*artich da Serpent à laroe queue . dans le Didionnaire c'H;ÙGb& Kiiuf eiie j par M. Vidmcnc de Bomare» des Serpens, 279 LE ROUGE. Cet Anguis a été envoyé de C.iyenne nu Cabinet du Roi , par M. de la Borde *, les écailles à\\ dos font d'un beau rouge, ce qui lui a fait donner le nom de Serpent de corail par les habitans de la. Guiane^ maïs nous n'avons pas cru de- voir lui conlerver cette dénomination, de peur qu'on ne le confondît avec la Couleuvre le Coraîlin dont nous avons parlé. Le deilous de fon corps cft d'un rouge plus clair -, toutes ces écailles font hex'-goncs & bordées de blanc ^ & il eft d'ailleurs diftingué des autres Anguis par des baiidcs tranfverfaies noirâtres qui s'étendent non - feulement fur le defliis , mais encore fur le deilous du corps. Lorfque ce Serpent cd en vie , fes couleurs font très-éclatantes; mais autant fon afpeâ: eft agF.éable, autant il faut fuir ^on approche. Sa morfiirc cft veni- mcufe & trcs-dangercufe fuivanî M. de ia Borde : il porte iç nqû^ de Vipvre 2 8o Hi/îoire Naturelle à la Guigne , 8c ce qui prouve que ce nom doit îui appartenir, c'eft que ion a reçu au Cabinet du Roi, avec Imdi- vidu que nous décrivons , deux fcrpen- taux de la même efpèce fortis tout formés du ventre de leur mère. Le Rouge a, ainfi que d^aiitres An- guis , la rangée du milieu du deilus du corps 8c de la queue compofée d'écaillés im peu plus grandes que leurs voihnes. Nous avons compté dans cette rangée deux cent quarante pièces au-deflous du corps, & douze feulement au-defîbu& de la queue qui eft très-courte (û\. Il paroît que c'eft le même animal que celui dont le P. Gumflla a parlé fous le nom de Serpent corai , dans fon Hi/loire Naturelle de TOrenoque , & pour lequel nous renvoyons à h note Suivante (b). (a)^ L'individu envoyé an Cabiiet du Roi avoit «n pied fix pouces de longueur totale, & fa queue de fix lignes. fh) u Je ne puis pafler fous fiîcnce fe Serpenî «% Coral, qu'on nomme ainfi à caufe de fa cou- »> leur incarnate, & qui eft cntremliée de taches des Serpens. 281 rt noires, grifes, blanches & jaunes^ Ce Serpent M fupporte également tous les etimats , ce qui r» n'empêche pas que fes couleurs ne le reffentenc * de leur variété; mais Ton venin conferve tou- « jours la même force, & il n'y en «point, ii l'on » en excepte la Couleuvre Macaurel , dont la mor- 91 fure foie plus dangereufe. Parions maintenant »» àçs remèdes qu'on a trouvés contre la morfure î> de ces Reptiles. ..... On peut fe fervir de fa M feuille de tabac, qui eft un remèJe efficace contre m la morfure des Couleuvres, quelle qu'en foitPef- n pece ; il fuffit d'en mâcher une certaine quan- » tité , d'en avaler une partie , & d'appliquer >» l'autre fur !a plaie pendant trgis ou quatre jours , M pour n'avoir rien h craindre. J'en ai fait l'eflai fi plufieurs fois fur des malades & même fur de» M Couleuvres ; après les avoir étourdies d'un coup »» de bâton, je leur ai faili la tête avec une petite w fourche, & leur ayant fait ouvrir la bouche en la » preflant, j'ai mis dedans du tabac mâché ;& aufR- >» tôt el'es ont été faifiesd'un tremblement général M qui n'a fini qu'avec leur vie ; fa Couleuvre étanc >f reftée froide & roide comme un bâton. » Un troiûéme remède dont on peut fe fervir, »» c'eft h pierre orientale 'f elle n'eft autre chofe qu'un »» morceau de corne de cerf qu'on fait calciner f» jufqu'd ce qu'il ait pris la couleur du charbon, » il s'attache de lui-même à la plaie & attire touc w le venin qui eft dedans, mais il en faut que!- » quefois plus de fix morceaux, & le plus fur eft M de mâcher du tabac en mème-tcmps. »» Lorfque l'en droit le permet, on applique fur fa » plaie quatre ventoufes sèches dont la premiète lîx Hijloire Naturelle « difpofe les chaifs-, !a féconde attire une liqueur ti jaune, la troiliéme une pa eiîle iiqueur teinte » de fung j Se h quatrién-iC le fang tout pur; après » quoi il ne refte plus de venin dans la plaie. »» Voici un cinquième remède dont on a éprouvé M l'effet : il conflue en une bonne quantité dVaur »> de-vie , dans laquelle on a délayé de la poudre à »» canon j & à la troifème dofe le venin perd toute >' fon acîtivitc » Hijl. lutur. de l'OTemqutp Tiad.fTomi' Ljouj iJfiS, wnt %^pag. 851 àf fuiy. des Serpens, 283 LE LONG- NEZ (aj. C'r.ST M. Weigfl, Natiinuiftc Allemand, oui a fait comioître cette efpèce d'An- guis , remarquable par i'aîongement de Ton mufeau. Ce prolongement eft très-fenfible , la lèvre de dcflous étant beaucoup moins avancée que la fupé- rieure , contre le bord inférieur de laquelle elle s'applique, & la bouche étant par-là un peu fituée au-dcfTous du mufeau. La longueur totale de l'in- dividu , décrit par M. Weigel , étoit à-peu-près d'un pied -, une pointe dure terminoit la queue -, la couleur du delFus du corps de cet Anguis étoit d'un noir plus ou moins tirant fur le vcrdâtre -, on voyoit une tache Jaune fur le bout du mufeau , 8c à Textré- ipité de la queue , fur laquelle on re- fa) Anguis Roftratus , I.anguafige , Schup- penfchlange, C. L. Weigal. MeVn. des Curieux de lé Kaiaie de Bai lin vol* 3 > /• i$o« 284 HiJIoire Naturelle marqiioit deux bandes obliques de h même couleur, qui étoit auffi celle du ventre, & s'étendoit même dans certaiizs endroits fur les côtés du corps. Ce Serpent avoit deux cent dix-huit rangs d^écailles fous le corps , & douze fous îa queue j. il avoit été apporté de- Su- rinam. • . ;j des Serpsns. 285 LA PLATURE (a). Ce Serpent a beaucoup de reffembknce avec la Qiicue-Lanccoléc, ii a , comme ce dernier Anguis , la queue compri- mée & aplatie par les cotés *, mais celle de la Queue - Lancéolée fc termine en pointe , au lieu que la queue de la PJature a {qy\ extrémité arrondie. M. Linné a fait connoître cette efpèce de Serpent , dont un individu faifoit partie de la colledion de M. Ziervogel, Apothicaire, à Copenhague, La tête de la Piature eft alongée ; mâchoires font fans dents -, cet An- guis a un pied & demi de longueur totale 5 & deux pouces depuis l'anus jufqu'à l'extrémité de la- queue -, le delTus de i^jn corps efl; noir , le def- fous blanc , & la queue variée de MdB (a) La Queue-plate» M. d'Juèeiuon, EiicydopédU méthodiqae. Anguis Piatttra. lÀm' am^Uk. S^^penti zi6 Hijîoire Naturelle blanc &: de noir -, les écailles , qui re- couvrent ce Serpent , font arrondies , ne Te recouvrent pas les unes les rau- tres , Se font fl petites qu'on He peut pas les coAnpter. des Serpens, 287 LE LOMBRIC (a). Un des caractères auquel on fait îe plus d'attention lorfqu'on examine le Lombric , c'eft la proportion générale de (o\\ corps, moins gros vers la tête qu'à l'extrémité oppofée, dételle forte, que fi on ne coniidéroit pas la poiition des écailles de ces Anguis , on feroit tenté de prendre le bout de fa queue pour fi tête , d'autant plus que cette der- nière partie n'ell pas plus grofîe que l'extrémité du corps à laquelle elle trenf , ôc que les yeux ne font que de petits (a) Anilios, dam l'I[le it Chyçjt^ Serpent d'Oreille , dam l'Inde* Le Lombric. A/. à'Aubtnton , Encyclopédie mi tk9drque. * Anguis Lumbricalii. L'mn- étnphïb. Serpent- Anguis Lumbricalis, 144. Laarenù , Spezimm Mcdicum, Gronov. muf, 2 , p. 52 , N.** %, Broivn. Jarn. 460, tab* 44, fi^, i, Amphisb»o| prima Subargentea. Séia , muf. i , tai' 86 , /^» *• 2 8 8 Hijlùire Naturelle points très-peu fenlibles, & recouverts par une membrane ainfî que ceux des amphifbènes. Le miifeau du Lombric eft: trcs-arrondi & percé de deux petits trous prcrqu'inviiibles , qui tiennent lieu de narines à l'animal -, mais il ne pré- fente d'ailleurs aucune ouverture pour la gueule. Ce n'efl qu'au - dcÏÏous du muieau , & à une petite diflance de cette extrémité qu'on apperçoit une petite bouche dont les lèvres n'ont que deux lignes de tour , dans le plus grind in- dividu des Lombrics conlervés au Ca- binet du Roi. La mâchoire inférieure, plus courte que celle de defTus , s'ap- plique il cxaéienient contre cette mâ- choire fupérieure , qu'il faut beaucoup d'attention pour reconnoîtrc la place de la bouche îorfquclîe eft fermée. Nous n'avons pu voir d^s dents dans aucun des Lombrics que nous avons examinés {a) , mais nous avons- rcmar- (a) Le Lombric éîoit regarde, h îa Jamaïque, comme venimeux : maisBrown dit qu'il n*a jama-'S pu conftater l'exiftence du Tenin de ce Reptile. Bijloin katmelk de, la Jamcl^rie, Lcnar, 1 756 ,/. 46c- que des Serpens. 28 c) que dans tous une petite langue ap- pliquée , & comme collée contre la mâchoire fupérreure. Le corps entrer du Lombric efl pref- que cylindrique, excepté à Tcndroft de ia tête qui efl un peu aplati par-defîus & par-dellous. Ce Serpent efl entière- ment recouvert de trcs - petites écailles tres-iinies & trcs-IuiCmtes , placées les unes au-deiTus des autres comme hs ardoiies fur les toits, toutes de même torme & de même grandeur , tant ur le ventre que fur la queue & fur le dos, & préfentant par - tout une couleur uniforme d\in blanc lÏYÏde de telle forte que le deiïous du corps n'eft diftingue du defTus , nf par la forme, ni par a po/ition , ni par la couleur des écailles. Le mufeau efl couvert par- de/Tus de trois écailles un peu plus grandes que celles du dos , & placées à coté lune de l'autre^ & trois écailles lemblables en revêtent le defTous au- devant de 1 ouverture de la bouche. Tanus eft htué très-près de Textrémité du corps dont il n'eft éloigné que d une ligne & demie dans un des individus que Serpens, Tom£ IV. N 250 Hijloin Naturelle îious avons décrits. Cette ouverture , faite en forme de fente très - étroite , n'avoit, dans cet individu, qu'une demi' ligne de longueur , & ne pouvoit être appercue que lor(qu'on plioit le corps de ranimai du côté oppofé à celui où étoit l'anus. La très - courte queue du Lombric eft terminée par une écaille pointue & dure-, la manière dont nous l'avons vue repliée dans plufieurs Anguis de cette efpèce , & la force avec laquelle elle étoit roidie , ainfi que le refte du corps , prouvent la facilité avec laquelle le Lombric peut fe tourner & fe plier en didérens lens. Nous ignorons jufquà quelle gran- deur les Lombrics peuvent parvenir. Le plus grand de ceux que nous avons vus 3 avoit huit pouces onze lignes^ de longueur , & deux lignes de diamètre dans l'endroit le plus gros du corps. Il avoit été apporté de l'ifle de Chypre fous le non d'Anilios , mais ce n'eft pas feulement dans cette Lie qu'il habite^, on le trouve r.uffi aux grandes Indes d'où on a envoyé au Cabinet du Roi un très-petit Serpent long de quatre pouces des Serpens. 2^2 «euf lignes , & n'ayant pas une Ifgne de diamètre , mais qui d'ailleurs eft en- ticrement femblaLIe au Lombric , & qui évidemment eft un jeune animal dt la même efpèce. H eft arrivé fous le nom de Serpent domlle i nous ne Gvons pas ce qui peut avoir donné lieu à cette dénomination. La conformation du Lombric, lé grande faaiité qu'il a de fe replier piutieurs fois fur lui-même ^ celle avec laquelle ï\ peut s'inllnuer dans les plus petites cavités , doivent donner à la manière de vivre beaucoup de ref- femblance avec celle de l'Orvet dont il ie rapproche à beaucoup d'éeards ainh qu'avec celles de plufieurs vers pro- prement dits que i'efpèce du Lombric lie , pour ainfi dire , à l'ordre des Ser- pens par de nouveaux rapports, & par- ticulièrement par la petitefle de Ton anus tinii que par la pofition de fa bouche. N 291 Hijioire Naturelle CINQUIÈME GENRE. SER PEN S Dont h corps & la queue font entourés d'anneaux écaille ux. 2si33snrs= :jiarssgiig.=j-c:-^>-'-- a.^- a-».«^-^- AMPHISBÈNES. L'ENFUMÉ (a). Il est très- facile de diftrnguer îes 'Amptiifoèncs de tous les Serpens dont nous avons déjà parlé. Non-feulement ils n'ont point de piaques fous le corps , faj Ibijara , par Us Brafiuens, BodtY' Ceoa, Cobre Vega, & Cobia de las CabecaSj far /s5 P»Ttu^ais* des Serpens. 193 ni fous la queue -, mais les écailles qui ies revêtent font prefque quarrées , plus ou moins régulières , clifpofées tranf^ verfalemcnt & réunies Tune à côté de Tautre de manière à former des aur neaux entiers, qui environnent rani- mai. Le deiîus & le defîous du corps & de la queue fe refîemblent fi fort dans les Amphifbènes , que , îorfque leur tête & leur anus font cachés , Von ne peut favoir s'ils lont dans leur po- (ition naturelle ou renverfés fur le dos. On pourroit même dire que , fans la polition de leur tête , & celle de leur colonne vertébrale , plus voi-. fine du delTus que du deffous du corps ; L'Enfumé- M. d^Juhtnton, Encyclopédie métho" d'iqut. Amphisbœna fuliginofa. Llnn- amphib' Serpent. Gronov. muf 2, p. i, Amphisbœna. Ray, quadrup. 289. Trafgobane. M. yalmont it Bomare, Séba, muf. I, tab. 88, ^g. 3; muf 2 y tab. I, fig. 7, tab. 18, ^«. 2, tab. 22, /?^'3, tab. 73, Amphisbœna vulgaris, 119. Amphisbœna varia, 120. Amphisbœna magnitica, 121. Amphisbœna flava, 122. Laureiiti j Spécimen Medicum. N iij 194 Hî/Iolre Naturelle iîs trouveroient un point d'appui aufR avantr.geux dans la portion fiipérieure de CCS anneaux , que dans Tinfé- rieure , 6c qu'ils pourroient également s'avancer en rampant fur leur dos & ilir leur ventre. Mais s'ils font privés de cette douBIe manière démarcher, par la fituation de leur tête , & par celle de leur colonne vertébrale , cette forme d'anneaux également conftruits au-deilus Se au-deiious de leur corps , leur donne une grande hc'ilité pour fe retourner , fe replier en difFérens fens comme les vers, 8c exécuter divers mouvemens in- terdits aux autres Serpens. Trouvant d'ailleurs dans ces anneaux , la mêm.e léiiftance, foit qu'ils avancent ou qu'ils reculent , ils peuvent ramper prefque avec une égaie vîteile en avant & en arrière 5 8c de -là vient le nom de Double Marcheurs ou a Amphijhèms qui leur a été donné. Ayant la queue très- gxo\{'c 8c terminée par un bout arrondi, portant (cuvent en arrière cette extré- mité grode & obtufe , & lui faifant fajre des mouvemens que la tête feule exécute commimément dans beaucoup des Serpens, 29 j d'autres Reptiles, il n'cft pas furprenant que leur manière de fe mouvoir ait donné lieu à une erreur femblable à celle que les Anguis ont fait naître. On a cru qu'ils avoient deux têtes non pas placées à coté Tune de l'autre , comme dans certains Serpens monftrueux , mais la première à une extrémité du corps , & la féconde à Tautre. On ne s'eft pns même contenté d'admettre cette conformation extraor- dinaire*, on a imaginé des fables ablurdes que nous n'avons pas befoin de réfuter. On a cru & écrit très-férieufement que îorfqu'on coupe un Amphifbène en deux par le milieu du corps , les deux têtes fe cherchent mutuellement ^ que lorfqu'elles fe font rencontrées, elles fe rejoignent par les extrémités qui ont été coupées , le fang fervant de glu pour les réunir, que fi on les coupe en trois morceaux , chaque tête cherche le côté qui lui appartient , & que lo ri qu'elle s'/ eft attichée , le Serpent fe trouve dans le même état qu'avant d'avoir été divifé -, que le moyen de tuer un Am- phifbène, eft de couper les deux tête* Z$6 Bijloire Naturelle avec une petite partie du corps , & de îes fiifpendre à ua arhre avec un cor- deau ;^ que même cette manière n'elè pas très-fûre ; que lorfque les oifeaux de proie ne les mangent point, & que le cordeau fe pourrit , l^AmphifLène, deileché par le foleiî , tombe à terre -, qu'à k première pluie qui furvient, il renaît par le fecours de ^humidité gui ie pénètre; que, par une fuite de cette propriété , ce Serpent réduit en poudre eft le meilleur fpécifique pour réunir ^ & fouder les os caffés [a) , &c. CoiTiLien d'idées ridicules ie défaut de lumières & le befoin du merveilleux n'ont-ils pas fait adopter î L'efpèce de ces Amphifbènes îa plus anciennement connue , efl celle de TEn- iumé. Le nom de ce Serpent lui vient de fa couleur qui eft en efîet très-foncée, prefque noire , & variée de blanc. II parvient communément à la longueur d'un pied ou deux, mais fa queue n'ex- cède prefque jamais celle de douze ou (a) Voyez l'Hiftoire naturelle de POrenoque, traduction françoife^Lyon, 1758, tome 3, p. 86.; des Serpens, 7.^1 quinze lignes {a). Ses yeux font non- feulemcnt très-petits , mais encore re- couverts ^ & comme voilés par une mem- brane*, c'eft cette conformation fîngu- lière qui lui a fait donner , ainfi qu aux Anguis , le nom de Serpent aveugle , & qui étshlit un nouveau rapport entre ce Reptiie & ies Murènes , les congres , & ies anguilîes qui d'ailleurs reffemblent à beaucoup d'égards aux Serpens , & que i on a quelquefois même appelles Serpens d'eau. L'Enfumé habite les Indes orientales; particulièrement illle de Ceyîan. On le rencontre auiïï en Amérique -, on ignore une grande partie de Tes habitudes, mais Ton fait qu'il fe nourrit de vers de terre, de mollafîes, de diverfes infedes, de cloportes , de fcolopendres , &c. Il fait auiïï la guerre aux fourmis dont il paroît qu'il aime beaucoup à fe nourrir j bien loin de chercher à détruire ou diminuer fon efpèce , on devroit donc (a) On compte ordinairement deux cens an- neaux fur le corps de l'Enfumé , & trente fur fa queue. 298 JJiJloke NatureUe tâcher de la multiplier dans Içs contrées- torrides fi fouvent dévaftées par des légions innombrables de fourmis ^ qui s'avançant en colonnes preflées , & cou- vrant un grand efpace , laillent par-tout des traces funeftes que Ton prendroit pour celles de la flamme dévorante* L'Enfumé fait aifément fa proie de ces fourmis ainfi que des vers , des larves d'infedes , & de tous les petits animaux qui fe cachent fous terre , la faculté qu'il a de reculer ou d'avancer fans fe bleiîer lui donnant, ainfi que fa con- formation générale , une très -grande facilité pour pénétrer dans les retraites fouterraines des vers , des fourmis , & des iafedes. Il peut d'ailleurs fouiller la terre plus profondément que plu* lieurs autres Serpens , fa peau étant très-dure, 5c fes mufcles très-vigoureux. Quelques Voyageurs ont écrit qu'il étoit venimeux-, nous avons trouvé cepen- dant que fcs mâchoires n'étoient gar- nies d'aucun crochet mobile. On voit au-delfus de fon anus huit petits tu- bercules percés à leur extrémité , èc âip communiquent avec autant de ge- des Serpens, 299 tites glandes , ce qui lui donne un nouveau rapport avec le Bipcde Can- nelé [a) , ainfi qu'avec plulicurs efpèccs de lézards [h). (a) Voyez l'article du Bipède Cannelé, à la fuite dei'hiltoire naturelle des Quadrupèdes ovipares- (b) L'Enfumé a le deflus de la téce garni de fix- grandes écailles placée* fur trois rangs. W'y|' 300 Hijloire Naturelle LE BLANCHET (a). Cet Amphîsbène difîère principalement de celui que nous venons de décrire par îe nombre de Tes anneaux, &: par fa couleur -, il eft bfanc , & fouvent fans aucune tache ; le defTus de fa tête efi; cou- vert 5 ainli que celle de l'Enfumé , par fix grandes écailles difpofées fur trois rangs , dont chacun eft compofé de deux pièces. On compte communé- ment deux cent vingt - trois anneaux autour de Ton corps ^ & feize autour de fa queue. On voit au-defîus de l'ouver- ture de Tanus, huit tubercules ienibiables à ceux que prefente TEnfùmé -5 mais moins élevés & moins grands. Un Blan- chet confervé au Cabinet du Roi, a un pied cinq pouces neuf lignes de longueur totale , & îa queue n'eft longue que d'un pouce iix lignes. Nous n'avons pas vu de crochets mobiles dans les Blanchets que nous avons examinés. ^ m I ■ ■ — ■■ I ■■■■■■ ■ I ■■■ ■■ . ■ .1 ■ Il I 1 ■■■! I lia w i n ■ ii— — — ^^1^ (û) LeBlanchet- M. d* Aubenton ^ Encydop.méthoâ. Amphisb. Alba* Liniu amphih' Strpent. Maj. Ad.fr. '.» - «6 , is.b. a , fi§' 2* Amphbb* Alba- ii8 Laurenti, S^ecimea McdUufih Siia, muf, 2 , tabtt\ z^, fig' u des Serpens, 301 SIXIÈME GENRE. SERPENS Dont les cotés du corps préfentent une rangée longitudinale de plis. C (E C î L E S. L' I B I A R E (a). La formf. de ce Serpent eft cylindrique; un individu de cette efpèce, décrit par (a) L'ibiare- M, d'Aubenton , Encyclopédie mé^ thodique» Cœcilia Tentacuîata. Linn- amphib- Serp. id'. yrmanit- i , p. 489, tab- 17 , jîg. 1, Muf. Ad, 'fr- I , j7. 19 , hib. 5 > fl^. 2* OroMvius^ muf 2^ p. 52, iV." !• Cœcilia Teniaculata. 116, Laurenti, Spuiaitfi M&diçum% "5oa Hijîairc NatureÏÏe M. Linné , avoit un pied de longueur; & étoit épais d'un pouce. Ulbiare paroît nêtre couvert d'aucune écaille-, on re- marque cependant fur Ton dos , de petits points un peu Taillants dont la nature pourroit approcher de celle des écailles. Le mufeau eft un peu arrondi-, la mâ- choire fupérieure plus avancée que l'in- férieure y eft garnie auprès des narines de deux petits barbillons ou tentacules^ très-courts , & à peine fenfibles , ce qui donne à l'Ibiare un rapport de plus avec plufieurs efpèces de poiffons. Ses yeux font très-petits, & recouverts par une membrane , comme ceux de quelques autres Serpens , & de plufieurs poiflons de mxer ou d'eûu douce. Sa peau eft plif- fée de chaque côté du corps , & y forme communément cent trente-cinq rides ou plis aifez fenfibles. Sa queue eft très- courte-, ellepréfente des rides annuUaires comme le corps des vers de terre ap- pelles Lombrics. On le trouve en Amé- rique. Il eft à defirer que les Voyageur^, ôbfervent fes habitudes naturelles» ■'v'< des Serpens, 305 «pn^HpaHHaHMBMMHCMIlMMlMHMaannBMHnilV* I < I 11 I ■ I ■ I I ■ » I ■ I I I I LE VISQUEUX (a). Cette espèce de Cœcile habite les Indes ; elle a les yeux encore plus petits que ribiare, & Tes cotés préfentent un plus grand nombre de plis. On en compte trois cent quarante le long du corps , & dix le long de la queue. Sa couleur eft brune , avec une petite raie blanchâtre fur les côtés. (a). Le Vifqueux. M. d'Aubenton , Encyclopédie méthodique. Cœcil. Gîvitinofa Linn- amphib- Serp. Muf Ad. fr. 1 , p. ig , tal. ^ , fig. i . * Cœcilia Glutinola. 117, Lauwitiy Svccimên Ma* dicum. 304 HiJJoire Naturelle SEPTIÈME GENRE. SERPENS Vont le deJjGiis du corps préfente de grandes plaques , fur le/quelles on voit enjuite des anneaux écailleux ^ & dont r extrémité de la queue ejî garnie par- dejjàus de très- petite s écailles. -B??SE^a2S^£3<£^^BS!^aaS££Xe^S£3'<£ L A N G A H A. LANGAHA DE MADAGASCAR (a): M, Brugnière, de îa Société Royale de Montpellier , a- publié le premier la (a) Extrait d'une Lettre de M BrugnièreàM. Brouf-' foimet de l'Académie des Sciences , 6* piièliée dsns Is Journal d& Pl^yfi^uc^ Février 1784. des Serpcns. 305 defcriptron de ce Serpent qu'il a obrervé dans rille de Madagaicar. Cette efpèce réunit trois caradcres remarquables , Tun , des Couleuvres , le fécond , des Amphifbcnes , & le troiiième , des An- guis-, elle a, comme les Anguis , une putie du dellous de la queue recou- verte de petites écailles ^ des anneaux éciilleux comme les Amphilbcnes , & de grandes plaques fous le corps comme les Couleuvres -, elîe appartient dès-lors à un genre trcs-diflincl: & très-facile à reconnoitre , auquel nous avons con- fervéle nom de Langaha qu'on lui donne à Madagafcar. L'individu de l'efpèce du Lmgaha de Madagafcar , décrit par M. Brugnière , avoît deux pieds huit pouces de lon- gueur totale , & fept lignes de diamètre dans la partie la plus grolfe de [on corps. Le defîus de fa tête étoit cou- vert de fept grandes écdilles , placées fur deux rangs -, la rangée la plus voi- Ime du muleau préfentoit trois pièces^ & l'autre rangée en préfentoit quatre. Sa mâchoire fupérieure étoit terminée pir une appendiceiongue deneuflignes. 50^ Hijloirc Naturelle tendineufe , flexible , très - pointue Se revêtue de trcs-petites écailles , ce qui îui donnoit un nouveau rapport avec la Couleuvre Naiique. Elle avoit , fuivant M. Brugnicre , des dents de même forme Se en même nombre que celles de la Vipère. Les écailles , qui revê- toient le dos , étoient rhomboïdales , rougeâtres, Se Ton voyoit à leur bafe, un petit cercle gris avec un point jaune. On comptoit fur la partie inférieure du corps , cent quatre-vingt qu:itre gr ■ !■■'■' '■ .«,—-.. ... . . . .1 ■ ■ I I I .1, ^ , , ACROCHORDES. L' ACROCHORDE DE JAVA {a). IVl, HoRNSTEDT a obfei'vé & décrit ce Serpent qu'il a cru devoir placer dans un genre particulier , & que nous fépa- (a) Mémoires de l'académie des Sciences de Stockolm , en. 1787 , p. 306 ,• ô* Journal de Phyfique, an- 1788^ j). 2S4. La peau de l'Acrochorde de Java, décric par M.Hornitedt, a été dépofée dans le Cabinet d'Hii- toire naturelle du Roi de Suèdç^. des Serpens, 309 rerons , avec lui , dçs genres dont nous ve- nonsdeparIer,jurquice que de nouvelles obiervations aient fixé ia véritable place que ce Reptile doit occuper. Le corps & la queue de ce Serpent font garnis de verrues ou tubercules relevés par trois arêtes, 5c qui devant reiîembier beau- coup à de petites écailles , rapprochent i'Acrochorde de Java , du genre des An- guis , & particulièrement de la Plature dont les écailles font très-petites & très- difficiles à compter. Mais TAcrochorde de Java eft beaucoup plus grand que îa plupart des Anguis -/l'individu décrit par M. Horndedt avoit à-peu-près huit pieds trois pouces de longueur totale j fa queue étoit longue de onze pouces, & fon plus grand diamètre excédoit trois pouces. Il étoit femelle -, & Ton trouva dans fon ventre cinq petits tout formés , & longs de neuf pouces. L'Acrochor.de de Java a îe defîus du corps noir ,. le delfous blanchâtre, les cotés blanchâtres tachetés de noir -, Çqs couleurs ont donc beancoup de rapports avec celles de la Plature. Sa tête eft aplatie & couverte de petites «cailles 3 louverturc 5 î o Hijloire Naturelle de fa gueule eft petite -, il n a point de crochets à venin -, mais un double rang g« dents garnit chaque mâchoire', l^endroit îe plus gros du corps eft auprès de l'anus dont roHverture eft étroite. Il a la queue très-menue -, celle de l'individu , décrit par M. Hornftedt , n'avoit que ûx lignes de diamètre à Ton origine. ^ ^ Ceft dans une vafte forêt de poivriers, près deSangafan, dansHlle de Java, que cet individu fut trouvé. Des Chinois que M Hornftedt avoit avec lui , mangèrent îa chair de ce Reptile , & h trouvèrent excellente. des S erpens. 3 i i DES SERPENS MONSTRUEUX. Nous VENONS de préfenter îadefcriptron des diverfes efpèces de Serpens , que îes iS^aturdiftes ou [es Voyageurs ont fait connoître \ de mettre , fous les yeux , les traits de leur conformation extérieure arnli que les principaux points de leur organifâtron interne-, de donner, pour ainli dire, du mourement & de la vie à ces repréfentations inanimées, en in- diquant les grands réfultats de Torgani- fation & de la forme de ces Reptiles-, de comparer avec foin leurs propriétés & leurs formes.; de raiïembler les attri- buts communs à toutes les efpèces com- prifes dans chaque genre -, & d'en for- mer les caractères diftindifs de chacun de .CCS groupes. Nous élevant enfuite à une conhdération plus étendue , nous ayons eflayé de réunir toutes les' quali- té?, toutes les facultés , toutes les habf-. 3!2 Hidoirc Natiirclh tildes, toutes les formes qui nous ont pnra appartenir à tous les genres de Serpens, & d'en compofer le tableau général de Tordre entier de ces animaux, que nous avons placé au commencement de notre examen détaillé de leurs efpèces parti- culières. Nous avons recherché dans ces formes , dans ces habitudes, dans ces propriétés, celles qui font confiantes , & celles qui font variables. Parcourant , à Taide de l'imagination , les divers points du globe, pour Y reconnoitre les dnierentes ei- pèces de Serpens , nous n'avons jamais ceiTé , lorfque nous avons retrouvé îa même efpcce fous différens climats, de marquer, autant qu'il a été en nous, rinflueuce de la température & des ac- cidens de l'atmofphère , fur fa confor- mation ou fur fes mœurs. Nous avons toujours' voulu diftinguer les facultés permanentes qui appartiennent vérita- blement à l'efpèce , d'avec les propriétés paiîligères &: relatives produites par l'âge, par les circondantesdes lieux ou par celles des temps. Il ne nous refte plus , pour donner de Tordre des Serpens, jr j de l'ordre des Serpens , Vïàzo. la plus éten- due & la plus exadèe qu'il fort en notre pouvoir de faire naître, qu'à mettre u?v moment , fous les yeux , les grandes varié- tés auxquelles les individus peuvent être fournis, les écarts apparens dont ils peu- vent être l'exemple , les di\^erfes monf-, truolités qu'ils peuvent préfenter. * Quelqu'ifolés que paroilîentces objets ,' quelque palfagers , quelqu'éloignés qu'ils foient des objets ordinaires de l'étude du Naturalifte qui ne recherche que les chofes conftantes , ne conlidère que les efpèces, & compte pour rien les indivi- dus, ils répandront une nouvelle lumière fur l'enfembie des faits permanens & généraux que nous venons de confidérer. Au premier coup-d'œil , une monl- truolité paroît une exception aux loix de la nature*, ce n'eft cependant qu\me exception aux effets qu'elles produifent ordinairement. Ces loix , toujours im- muables comme l'efîence des chofes dont elles dérivent, ne varient ni pour les tems , ni pour les lieux-, mais ^ fuivant les circonftances dans lefqueli'js elles agirent , leurs réfultats font accrus o« Serpens^ Tohk IV*^ O 3 1 4 "Hijîoire Naturelle diminués -, leurs diverfes aélions fe com-^ binent ou fe défunilîent. Lorique ces allions fe joignent Tune à Tautre , les produits qui avoient toujours été féparés fe trouvent réunis , & voilà comment fe forment les monftres par excès. Lorfqu'aii contraire les diflérens efîets de ces ioix confliantes fe féparent , pour ainfi dire, & ne s'exécutent plus dans le même fujet, les réfultats ordinaires des forces de la nature font diminués ou difparoif- fent , & voilà Torigine des monftres par défaut. Les monftres font donc des efi^efs d'une compofition ou d'une décompofi- tion opérées par la nature , d\ns fes propres forces , 8c qui , bien fupérieures à tout ce que fart pourroit tenter, peu- vent nous dévoiler , pour ainfi dire , le fecrct de ces forces puiilantes & mer- veiileufes , en les montrant fous de nou- veaux points de vue*, de même que, par la fynthcfe ou fanalyfe , nous décou- vrons 5 dans les corps que nous examî^ rjons , de nouvelles faces ou de nou- velles propriétés. L'étude des monftruofités , fiu'-tout dç d'CS Scrpens, 515 celles qui font ies plus frappantes <1' îes plus extrciordinaires, peut donc nous conduire quelquefois à des vérités importantes , en nous montrant de nouvelles appli- cations des forces de 1 1 nature , 8c par conféquent en nous jdécouvrant une plus grande étendue de fes loix. Lorfque , en comparant la durée de ces réfultats extraordinaires avec celle des réfultats les plus communs, on cher- chera combien la réunion ou le défaut de pluiieurs caufes particulières influe 5 non- feulement (ur la grandeur des effets, mais encore fur la longueur de leur exiflence , on trouvera prefque toujours que les monftres fubilfteut pendant un. temps moins long que les êtres ordi- naires avec lefquels ils ont le plus de rapports , parce que les circonftances qui occafionnent la réunion ou la répa- ration des diverfes forces dont réfultc la monfliruoTité , n'agiilent prefque jamais également & en même proportion dans tous les points de Tétre monflrueux qu'elles produifent •, & dès-lors fcs dif- férens reiîorts n'ayant plus cntr'eux des Iipports convenables , comment leur Oij 3 ï ^ HiJJoire Naturelle jeu poiirroit-ii durer aiiili long-temps ? Rien ne pouvant garantir les Serpens de rinfluence plus ou moins grande de toutes les caufes qui modifient Texiftcnce des êtres vivans, leurs diverles elpèces doi- vent préfenter & prélentent, en eliet, comme celles des autres ordres , nonr feulement des variétés de couleur, conf- tantes ou pailagères , produites par la température , les accidens de Tatmof- phère ou d'autres circon fiances particu- lières , mais encore des monfcruoiités occafionnéespar ce qu'ils éprouvent , loit avant d'être renfermés dans leur œuf, 3c pendant qu'ils ne font encore que d'informes embryons , foit pendant qu ils font enveloppés dans ce même œuf ou après qu'ils en font éclos , & lorfqu'étant encore très-jeunes, leur organiHition efl plus tendre & plus fulceptible d'être altérée. Mais , comme ils nout ni bras ni jambes, ils ne peuvent être , à l'extérieur, monilrueux par excès ou par défaut que dans leur tête ou dans leur queue •,& voiU pourquoi , tout égal d'ailleurs , on doit moins trouver de Serpens monftrueux que de quadrupèdes , d oifeaux, de poiiîi (pus, 6cc, des Serpens, 3 î 7 fl nTiîve cependant afîez ioiivent que, lorfqiie les Serpens ont eu leur queue partagée en long pj & par conféquent deux poumons, lekn.'.-ls » étoient toutà-fait leparés l'un de l'autre , {e »> poumon droit paroilVoit évidemment plus gros »> que le gauche; la figure en étoit femblable à » celle des poumons des Vipères & des autres ?) Serpens; c'étoit une efpéce de fac mem- >» braneux fort long, dont la furface intérieure »> étoit femée de petites éminences répandues fans »» ordre; il étoit manifeftement compofé de deux >» différentes fubftances, & tout-à-fait f-mblabie >» au poumon du Serpent décrit par Gérard M Blafius. jj II fe trouva deux cœurs enveloppés chacun »j de leur péricarde, & ayant chacun leurs vaif- »» féaux fanguins; ces deux cœurs djfféroient en >» cela feul que le droit étoit plus gros que le » gauche- ») Il y avoit deux œfophages & deux eftomacs ») affez longs, comme dans lous les Serpens. Ces j> eftomacs s'uniflbient dans un feul intcfîin qui j> leur ttoit commun ; \\ l'endroit de leur réunion »> l'on appercevoit far lafurface interne de chacun, 5J un petit amas circulaire de glandes ou mamelons Qvi • J14 tJijloire Naturelle éprouva les effets de îa morfure ûc ce E-eptiie, fur divers animaux qui n'en 9') très petits , aigus & rougeâtres, fembîabîes à 3» ceux qui , dans les volatiles , tapiflent le >■) dedans de h partie inférieure de l'oelopha^e... ... sf Une liie de mamelons lemblables , mais beau- w coup plus peiirs 6i qu'on ne pouvoit diftinguer. 9> qu'à i'aide du microicope, régnoieiu fur toute ■•» la longueur du ca^al qui compofoit les deux t^ œ!uphHge& & les deux eftomacs. >» L'inttfiin , après fes circonvolutions ordi- 0> naires . a'.loit s'ouvrir dans ie cloaque de l'acus. »> Les eftomacs étoient totalement vuides ; ii y w avoit feulement , dans le canal des inteftins ,. »j quelques petits reftes d'excrCmens & un peu <>» de matière muqueufe^ dans laquelle étoierr «?» engagés âc , pour ainfi dire , embourbés un grand 99 nombre de vers très-petits , les uns d'un beau- *» blanc, les autres rougeàtres & tous pleins de 9-> vie. J'avois cependant gardé ce Serpent en- ^ fermé pendant trois femaines dans un vaiffeau- »■> de verre, où il ne voulut prendre aucune force pj de nourriture, comme c'eft îa cautume de •« pluiieurs- Serpens. Celui-ci avoit deux foies ,, 9i ôc dans le droit, qui étoit plus grand que ie ?» gauche , il fe trouva cinq petites véliculea »» rondes & diftendues, dont chacune renfermoit &> un ver de même efpëce que ceux *^ui étoient pp dans la cavité des inteftins. M Chacun desdeux foiesavoitfaveineproprequi p» régnoit fur toute fa longueur , & comme il y avuit jt -deux ibJGS; il)' avoit auili deux véiicul^ du ikl ,•3 des Serpèns, 5^5 îc^entirent aucun effet flicheux. Ce Serpent ne vécut que jusqu'au com- " Ces vélïculesn'dtoienc point intixées ou incruitées ri danslefoie, au contraire, elles en étoient féparées yi & même un peu Qloignées, comme c'eft l'ordi- >j naire dans les Vipères & dans les autres Sepens- >» Dans le Serpent à deux têtes que je décris , ît la vélicule du fiel étoit beaucoup plus grande 7» dans ie foie droit que dans le gauche : elle il communiquoit par un petit conduit au lobe M droit du fsie. Le canal cylîique fortuit du mi- >> lieu de cette véficule ou à-peu-près, & alloip >' verfer la bile dans les inteftins- Du bord dw )' foie droit nailToit un autre petit conduit biliaire M qu'on nomme hépatique; il étoit ifolé, & fans »■• s'approcher de la véficule, il alloit déboucher »' dans les inteftins à quelque diltance du canal ?' cyftique. Ce fécond conduit bi'iaire ou conduit '» hépatique manquait au foie gauche, du moins î» je ne pus l'y apercevoir. Ce foie avoit feule- ?» ment une vélicule du lie! d^où partoit un canal M cyftique qui aboutifibit dans l'inteftin &: y avoit î> fon infertion féparément des deux autres coh- M duits : l'embouchure de ce'ui-ci étoit marquée ^1 dans la cavité intérieure de l'inteftin par un ma- '> melon fort gonflé. M Tous les jnâles de l'efpèce des Serpens £: de? ■>i léaards ont deux verge? & deux teuicules ^ iJ: »» fembloit donc que ce Serpent qui avoit deux r> têtes, & dont les vilcères étoient doubles, die ..y> avoir quatre verges -«S: qu. tre teliicules; ce- jj pendant il n'avoit que deux tefilculcs &. dek\s 3 25 l'ordinaire, un peu alungés ; ils avoient tous ?> îeurs appendices & fe trouvoient placés comme ?> ils ont coutume d'être , non pas à côté l'un »? de l'autre, mais l'un un peu plus haut, c'eft-à- ?> dire, plus près de la tête que l'autre. Les ii deux verges , conformées à l'ordinaire, avoient » leur pofition accoutumée dans la queue ; elles î> étoient hériffées de pointes à leur extrémité, ») comme elles le font dans les Vipères & dans les ?> autres Serpens qui fe traînent fur le ventre. »> En preffant les deux verges de ce Serpent à 9i deux têtes, j'en fis fortir la liqueur féminale »> ordinaire, dont l'odeur eft forte & défagréable. j» J'ai eu occafion d'obferver deux Serpens à fi deux queues, & je ne leur ai trouvé non plus j» que deux verges, & non pas quatre , de même » qu'aux lézards verts & aux lézards à deux » queues. a Les deux cerveaux contenus dans les deux » têtes étoient femblables entr'eux, tant pour le » volume que pour la conformation. Les deux » moelles épiniéres , après avoir traverfé ref- ») peétivement les vertèbres des deux cous , fe »> réuniflbient à la naifTance du dos en un feul »» tronc qui régnoit jufqu'à l'extrémité de ia «j queue* » des Serpens, 327 ADDITIONS A L'HISTOIRE NATURELLE DES QUADRUPÈDES OVIPARES. Nous CROYONS devoir placer ici les articles fuivans, relatifs à quelques ef- pcces de Quadrupèdes ovipares, dont les ijidividus ou les defcriptions ne nous étoient pas parvenus lorlque nous avons pu'blié le volume qui précède celui-ci, ou fur lefquelles nou§ attendions dcf détails plus étendus. 5 2 Hijloire Naturelle mr .,: . . - . — .1 . ~- .. » » i m VARIÉTÉ DE LA TORTUE GRECQUE, M« Arthaud, Secrétaire-perpétuel du cercle des Philadelphes , a bien voulu ni'envoyer de Saint - Domingue une grande Tortue terrefire , entièrement ieniblahle à celle que j'ai décrite fous le nom de Tortue grecque , à l'excep- tion des écailles qui garniiîoicnt fa tête ,. fes jambes & fa queue , & dont le plus grand nombre ^étoit d'un rouge aiîcz Vit- des Serpcns, 3^9 LA TORTUE A BOITE (a). M. Bloc H a fait connoître cette elpèce de Tortne au fujct de laquelle nous avons reçu des renfeignemens de M. Camper {b). Elle habite l'Amérrque feptentrionale-, elle eft longue de quatre pouces trois lignes , 6c large de trois pouces. Le diique de fa carap.ice elt g.vrni de quatorze pièces ou écciilles , placées fur trois rangs longitudinaux-, la rangée du milieu préfente lîx pièces, & chacune des deux autres rangées en préfente quatre. Les bords de la cara- pace font revêtus de vingt-cinq pièces. La carapace eft très-bombée , ainh que nous Tavons vue dans la plupart des Tortues de terre -, elle eft auffi échan- crée par-devant, pour donner plus de liberté aux mouvemens de la te te de {aj Méffmrci des Curkux de la Nature de Berlin yr tom- 1 , pan- i , art- 3 , p- i 3 1 ' ^ 7^6- . (h)Uwt iz M- Camper^ Membre des Etcts-Gene- Taux, /jpjcié étranger de l' Académie des Sciences de Pans , à M. le Comte de h Cep. de , 6* daùt d» Leaiwardeti en Frife, /e 30 Ockbie 1707. 3 50 Hif.oin Naturelle ranimai, & par-derrièi-e , en deux en- droits , pour faciliter ia fortie & le mou- vement des jambes. Le plaftron n'offre aucune échan- crure, mais fa partie antérieure & fa partie podérieure forment comme deux battans qui jouent fur une efpèce de charnière cartilagineufe , couverte dune peau très-élaflique , & placée à l'endroit où le plaflron fe réunit à la carapace. La Tortue peut ouvrir à volonté ces deux battans ou les fermer, en les appli- quant contre les bords de la carapace, de manière à être alors renfermée comme dans une boîte, & d^-l^ vient. le nom de Tortue à boîte ^ qui lui a été donné par M. Bloch. Le battint de devant efl plus petit que celui de derrrère. M. Bloch n'a point vu Tanimal-, la couleur de la ca- rapace efl brune & jaune, celle duplaf- tron d'un jaune pâle, tacheté de noi- râtre. Ces couleurs, ainli que la forme de la Tortue à buîte, lui donnent beau- coup de rapports avec celle que nous avons nom'iiéc la Bombée , & dont le pLiilron efl auffi fans échancrure, comme celui de la Tortue à boîte. des Serpcns. 5 5 î 41m m^ti ^tm^xkiMJu rsans^ ADDITION A L'ARTICLE DU LÉZARD GRLS. M, DE SeFT-FoNT AINES, qUC HOllS avons déjà cité pluficurs fois , & qui ne celle de concourir à l'avancement de THiftoire naturelle , nous a commu- niqué l'obfervation fuivante , relative- iP^nt à la reprodudion des lézards gris. Le dix-fept Juillet 1783,1! partagea im de ces animuix avec un inftrument de fer -, c'étoit une femelle , & à l'uiftant ii fortit de Ton corps fept jeunes lézards, lonfts deDuis onze jufqu à treize lignes , entièrem^ent formés , & qui coururent avec autant d'agilité que les kzarcs adulte^. La portée étoit de douze-, mnis cinq petits lézards avoient été bielles par rinftrument de fer, & ne donnèrent que de légers frgnes de vie. ; M. de Sept -Fontaines avoit bien voulu joindre à fa lettre un lézard de refpcce de la femèle fur laquelle il avoit 3 3 i Hljf&ire Naturelle hit Ton obiervation , & cet individu îi<^ différoît en rien des lézards gris que sous avons décrits. On peut donc croire qu'il en eft des lézards gris comme des Salamandres ter- reftres; que quelquefois les femèles pon» dent leurs œufs , Se les dépofent dans des endroits abrités^ ainiique Tont écrit plu- fleurs Naturalises , & que d^iutres {ois ies petits écloknt dans le Yeiitre de h des Serpens. 3 3 j m:iJsiii:*^^ai^"ML:-i\-^i3LuaaLSi>t^ LE LÉZARD CORNU. V>>E LÉZARD , qui fe trouve à Saint- Domf ligue, a les plus grands rapports avec l'iguane; il lui refîcmble par la grandeur^ par les proportions du corps, des pattes & de la queue , par la forme des_ écailles, par celle des grandes pièces écailleufes , qui forment fur Ton dos & fur la partie fupérieure de fa queue , une crête icmblable à celle de Tlguane! Sa tête efc conformée comme celle de ce dernier Lézard -, elle montre également fur les cotés des tubercules très-gros , très-fiillants, & finiilant en pointe {a)\ Les dents ont leurs bords dWiÇés en plufieurs petites pointes, comme cdlç^ des Iguanes un peu gros. Mais le Lézard Cornu diflcre de ilguane , en ce qu'il n'a pas fous îa gorge une grande poche garnie d'une membrane , & d une forte (a) J'ai vu deux Lézards cornus; l'un de ces deux individus n'avoit pas de gros cubeicules iuc Ui côiés de k lêce, J34 ï^ijloire Naturelle de crête écailleiife. D'ailleurs la partie fiipérieiire de fa tête prclente , entre les narines & les yeux, quatre tubercules de nature écailleufe , aiîcz gros & placés au-devant dune corne ofTeufe, conique, & revêtue d\ine écaille d'une feule pièce {a). L'Amateur diftinguéqui a bien voulu nous donner un Lézard de cette efpèce ou variété , nous a aiiuré qu'on îa trouvoit en très - grand nombre à Saint-Domingue. Nous avons nommé ce Lézard le Cornu, jufquà ce que de nouvelles obfervations aient prouvé qu'il forme une efpèce diilindle , ou qu il » eft qu'une variété de l'Iguane. M. l'Abbé Bonnaterre, qui nous a le premier in- diqué ce Lézard , fe propofe d'en pu- blier la figure & la defcriptîon dans l'Encyclopédie méthodique {b). (a) L'un des deux Lézards cornus que j'ai exa^ minés & qui font maintenant parue de la coiîedion du Roi, :U'.uis pieds fept pouces de longueur tota'e, & fa corne eft haute de lîx lignes- (b) Si ie Lézard cornu forme une efpèce dif. dncfte, il faudra le placer dans la troifième divi- sion du genre d^^s lézards, à ia luite de l'Iguane. des St rpens. 3 3 j LA TETE -ROUGE (a). Cette espèce de îézard fe trouve d.ins i'Ifle de Saint - Chriilophe , & c'eft M. B.idier qui a bien voulu . nous en communiquer h dc/cription ; la Tete- Rouge a cinq doigts à chique pied. Se le defîous du ventre g.u'ni de dcnv- anneaux écailleux , & par conféquent elle dcit être comprife dans la troihcme divinon du genre dts lézards {b). Elle efl d un vert très- foncé & mêlé de brun -, les côtés & une partie du de/lus de la tête font rouges, ainfi que les côtés du cou-, la gorge eft blanche-, la poitrine noire-, îe dos préfente pluiieurs raies noires tranlverfales & ondées ; fur les côtés du (a) Pilori^ Té te- rouge- Anolis de terre. Ce nom d'Anofis a été donné en Amérique, à plufieurs Lézards, ainlî que nous l^avons vu dans l'Hiaoire naturelle des Ouadru^ pèdes ovipares. ^ (bj Voyez notre Table méthodique des Oua^ arupedes ovrparçs» ^ 5 5 6 Hipire Naturelle corps s'étend nue bande longltadhiale compofée depluiieiirs lignes noires tranl- verfales. Le ventre eft coloré par bandeâ îongltudinales en noir, en bleu & eu blanchâtre. . , Le deiîus de la tête eft couvert d écailles plus prandes que celles qui garniilent le dos-, on voit, fous les cuiiîes, une rangée de petits tubercules comme fur ie lézard gris , & plufieurs autres lézards. ^ Uindividu , décrit par M. Badier avoit un pouce de diamètre dansl^endroitleplus gros du corps , & unpiedun pouce onze lignes de longueur totale-, la queue etoit entourée d'anneaux écailleux , & longue de fept pouces huit lignes -, les jambes d- derrière mefurées jufqu au premier article des doigts , avoicnt deux pouces une ligne de longueur. Suivant M. Badier , la Tete-Rouge parvient à une grandeur trois ^o^s plus ^pnfidérable -, elle le nourrit d'micdtes. 3JM ^^. LE LEZARD dis Serpens, j 1 7 LE LÉZARD QUETZ-PALÉO. T J. Et EST LE NOM que porte au Bré/îl cette elpcce de Lézard , dont M. l'Abbé Nolhn Dired.nir des Pépinières du ivoi, a bien voulu m'envoyer un indi- vidu. Ce Quadrupède ovipare eft repré- lente dans Séba(vo/. t.planc/iegjjj .) ■ ■ & M Laurent en a (/t mentifn fcis le' nom de CordyU du BréfiUpag. sz)i nuis nous n avons pas voulu en parler avant den avoir vu un individu, & d'avoir pu déterminer nous-mêmes s'il formoit une efpece ou une variété diftinde du Cordyle , avec lequel il a beaucoup de rapports, particulièrement par la con formation de fa queue. Nous fommes aflures maintenant qu'il appartient à une efpece trcs-differente de celle du Cor- dyle, il n a point le dos «garni d'écaillcs grandes & carrées, comme le Cordvie m le ventre couvert de demi-anneaux çcailleux; Il doit donc être compris da,^ k quatrième diviûon des Lézards , tan- dis que I efpece de Cordyle fait partie, Strpens ,Tomi IV, £ - 5 3$ Hijioire Naturelle de la troifième. Sa tête eft aplatie par- deflus , comprimée par les côtés , dune forme un peu triangulaire , & revêtue de petites écailles (a) ', celles du dos 6 du defTus des jambes font encore plus petites , & comme elles font pla- cées à côté les unes des autres, elles font paroître la peau chagrinée. Le ventre & le dcfîous des pattes préfen- tent des écailles un peu plus grandes , mais placées de la même manière & affez dures. Plus de quinze tubercules percés à leur extrémité garnirent le defTous des cuiflcs -, d'autres tubercules plus élevés , très-forts , très-pointus & de grandeurs très-inégales , font répan^ dus fur la face extérieure des jambes de derrière -, on en voit auffi quelques- uns très-durs , mais moins hauts , le long des 'reins de l'animal & fur les jambes de ûv^vant auprès des pieds. ^ La q,ueue d^ ce Lézard eft revêtue de ra) Les dents 4u Quetz-Palëo font plus petites ^ iLue qu'elles font plus près du mufeau ; j en aiTompté plus de trenvs à chac^ue mâchoire ', elles ibiu affez ferrées. des Serpens, 539 très - grandes écailles relevées par une arête , très-pointues , très-piquantes , & difpofées en anneaux larges & trcs-dif- tincls les uns d^s autres. Cette forme, qui lui eft commune avec le Cordyle , jointe à celle des écailles qui revêtent le de(îus & le deifous de Ion corps , fiiffilent pour le fiire diftinguer d'ivec les autres Lézards déjà connus. L'indi- vidu que M. l'Abbé Nolirn m'a fait parvenir avoit plus d'un pied cinq pouces de longueur totale , & fa queue étoit longue de plus de huit pouces. Le deiîus de Ton corps étoit gris -, le defîous blanchâtre , hc la queue d'ua hïwxi très-foncé. pij 3 4© Hijioire Naturelle ADDITION A L'ARTICLE DE LA SALAMANDRE TERRESTRE, Nous PLAÇONS ici un extrait d'une lettre qui nous a été adreffée par Dom Saint-Julien , Bénédiain de ia Congré- gation de Cluni. On y trouvera des ob- fervations intéreflantes relativement à la manière dont les Salamandres 1 erreftres viennent au jour. . ce Je trouvai à la fin du printemps de „ l'année dernière 1787 «ne fuperbe „ Sakmandre Terreftre (delefpece ap- „ pellée Scorpion dans la baffe Guienne, „ & qu'on y confond même quelquefois „ avec cet infeAe).... Elle avoit un „ peu plus de Imit pouces depuis Je „ bout du muleau jufqu à 1 extrémité „ de la queue. La groffeur de fon ventre „ me fit efpérer de trouver quelque „ éckirfiffemênt fur k génération dp des Serpens. 341 ?9 ce Reptile -, eti conféqucnce, je pro* î3 céd.ii à fi didedion , que je com- J3 mençai par l'anus. Dès que j'eus £iit J5 une ouverture d'environ un demi- J3 pouce j je vis fortir une cfpèce de fac, ï) que je pris d'abord pour un boyau, 73 mais j'apperçus bientôt un mouve- 35 ment très - lenllble dans l'intérieur j 33 je vis même à travers la membrane J3 fort mince , de petits corps mouvans -, >3 je ne doutai point alors que ce ne >3 fût de3 êtres animés j en un mot les 53 petits de l'animal. Je continuai à faire »3 fortir cette poche , jufqu'à ce que J3 je trouvai un étranglement -, alors 53 j'ouvris la membrane dans le fens de 33 fa longueur *, je la trouvai pleine 33 d'une cfpèce de fanie dans laquelle 33 les petits étoient plies en double, pré- î3 cifément dans la forme que M. l'Abbé 33 Spallanzani attribue aux petits de la 33 Salamandre aquatique, lorfqu'ils font 53 encore renfermés dans i'amnios. Bien- >3 tôt cette fanie fe répandit, les petits 33 s'alongèrent, fiutèrent fur la table & 33 parurent animés d'un mouvement très-* 13 vif. Ils étoient au nombre de fept oiî p iij 3 4 * HiJIoire Naturelle 99 huit. Je les examinarà îa vue fimpîe^ 99 êc un avec ie fecours de îa loupe-, 99 & je leur reconnus très-bien la forme 35 de petits poiffons avec deux fortes 99 de nageoires affez longues du côté 35 de îa tête , qui étoit groiTe par rap- 55 port au corps, & dont les yeux, 55 qui paroifîorent très-vifs , étoient très- 99 fîilhns-, il n y avoit rien à la place des 55 pieds de derrière. Comme la mère >5 avoit été prife dans Teau Se paroif- S5 * foit très-proche de Ton terme , je 55 penfai que Teau étoit Téiément qui 35 convenoit à ces nouveaux-nés, ce qui 33 d'ailleurs fe trou voit confirmé par 35 leur état pifciforme *, c'eft pourquoi 35 je me preffai de les faire tomber 99 dans une j.itte pleine d'eau , oiV'ils 35 nagèrent très-bien, ragrandrs encore 35 l'ouverture de la mère , & je fis fortir 35 une féconde & puis une troifième 35 poches fembiables à la première , Se 99 féparées par des étranglemens. Ges 55 poches ouvertes^ me donnèrent des 55 êtres fembiables aux premiers Se 35 à-peu-près aufîî bien formés j ils s'y s; tr.ouyoient renfermés par huit ou dix des Serpens, 3 43 55 en pelotons, uns aucune réparation 5) ou diaphragme, au moins feniible. 59 Une quatrième poche pareille me j, donna des êtres de la même n.Uure, 55 mais moins formés -, ils étoient prel- 55 que tous chargés fur le coté droit, 5? vers le milieu du corps , d une elpcce 55 de tumeur ou protubérance d un jaune 55 foncé paroilîant un peu finguinolent-, 35 ils avoient néanmoins leurs mouve- 35 mens libres , pas allez pour lauîer 35 d'eux-mêmes-, il fallut les retirer de 35 leurs bourfes avec des pinces. 'ErAm 35 une cinquième poche pareille m.e 35 fournit des êtres femblables , dont il 35 ne paroifToit que la moitié du corps 35 depuis le milieu jufqu au bout de la 55 queue-, Tautre partie confiftoit feule- 35 ment e-n un fegment de cette ma- 35 tière jaune dont je viens de parler i 35 la partie formée avoit un mouve- 35 ment leniîble. Je retirai ainfi vingt- 55 huit ou trente petits tout formés qui 55 nagèrent dans Teau , & qui y vécu: 55 r-nt dans mon appartement , pend^.nt ^) vingt -quatre heures. Les avortons 55 informes fe précipitèrent s^i fond , PlY 5 44 Hificire Naturelle " & ne donnèrent plus aucun fîgne de » vie. La mère vivoit encore après que ) en eus tir. tous fes petits, formés Tw 7"- /'^'^J^e^^i de l'ouvrir, » & à la fuite de cette efpèce de ma- " î"" ' , «ï"' Paroifloit n'être qu'un » boyau etrar,glé de diftance en diftance " f trouvai deux grappes d'œufs de » forme fenlibJemcnt fphérique , d'en- " viron une ligne de diamètre, & d'une- « matière femblable à ceile que j'avois » VBe adhérente aux deux différentes » e/peces d'avortons.. Je ne comptai " ps le nombre de ces œufs , mais M ; appelle leurs colleaions, grcpnes : " : P^^« que réellement elles repréfea- » toient une grappe de raifin. Leur tige '» etoit attachée à l'épine dorfale, der- » riere une hourfe flottante fituée uil »» peu au-deffous du bras , de couleur « brune foncée : je reconnus cette »> bourfe pour l'cftomac du Reptile, J> parce que l'ayant ouverte, j'y trouvai » de petits limaçons , quelques fcara- t> bées, & du fable noirâtre. » v ^\^ des Serpens, 345 LA GRENOUILLE ÉCAILLEUSE (j). On doit à M. Wiillbanm k defcription de cette efpèce de Grenouille. Il efl d'avitant plus intérefîant de la connoître , qu'elle eft un exemple de ces confor- mations remarquables qui lient de très- près les divers genres d'animaux. Nous avons vu en effet, dans THiftoire Natu- relle des Quadrupèdes ovipares , que prefque toutes les efpèces de lézards étoient couvertes d'écaillés plus ou moins (enfibles , & nous n'avons trouvé dans les Grenouilles , les Crapauds , ni les Raines , aucune efpèce qui pf-cfentât quelque apparence de ces mêmes écailles i nous n'avons vu que des vernies ou des tubercules fur la peau des Quadrupèdes ovipares fans queue. Voici maintenant (a) Rana Squamigera- M. Walibaum^ Mémoire^ des Curieux dt la tiature dt Berlin, afl. 1784, tom. 5. fag' 231. 3 4 <^ ^^Ifioire NatunlU nue fpèce de Grenourile dont une par- tie du corps eft revêtue d'écailIes, ainfi- que celui des lézards -, Se pendant que , d'un côté , la plupart des Salamandres , qui toutes ont une queue comme ces mêmes îézards , & appartiennent au mêmes genre que ces animaux , fe rap- prochent des Quadrupèdes ovipares fans^ queue, non-feuiemcnt par leur confor- mation intérieure Se par leurs habitudes ^ mais encore par leur peau dénuée d'é- cailles fenfîbles , nous voyons , d\m autre côté , k Grenouille décrite par M. Walibaum^ établir un grand rapport entre fon genre 8c celui des lézards par les écailles qu'elles a fur le dos. M. Wall - baum n'a vu qu'un individu de cette efpccc fingulière qu'il a trouvé dans un Cabinet - d'Hifloire Naturelle , & qui y étoit confervé dans de TeTprit-de-vin. li n'a pas fu d'où il avoit été apporté. Il feroit intéreffant qu'on pût obrerver encore des individus de cette efpèce , comparer Tes habitudes avec celles des Lézards Se des Grenouilles , & voir la iiaifon qui fe trouve entre fa manière de vivre , Se fa conformation particulière. des Serpens^ ^ ^j Li Grenouille écaiileufe eH: à-peu près de la rrodeiir 6c de h. forme de îa Grenouille commune \ h peau eft comme plifîée fur les cotés Se fous li gorge -, les pieds de devant ont quatre doigts à demi-réunis par une membrane, 8c les pieds de derrière cinq doigts en- tièrement palmés •, les ongles lont aplatis ', mais ce qu'il faut fur-tout remarquer, c'eft une baiide écaiileufe, qui partant de l'endroit des reins & s'étendant obli- quement de chaque coté au-defiiis des épaules, entoure pardevant le dos de l'animal. Cette bande eft compofée de très-petites écailles à demi- tranfpa-* rentes , préfentant chacune un petit lîllon longituniinal , placées fur quatrd rangs , Se fe recouvrant les unes les autres ^ comme les ardoiies des toits. li eft évident , par cette forme Se cette position , que ces pièces font de véri- tables écailles iemblables à celles des lézards , 8c qu'elles ne peuvent pas être confondues avec les verruc-s ou tuber- cules , que Ton a obfcrvés (ur le dos des Quadrupèdes ovipares fans queue. M. Wallbaum a vu auiîî fur la patte Pvj 348 Hijloin Naturelle ^ Sic. gauche de derrière, quelques portions juches garnies de petites écailles dont la forme étoit d un quarré long -, & ce Naturalifte conjeélure avec raifon qu il en auroit trouvé également fur la patte droite , il l'animal i/avoit pas été altéré par refprit-de-vin. Le deiîous du ventre etoit garni de petites verrues très-rap- prochées. L'individu décrit par M. Walî- hmm avoit deux pouces neuf lignes de longueur depuis le bout du muf?au juf- qnk l'anus-, fa couleur étoit grife, mar- brée, tachetée & pointillée en divers endroits de brun & de marron plus ou moins foncé-, les taches étoient difpofées en lignes tortueufes fur certaines places ^ comme , par exemple , fur le dos. F I N. # «JACsç^T^ajui^^ ^^ TABLE ALPHABÉTHIQUE Des divers Noms donnés aux Ser- pens , 6' dont il ejl fait mention dans cet Ouvrage. A. u4BERDEE2f j. Adder , Ak-Dshilan , Alp , Amiudutus y Amphijhœna y Ampkijhœna alha , Amphijbœnaflava, Amph. fuliginofa , Amph. magnifie a y Amphijhœna prima fuh- Lombric. argentea , Amphijh. varia , Amph, vufgjris , Anguille de haie , Anguille des haies , An gui s JEJculapiiy Anguis boa , Anguis calamaria j Anguis cfraJ{ Anguis ventfalis , Anilios i Anvoye , Apachycoatî^ AJpic , A/pi Je del corno , Afpis Cleopatrœ , AI pis coloreferrugineoy Afpis cornu, Ayug, Anguis eolubrin. Boiquira. Fii. Orvet. Trait. Quene-lancéoîée. Lombric. Miguel. Peinta'ie. Réfeau. Anguis îong-nez. Rouleau. Mîguel. A. Jaune &brun. Lombric. Orvet. C. Pétalaire. Vipère d'Egypte. Ammodyte. Vipère d'Egypte. Cherféa. Ammodyte, Boicuirâ. B- BaU-Saïan-Boekit , BUnd Worni , Boa y Boa aurantiaca , Boa canina , Boa conjîriâor y Boa contonrix j Eali. Orvet. Devin. Bojobî. Bojobi. Devin. GroJD, ALPHABÈTIQ^VE. S52 Boa ezigua , Bod hortulana^ Boa murina , Boa tkilajjîna y >Bodly f Boicininga , BoicininingîZy Boiguacu i Voye\ Hipnale. Broderie. Boa Raiivore. Bojobi. Amphifb. enfumJi Boiqiiira. Boiquira. Devin. C- Cacâdora , CoEcilia gefneri y C CE cilla glutinofa , CcEcil. tenf.aculat2y Cœc'ilia typhlus , Cacilia yuîgaris _, Carbon y Carbonaro y Cafcavel , CafcA vêla , Caudifona Jryina't, Caudifona durijfus, Caudifona orientalis y Caudifona terrificay Oga y Ccnchoa , Ccnchria , Cenchrias y Cenchris _, Cenchris tardigrada ma- jor lutea j maculis nigris notaict ^ Devin. Orvet. Cœcile vifqnenx, Ibiare. Orvet. Orvet. Coul. à collier» Coul, à collier. Boiquira» Boiquira. Dr\ir!as. DuriiTus. Dryinas. Boiquira. Amphifb. enfuma» Cenco. Cenchris. Ammodyîc, Devin. Devin, àS2 TABLE Cencoatî 3 féconde ef- pèce, Ceraftes agi lis > Ceraftes aurora _, Cerajïes Candidus y Ceraftes cohella , Ceraftes laâeus , Ceraftes Mexicanus , Ceraftes nebulatus , Ceraftes plicatilis , Ceraftes rhomheatus , Ceraftes feverus y Cerchrlas , Cerlftaîis , Chajfeur^ Chain Snake , Chayquarona , Coach-wkip-Snakey Cobra atropos , Cobra de las cabecas ^ Cobra de cabelo , Cobra de capello , Cobra de corais y Cobra de vcado p Cobre vega j Collier, Col. œfculapii y Col. cpftivus j Col. agi lis y Col. ahœtulla ^ Col. albus 3 M, alidras , Voy. Cenco, C. agile. Aurore. C. très-blanche, Cobei. Laaé. €. pétalaire. C. nébuleufe. Bali. C. rhomboïdale^ C. Hébraïque. Ammodyte, Cérafte. Devin. Chaîne. Chayque. Fil. Atropos. Amphifb. enfumé» Naja. Naja. Ibiboca. Devin. Amphifb. enfumé. Demi-collier. C. bande noire. Coul. verdâtre» C. agile. Boi^a. C. blanche, Alidre^ *■' 'ALPHAB ÉTIQ_ UE, 353 Col. ammodytes , Voyei Ammodyfc. Col. angulatus , C. anaijlcufe. Col. annulatus j Col. atrox y Col. aulicus y Col. h crus y Col. huccatus y Vol. carinatus , Coi. cjlamarius y Col. candidus y Col. canus , Col. cohdla y Col, car ah fans y Col. ccsruUus , Col, cerafiesy Col. cinereusj Col. ccnflridory Col. corallinus > Col, comutus y Col. cyaneus , Col. dipfas y Col, dolîatus , Col. doTiefficus y Ccl. domicelh. Col. exoUîus y Col.fjfciatusy Ccl. fin for mis y Ccl. fuhus y Col.fufcuS y Col. getulus y Col. guttatus y Cohguttitus , C.blanchs&.brune, Coul. atroce. Laphiaii. Vipère commune. C. jo'jflue. C. carénée. Calmar. C. blanchâtre. Grifon. Cobel. C. bleuâtre. Bluer. Cérafle. Coul. cendrée. Lien. Corallin. Cérafle. C. verte & bleue. Dipfe. C. annellée. ■ C. domefiique. C. des dames. C. décolorée. Vampuni. Fil. C. noire 5c fau\ e, C. fombre. Chaîne. Tyrie. C. mouchetcc. Î54 Col. hippocrepis , Voyci Col. hydrus , Col. j aculatrix f C. jugularis y Col, laBeus y Col. lati'caudatuSf Cfjl. Lbftmus , Col. lemnijcatus y Col. lineatus y Col. maurus , Col. mAanocephaîus 3 Col. mil'aris , Col. mexicanus , Col. minerVi.'E , Col. molurus , C. moniliSy Col. mucofus i Col. myderiians j Coluher nat ix , Col. nehulatus ^ Col. niveuSy Col. ordinitus _, Col. ovivorus y Col. padera , Col. pall'idus y Col. peJias $ Col, petalariuSy Col. petola , CoLpUcatilts y Col, preffer y C^l. pullatus y Col. punmtus , TABLE Fer- à-cheval. Hydre. Dard. Rouge-gorge. C queue- plate, Lébeîin. C. galonnée. C. rayée. C. maure. Tête- noire. C. miliaire. C. mexicaine, C. de minerve. Molure. Demi-collier, C. muqueufe. C. nafique. Coul. à collier. C. nébuleiife. C, rrèâ- blanche. Ibibe. C. ovivore. PaJère. C. pâle. Péiie. C. Péraîaire. Ferole. Ea!i. \" ipère noire» C. minime. C. ponduée. "ALPHABÉ TIQUE. i^S Col. rcginv , Voyei Col. rhcmheatus , Col.faturninuSj Col.faurita > Col. fcaher ^ Col. fckyta , Ccl.Jcutatus , Col. fcv crus y Col. fibiians , CoLjîmus y CoLJirtalis y Col. (îtula i Col. flolatus , Col.fl iatulus i Col. trifcalis , Col. typhius , Col. tyria , Col. vipera , Coi. vipera nngïorum^ Col. viridijjïmus , Col. vit ta tus 5 Colubro nero j Co cfiri ctcr a ufp ex , Conftriaor dtvinihquus , Conjlriâor formojijjî- mus , CorijinBor rex Jzrpcn- tUm y Copper-helly fnakc , Coronclla aufiriaca^ Coronella petola , CouU chajfcufc i Régine. C. rhomboïdale. C. faiurnine. Saurire. C. rude. Couleuvre fchyte, C. cuirafTée. C. hébraïque. Malpole, ^C. camufe. C. firtale. Situle. Chayque. C. firiée. Trifcale. Typhie. Tyrie. Vipère d^Egypte; Vipère noire. C. verte. C. rubannée. Conl. à collier. Devin. Devin. Devin. Devin. C. flriée. Coul. liffe. Pétole. Devin» '55(5 TABLE Coulcuv. commune, Couleuv, commune, Couluv. commune^ Coule uv. commune, Coul-:uv. commune^ Couleuvre jaune ^ Couleuvre roujfe , Couleuv. \ulgairc , Ccurertjfe , Crc talus ho r ri dus , Crctalus miUaris 3 Crctalus mutus ^ CynchriaSi Dipfade , JjipCrfndica ,~ Double-marcheur y JDraco , Draco ferpens , Druinus j iLCACOATZ Tyti , Emham'na s Empereur j ' Enydris 3 Voyci Couleuv. à collier, Coui. d'Efculape, Orver. Quaire-raie?. CouI.verte& jaune Fer- de-lance. Fer-de-Iance. Conl. S aille. Coureife. Boiquira. Miller. Boa muer. Arrmodyte^ D. Devin. Vipère noire, CouI. arroce , Amphiib. enfuir^^ Devin. Devin. Ammodyte. E. Boiquira. Vipère commune fe- melle. Vipère commune mâle. Devin. Devin. Enydre» ALP HAB É TïQUE. 357 -F- JFedAgoso , Voyei Devin. G. Devin. GETtFNDE y Voyei Giarende , Gihoya y GîajJ^ Snake j Gorende , Grand hydre , Grand Jtrp, d'eau. Grande Couleuvre, Green S.iak:^ , Guimpe , Cuirpuaguara , Hog-nofe Snake _, Hydrus , ÎBIBO CA y Jbijara , Jaculus i Jiboya , Jurucucu f Devin. Djvin. Anguis jaune & brun. Devin. Devin, Devin. Devin. Couleuv. verdârre, C. ovivore. C. ovivoie. //• Groin. Couleuv. à coliier, J. Ibibe. Amphilb. enfuiiii^, J. Aurore. Devin. Devin. K- K>=ff3-«f, Cérafte» 353 TABLE Kokuray Voyei Lamasba , Langnafige , Laticauda imhricata. Laticaudafcutataj JlLemnifque _, Lofange , Demi-collier^ Lébetin. X. Devin. Anguis long-ne?: Queue-lancéolée, Queue-plate. C. Galonnée. Laphiati. M- Maifoion; C. Afiatique. Maîpolon , Malpole. Mamhalla , Devin. Mangeur de cheniîUs , C. agile. Mère de Veau , Devin. Miliaris , Ammodyte. Mini a ^ Devin. Moqueur^ C. rubannéc. jvr. "Naja Bralîlienjis , l<}'aja fafciata y Naja lutejccns y Najamaculatay 'Naja non naja y Naja Jîamenfîs y Nalle pambou y Nci ntroujjiy Serpent à lunettes du Pérou. JNfaja. Kaja. Naja. Naja. Naja. Naja* Polonga. y Polpogs , Pattle Snàke , P^egina ferpentum , Rdne desjerpens^ O' Opiirie. C. jaune & bleue. Coul, d'Efcuiape. p. Broderie. Devin. Devin. R. Boiquira. Boiquira. Devin, s6o TABLE Ringed Snake , Voyei Couleuv. à collier . Hoi desferpens , Devin. Schappen-Schlange^ Serpe nero , Serpens aqumlis , Serpens domeflicus ni gricans carbonarius Serpens indicus coro natus y Serpens indicus , gra cilisj viridis ^ Serpens palufiris , Serpens peregrinus^ Serp. âpre , Serpent aveugle , Serpent bai-rouge y Serpent de bled y Serpent à chaîne , Serpent à chapelet* Serpenta chaperon y Serpent a collier ^ Serpent Cotai y Serpent cornu y Serpent cornu y Serpent couronne' y Serpent des dames y Serpent fétiche y Serpent idole ^ Serpent impérial y S- Anguis long-nez. Couleuv. à Collier. Devin. - Couleuv. à collier, - Naja. - Boiga, Devin. Devin, C. rude. Amphi/L. enfumé. C.blanche& brune C. tachetée. Chame. C. mouchetée. IVaja. Couleuv. à collier, Anguis roug5. Ammodyte. Cérafie. Kaja. C. des damese Daboie. Daboie. Devin^ Serpent ALPHABÉTIQUE. ^Gi Scrpau à Urge queue , Voyci Queue lancéolée» ôerpent large-queue Qucut-plate. Serpent h lunettes , Naja. SerpentmangeurJerats, JBoa rativore. Serpent nageur, Couleuv. à collier. ùerpent cVorcille , Lombric. Serpent h queue-plate, Flarure. Serp-ntfans tacke , C. trés-blanche. Serpent afonnette ^ Drvina?. Serpent tigré , Afpic. Serpent a ventre cou- C. Sirice. leur de cuivre , Serpent de verre y Serpent de verre , Sipedon , Tœ cehai , Tamicu nia huiliat Tangedor ^ Tetrauckojlttleoa, Teuthlaco , Teuthlaco lauhquiy Teuthlaco ^ouphy , Tchua , Tleoa y Trajj^obane , . Triangle , Typklops f Anguis jaune Se brun; Orvet. Sipède. T. Tyrfe. Devin, Boiqiiira. Bojobi. DurifTiT?. Boiquira. Diiriiïus. Broderie, Broderie. Aniphift. enfumé, C Jouflue. Orvet. r. mter Snake , Couleuv. à collier. 362 T A B L E , &c. Ji^atervipery VoyeiSurptnt à fonnette pif- ci vore. Viper f Vipère commune. Vipera avglica nigri- Vipère noire. cans > , • Vipera hrajïliœ caudi- Eolquira. fona , Vipera caudi fona y Boiquira. Vipera. indica vittata Naja. gejiiculariiZ , Vipera maculata , Arpic. Vipera mojîs, . Vipère commune* Vipera pileata, Naja. Vipera yera Indice Vipère commune» orientalis , Vipère cornue , Cérafîe. Vpère cornue d'illy- Ammodyte. rie , Vipère d'eau > Serpent à fonnetîe pif- ci ^ore, Vipère du Japon , C Hébraïque. Vipère jaune de la, Fer-de- lance, MdrtiniQue, X. Kaîxaïhua , Devin. Xaxathua, Pevin. Xequrpiles , Dard. r- Yacu-iT.rma , Devin, ^ 5^3 TAB L E DES MATIÈRES. Accouplement. Manière dont s'opère l'accou- plement des ferpens, Foi. III, /^j^. 29. Temps de l'accouplement des vipères communes , p. ^5, Fables Tépandues k ce fujet', p.' ^6- Acroch'irdc ( defcription de I' ) de Java , Vol. IV , pag. 309. Activité intérieure. Les ferpens ne cèdent en ac- tivité intérieure qu'aux quadrupèdes vivipares & aux oileaux , Vol- III , pag. 41. Jgile ( îa Couleuvre^ fe trouve dans Tlfle de Ceyian, Ko/. lii, pag. 388. Sa delcription,/7. 387. ' yf/r.' t,ès ferpens ont befoin de refpirer de temps en temps Pair de i'atmofphère . Fol. Wl^pag, 10. Ils donnent cependant quelques lignes de vie^ après avoir été privés pendàntîong temps, & pres- que entièrement , de l'air qui ieur eft nécelîiùrc poui refpirer, ;7a^. 68» 5^4 Table AUdn. Sa defcription ^ Vol. lll^pag. 401. Ua îîeaucoiip de rapport avec la Couleuvre blanche, Idem. li le trouve dans les Indes , pag. 402. jUmens (les) de pluCeurs efpèces de ferpens, fe corrompent dans leurs inteltins, & répandent une odeur irés-forte qui pénétre fe corps de i'ani^ mal, roi. lll,pag. 56. Manière dont its ferpeas avalent des alimens très-volumineux, ^-a^. 59. • Aniérit^ue. Tout ce quî appartient aux contrées d'Amérique, voilines des Tropiques, attirera tou- jours l'auention, Vol. IV ,pag, «i. Jinmodyte. Pays où l'on rencontre cette vipère, yol.il[,pag. 236. Sa delci-ipcion , pag. 237. Re- mèdes contre fa mojiure , /d^. 238. Sesliabitudes, jfag. 240 &' fuiv. Amphhbènts, Caradtères diûindtifs de cesferpens, Vol. IV , pag. 292. Fables auxquelles ils ont don- né lieu , pag. 295. Anguh. Caracftéres diftinétifs du genre des anc?uis , Vol. IV , pag. 250. Contes ridicules répandus au îojet des anguis , pag. 252. y^/7«u/e«y^. (Couleuvre) C'eft de l'Afie que cette Couleuvre a été apportée en Europe , Vol. III , pag. 403, Sa defcription, Idiin. AuneUée» Defcription de la Couleuvre annellée- Vol. IV, pag. 81. ^r3res. Manière dont les ferpenspeuventgrimper fiij les arbres , f^ol. III , pag. 18. Jrgus. Caraâères diftinâifs de ce ferpent d*A.* lihiue, Voi^ iV ^ pag. 44, 7) E s Matières, 3 6 5^ Jnière-fdix ( efpèce d' ) attaché au corps des vipereai'x, Vol.Ail^pag. 2o5. ^futi^i:e. j^defcriptiondeia Couleuvre^ Vol IV, /.7^. 25. y^fi^ic. Defcrjption de ce ferpent venimeux, V^i-'Ai , p2g. 221. Pays )u on !e trouve, Uié. /^froct. Defcription de fa Couleuvre atroce, / 0:. m , pao, 092. Elle eft venimeafe , ïhld. j^tropos. Defcription de cette Couleuvre veni- Bieufequife trouve en Amérique, yol.lW.p. 318. . Juwn. Couleurs de cette Couleuvre, Vol. IV pag. 84. Pays qu'elle habite , Ibid. ' ^ Jxuréz. (^Couleuvre ^ E(!e fe trouvre aux envi- rons du Cap-vert , /^c/ ]V, pag. 59. Delcriation d'un individu de cette efpèce , conlervé au cabinec du Roi, Ibid* B Jj^TjEV. Courte defcription de cette Couleuvre qui eft trés-venimeufe, Vol. IV, pag. 56. Bail. (le) Pays où on le trouve, Vol. III, f^- 371. Sa defcription, Idtm. Dimenfions du '^^^^■^pog. 373. Baiiie noire. Defcription de celte Coufeuvre To/. III, pag. 385. Elle eft très-commune aa Chili, png. 3.6. 5/fl//c/^û/re. (Couleuvre) Sa defcription , Vol. III, pag. 394. Defcription d\ine Couleuvre qui a de Ue^grandsrappoitsavec la blanchâtre Idem. )66 Table Blanche f h Couleuvre j habite ies grandes Indes* Vol. III, pag' 380. Sa defcription , lèid. BLit!che& brune (h Couîeuvre.j habite l'Améri- que, yel. IV ) pag' 107. Sa defcripdon , 108. Bhinchet' flej Cavadtères ciftinCîifs de cet am- pbisbène , Vol. IV , pag. 300. Bleuâtre. /^CouIeuvre_j Son nom défigne fa cou- îeur, Vol-lY^pag* 12. On la trouve dans les Indes ^ l'- 13- Bluet. Defcription de cette Couleuvre d'Améri-j que , Fol. IV ^ pag. 75. , Boa fhs grandsy' fort Tes plus grands & îes plug forts des ferpens, P^ol. IV, ^.142. -^ Bolga. Que Ton fe reprëiente les ccuîeursies plus riches & îes plus agréablement variées dont fa na- ture ait Jtorc^ fes ouvrages, & Pon n'aura peut- être pas une Idée exagérée de îa beauté du Boiga, Vol. III, p. g. 425» Defcription de cette Couleuvre, Jbid. & fri'r. Habït^udes de cette Couleuvre ,;>. 4290 On a voulu donner' le nom ^:'e chant, au lifïïement du Boiga, pag. 4go. Familiarité de ce ferpent.> /•43Î- Boiquira. Fra^reur que doit infpirer le Boiquira, VoL IV , pûg- 209 & Jlih. Dimeniions de ce fer- peut h fonnettes jT^nr. 21. !• Sa defcription ,;?. 212 & fuh. Contrées qu'il habite , j3£rg 227. Ses habi- tudes, pag. 228. Temps que les Nègres & les In- diens choififlent pour lui donner la chalTe , /?• 2 3 3 &fkiv' Ennemis de ce ferpent, pag. 234- li nage avec facilité y p^^. 237. Effets de fcn venin, Ibid, VF s MATIÈRES, 3(^7 Bopbi. Ce ferpent le trouve dans ï(îs deux con- tinen? , /-W IV ', p.ig loi- ]îeautc de les couleurs, 193. Diffirenres des Bojobi de l'Amérique, avec ceux de l'ancien continent, 194. Habitudes de c« ferpent , Ib:d. ' Brjfu'ienn;, ^defcription de la Couleuvre^ Ko/. m, ^j^. 299- HrJ^k. fh) Be'fes confs'jrs dcce îloa, Ko/- IV > ^..g. 158. il le trouve au Piragiiay , i9';« C Caducité. L'on ne rencontre prefqu? jamnT3 d'a- nimal fauvage, avec les lignes de la caducité, Vol, Ili '■ P-g- 54- Cœciles, /^caradères difiinctifs des ^ ?^c/. IV , Calmer, fit ) Pefcription de cette Couleuvre d'Amérique, Ko/ iV,^'. 115. Camufe. fhj Cette Couleuvre habite la Caroline Voî, I V ,^. 7 I . Si delcripcion , Uid. CaraSèree djitinctifs des diverfes efpécesde lor- pens ; nombre & permanence de ces caractères, Vol' ][i j pag. 91 ^ fu'v- C'elî uniquement d'après la réunion depluliev.rscaracréres.quel'on doitprei- que toujours le décider fur l'efpéce d'un lerp-wnc, fag. IC3. Ci^-cnée- f la Couleuvre y) Pays où on la trouve, Vol- IV , fi'2,- 4. Sa defcription , Ibid. dyerncs. r.''aRière dont leift. t entre- lacés dans les c' vernes où ils fe iciii^ïi".; .en grand nombre , / vJ. lii , pag. 43, CencMsrhJ fe trouve à Surinam, Fel. IV. P'^g- 203. Couleurs de ce Boa, Uid. Ceuchrus. Ce ferpent fe trouve en Afie, VollV /«^. 24. Sa dtlcriptîon,ii/^. ' Ce.corîeJ fe trouve en Amérique, Fo/.IV, Ce//^r^£, ^codeurs de h Couîeuvre^ Ko/. IV, i'. 10. Elîe habite !es grandes Indes, Ibid, CerafJe. Pays où on trouve cette vipère, Vol. III f. 24^-. Les Egyptiens ont employéla figure dans ieurshieroglvpbes p. .43. Sa defcriptioS,;,. 244. ^fu.v. Nature & forme de fes cornes ,/. 245 & /«.>. Ses habitudes ,;,. 2^^. ^ ^^ Cercle. Quelquefois on voit de loin, les très- grands ferpens repliés fur eux-mt>mes, & formant an(i un cercle allez vafte & affez élevé, Fol.WU P' 04 Se 6$. ' C^ùl^n^ Couleuvre; a été obfervée h la Caroline, par Cat.sby & M. Garden , Fol. IV , v. 80. Sa defcription, Jèid. y r >- ^* ChakuT. Différence des effets de îa chaleur du printemps & de ceux de la chaleur de l'automne, îur lesierpens, Fol.m,^. 45. Chapelet. Il ne faut pas confondre cette Couïeu- vje , avec celle que Catesby a nommée de même, fcl.]V,p. 21. Sa defcription, Uid. Ce feroent iieft pas venimeux,;,. 22. Dimeni^ons d\in indi- Aiuu de cette efpèce , confeivé au cabinet du Koi, lu id. Chatoyante f h Couleuvre^ fe trouve en Suiffe * / e^ IV ,;;. 121. Sa defcription, /^/W. DES Matières. 3(^9 Ch&ycjm ^fà^kn^ùovL an) Vol UI , p. 286. IJ eft venimeux & fe trouve en Alie , Ibid, Cherfea. Contrées où I*on trouve cette vipère , Vol' III, p. 217. Sa delcriptJon , lèid. Remèdes contre fon venin , ^. 218 6' fuiv. Cigognes flesj font ennemies des ferpens , Fo^ IV , p. 94. Cebei. La Couleuvre Cobelfe trouve en Ame'ri- que, Ko/. IV , pag. 78. Sa delcription, Uid. ^ Juiv' Collier ( (a Couleuvre k ) fe trouve en très-arand nombre dans piufieuis provinces de .Franee, Vol. ill, p. 335. Elfe eft très -douce, ]b:J. Sa delcription, p. 336. Ses habitudes,^. 338 £5» fuii^- Sa familiarité iorfqu'elle eft dans une forte d'état de domefticité , Uid- Ennemis qu'elle a à craindre , p. 343. Son goiit pour le lait, p. 346. On alTare qu'elle tette quelquefois les vaches, )b!d. On a prête n d'à qu'elle entroit quelquefois par la bou- che dans le corps de ceux qui dormoient fur l'herbe, 347. On a employé fa chair en médecine , p. 348. Colubrin , ( delcription de i'Anguis^ Vol. IV ^ /. 271. Colubro Uccellatore' Nom donné à une Couleuvre de Sardaigne , qui peut-être eft de i'efpèce de U verte&jaune, Vcùlll^p. 334. Conformation- Defcription de la conformation in- térieure des ferpens , Vol- III , p. 6 b" fuiy. Continents. Les ierpem paroiflent à-peu-prés éaj, ïement répandus dans les deux continens en raifon de la chaleur^ de l'humidité 5 & de Telpace libre , Vol. III , p» 23. Ov k Contrées é^vatonaks f ce n'*eft qu*aux environ desj qu'on rencontre ces ënormes reptiles, Peifroi des Voyageurs, Ko/. III , p. 28. CoralUn^ /^ defcription du^ FoLlUjp. 290. li fs trouve dans les îndés , p. 291. Comn (V Angiûs J {q trouve en Egypte, VoL IVj P' 273. Ses caraîes , rfe riche'5 of- tiandes & de jeunes NégreiVe.s y>. 56 b" fuivanteS' DaweS' ( Couleuvre des " Sa dtfcription , Ko/. ^^h P-d>14' ?es habitudes , /. 575. ÎJu fumii-arité, Dard. Ce ferpent fe trouve ^ S.irinam , /-^u/. IV, /. 85. Sa defcription , IbiJ. Décolorée. DtCcription de !a Couleuvre décolorée. Vol. IV ^ p. 5. On la trouve ans les Indes , lùid., Demi-coUitT. Dclcription de cette Couleuvre, Vol. ili, p. •2^C-\Z. Elit; fe trouve non-feui.-ment au Japon, mais encore en i\mriique , p. 36^. Dents crochues mobiles & à veni.i de 'a vipère commune; leur delcription. Vol. Jil , p. 104 &• fuiv. Lorfque Panimal les perd, elles .ui;t louvent remplacées par d'autres, ^. ' 1-6. Giandcui des dents du devin , Vol. IV , p. J51. Dépouille d\m ferpent; fa cefcri^îtion , Vol. III, ^.363 cf fînv* DépouUlerr.ent ( temps du , de la vipère com- mune, Vol. III, /• 198 L..'S f^ipcns fe dépouil- lent chac:ue année C( mme les quadruptdts <'VÎ- paresj paa. 47.Man;c'-^ dont s^opère le d^;)c.uif- îement des fcrpens , y 3(^3 & fui. . Gttt. »ria- nière a bciaucoup de rapports av^c celleco:,! ies Salamandres ù queue piate quitte.ut leur peau, Dcveloppcir.cvt fe ; des ferpens a dû fe faire en longueur plutôt qu'en grwiTtur , /' ' ';! p 2e. Deyin (Uj di parmi les iCrpt^ns v; uiiîiie l'éié'. ^1 2. T A JB L E phant, ou fe lion parmi les quadrupèJes, Vol IV, }. 143. Ses dimeniions, 1446' 149. Sa delcription , i?. T50. Ses couleurs, p. 153. Sa force, j.. 156.013 iui a rendues honneurs di\ins en Afrique', & en i^mérK|ue & ptut-Ôtre en Af.e, ;.. i;^7 &/«/,,. Pays qn i! habite , ;;. 160. l; paroîc que c'elt daas les dderts de l^Atrique , qui! rarvient à la longueur la plus çoîirldérabîe , ;;. 164. Moyen dVrêter fa pourfuite, ;;. 165. il nage avec facilité ,/;. 166. H le roule a^ec promptitude jufqu'au fommet des arbres {es pîus élevés,;;. 167. Manièie dont il s'é- iance d'un atbre fur un autre, ou fur fa proie , Ihid, TJa coup de fa queue peut renverfer un animal afiez gros, j7. 169, Il dévore de grands animaux , tels que dts cerfs, des taureaux , &c. /^zV. Ma- nière dont il attaque fes vidimes, ;?. 170. llies écrafe & les prépare pour ainli dire, avant de les avaler ,;>, 171 ^ fuiv. I! eft un peu engourdi, lorf- qu'il a dévoré une proie un peu eonlidérabie , i>. 172. Loriqu'iî eft aiToupi, il eft pris quelque- fois pour un tronc d'arbre , Ibid^ On choifjt ie tems de fa torpeur pour lui donner la mort jp. 177. Les Nègres & quelques Indiens mandent fa chair, ^. 180. On afaitufage de fa peau ^p. hi. Temps de fon dépouillement ,;;. 183, Saifon de fes amours, Ibïd. Il eft très-vivace , ^. 187. Dhara fhj habite l'Arabie heureufe, VoL IV , p' 53. Sa defcription , Uid. , Digeflion. Dans la plupart des ferpens, la dl- geftionefî très longue , Fol. III, p. 56. ^ Diotie. Defcription de cette Couleuvre, Ko/. ÎV, p. 19. Ses couleurs font très-élégantes ,IhJd^ Ses hbicudes font tiès-douc^s, Jbid- Pays où on h t.ouve;/. 20, DES Ma t 1 k R E s. 375 DipCe. On rencontre en Amérique ce ferpent venimeux, KoA 111 , /?. 317- Sa defcription, /i/V- Divifion' Nous aurions defiré deoouvoir former debx Ibus- divilions dans la diviùun des Couleu- vres ovipares , Vol- 111 , /'. 91. Domefiiciré. Quelques ferpens ont e'té réduits à une vraie domeliicité, Ko/, lll, p. 42. Dêmejllquz, /^ Couleuvre^ Habitudes de ce fer* pent, & les caractères diftindits, Vol IV, ^. 47. Dau3/e-ra/e. /'Couieuvrey Defcription de ce fer- pent , VoU m, /;. 422- Ses dimenlions,^. 423, Doubit-tache- Les Couleurs de cette Couleuvre font auffi agréables que les proportions lent légères. Vol. III, ^. 424« Sa defcription, Ibid. Dryinas. Defcription de ce ferpent h fonnettf qui habite l'Amérique , Vol. IV, p. 245. DuTÏfJus. Caraâéres diftindtifs de ce ferpent 3 fonnttte , VoL IV , p. 246. XL^vx. Les grands ferpens atterdent leur proie fur le bord des eaux , Vol. 111 , p. 65, Ecailles- Diverfes formes des écailles des ferpens , Vol. III,;?. 5 ç^fuiv.^p. 95» Ecrivains facris. Le ferpent employé comme fym- bcle par les écrivains facrés. Vol- III,/>. 78. Egjpte. /^ Vipère d' ^ Cette Vipère paroît être celle qui donna fa mort à Cléopatre , KuAlII, p. 232. Sa defcription , p. 233. Effets de loa "venia fuivantleâ Anciens, Ibti- On peut croire qu^ 374 Tablé ce ferpent eft l'afpic dont Pliné a peint l'*attacî^.e- ment pour i\ femelle, j?, 235. ^^)'/'f/t;//s. Opinions des Egy,ptie-n« reiativemenc aux lerpens, l^ol. III, ;?. 71 cffup. Ekfiicité des diverfes portions du corps des ferptns , Foi ÏII , p-i6. Ekdtrique {\qï^u ) eit un des grands î^gens dont fe fcrt ta nature pour animer les êtres vivans, P'oU lif ,/. 47. Son abondance augmente leseifets delà chaleur fur les ferpens , Ibid- Emblème de la candeur & de la con6ance, imaginé par les Anciens, Ko/. III î^^* 431. • Enfumé. (Vj Defcription de cette amphisbène, Vol' iV y p. 296. Ses habitudes, 297. Son utilité 898. EngouT.dijJeT.ant. Le3 ferpens éprouvent pendant l'hiver des latitudes élevées, un engourdillement plus ou moins profond , Ko/. III, p. 45* Eaytïre. Le boa Enydre habite l'Amérique j Ko/, IV, 206. Sa defcription, Uid. Eryx. Defcription de cet Anguis qui a beaucoup de rapports avec l'Orvet, f^ol. IV , ;j. 264. EJculape. Defcription de la Couleuvre d'Efcu- îapey^o/. III, p. 0,^3. Fi'.ys où on la trouve, /• '659' Sss habitudes , 360. Les civarlatans fa mon- trent fouveVït nu peuple auquel ils cherchent de perfuader qu^elie eft trés-venimeufe, 359* EffèceS' Nombre des t-Tpèces de ferpens, P^oU ÎII,;?. 5. Les gr^îndes eij[.)ece5 4e ferpens ;ippar- tienne;^i à un plus grand nombre de contrées différentes que tes petites , p. 24, vns MATiîiRES. 375 EtewitJ, Pourquoi les Anciens ont regardé îs ferpent comme le lymbole de l'éternité ^ Ko/. Ui? F FER'yi-CHEVyiL /^lej habite l'Amérlque^ Vol. IV; p. 117. Sadefcription , 118. Fer-de-Iaiice. Pays où l'on a obferve' la vipère- Fer-de-iance, KyAIII,'/r. 301. Sa defcription , p* 302 £5; ///.'V. Variété de cette elpèce,;?* 305. Habitudes de cette Vipère , ;;. 307. Durée de fa g.'iltation, ;?. 309. On a trouvé fa chair un mets agréabfe, p. 312. Activité de fon venin, ii. fe' Fil f\e) habite îes ïnJes orientales & occideit- , ta'.es, FoO IV, ;;• 7. Sa defcription , 8. Fluide élcFiricue ( le ) répandu en abondance dfàns î^atmofphère paroît être favorable & même jîéceflaire aux ferpens , Vol. III, j3. 28. Force. Origine de la force des très-grands fer- pens , VqI m? /• 67. (jyéLONNÉE. ( Couleuvre ) Defcription de cette belle Couleuvre, VqI. III, j?- 399. Pays où on la trouve,/;. 400. Ga^e'les (^Aes J font fouvent la proie des très- grands lerpens, Vol- Ul,p- 65. . Genres. Nou? avons réuni en huit genres Tes diverfes efpèces de ferpens , Vol- III ,/;• 82 & fuiv, : Clandcs.Diins plufieurs efpèces de lerpens j_ des 37^ T A B L B gîandes particuîîères exhalent une odeur trèî- forte. Vol \\i,f^ 56. Go//f( le J des ferpens peut être aflez aétif, Vo!' III j p. 39* Graife. On trouve fouvent une matière graif- feufe au-deflbus de la peau du ventre des fer- pens, f^oi. lll^p- 9. Graiifkur des lerpens , Vol. III, p. 19 ^ fulv, Grecs> Opinions des Grecs relativement aux ferpens, Fol- III, /" 71 & fuip' Gnnonilk écailleufc. Defcription de cette efpéce, Ko/. IV, p. 345. GrifiH. Sa defcription, Vol. lll , p 390. II fe îrouve dans les Indes , Uid- Groin, flej Origine du nom de ce Boa, yoU ÏV,/. 196. Sa defcription, Uid. Pays où en ie ttrouve, UiJ» Gronovius. Le ferpent décrit par ce Naturaliite, ( '^'° iij a beaucoup de lapports avec la Couleu- vre lilTe, Fol' III, /7- 353. Plufieurs Couleuvres décrites par cet Auteur, Vol IV , p. 138. Grojfd-tête' Cette Couleuvre fe trouve en Amé- rique, Fol' IV , p- 64. Defcription d'un indivi- du de cette efpéce , qui fait partie de la coliec- eion de Sa Majefté, Ibid, H xijEMyicHy^TE. Dcfcription de ce ferpent veni- îiieux. Fol' lll , 294. UoLj^' Cf.tte Couleuvre habite l'E^pte , W. IV * BES Matières. 377 P' 49- Sa defcription, Ibid- On trouve en Egypte une autre elpéce de Couleuvre , qui eft veni- meuf'e , (Se qui le nomme aulFi Haje , Ibid- Hànnarch JEfuaid. Defcription de cette Couleu- vre , Vol IV 5 /»• 57. Conte des Arabes au lujet de ce ferpent , Ihii- Vlchraiquz ( îa Couleuvre ^ eft venimeufe , V^ol, III, p. 284. Elle fe trouve en Alie, Ihii. Sa defcription , iVii. Hipiiale. Ce Boa fe trouve dans le royaume de Siam , Ko/. IV , p. i88. Sa defcription , Uid. IJoc-^in. Efpèce de faifan, ennemie des ferpens» Vol. IV , p. 93. Hofleik' Cette Couleuvre fe trouve en Arabie , yd' IV , p. ^6. Courte defcription de ce fer- pent , lèhd. Humidité. L'humidité combine'e avec îa chaleur paroît très-favorable aux ferpeiis, Vol. 111^^.2?» Bydn. Defcription de cette Couleuvre que ]M. Palias a obfervée dans îes environs de la mçr Cafpienne , VoL IV , ^. 14. iBiy^RE, Defcription de ce Cœciîe, Kol IV,/). goi. /'^/ie. Sa defcription, VoL IV ^ p. 119. Ses ha- bitudes, p. 120. Uiboca. Cette Couleuvre fe trouve au Bf éfil , VoL IV , /). 126. Sa defcription, Ibid. Ui$ fles/ font ennemis des ferpens , VoUlV , 5 7? Table Indiens- Dès les temps îes pîus recules , îe fer- pent a été regardé par les Indiens, comme ie fymboie de h divinité & de la fagelie éternelle , Vol* ill , note de li p. 76. fnfe&es. C'eft précifément dans îes contrée^ brûlantes où' puiiulent des légions innombrable^ d^infectes & de vers que ia nature a placé le pius grand nom.bre de lerpens, Kt;/. 111,^;. aî2. luj}i!i&. Force de Finf£in(iîdesferp8ns5 Ko/. III, F- 37 ^^ f^^^' Intelligejice. L'intelligence humaine a doublé , pour ainii dire, iavie que la nature avoit accordée à i'homme, Ko/- Jii , /?• 54. AUNE ET Bleue, fhj Defcription de cette belle Couleuvre de- Java, Ko/. IV , p. 66- Elle 21'eft pas venimeufe , lo:d. Jaune & Brun fVAr\giûsJ fe trouve dans j[*A- mérique feptenirionale, Ko/. IV , p. 276. Sa def-» cription .p. ■277. Jo«/Z^'e. (^ Couleuvre j Defcription de cette Cou- îeuvre des gandes Indes , Ko/. III,/. 379. Jupitcî-' Lesferpens confacrés , fuiv.ant Hérodote s à Jupiter, ou pour mieux dire à ia divinité Egyp- tienne qui repréftntoit le Jupiter des Grecs , étoient peut-être de i'elpèce du Cérafte , Kc/. III, f . 254. L JL^cri. Couleurs du Lacté » Vol. IIÎ, p. 288. Sa defcription, p- 28^^. DES Ma t I i RE s. 379 Langaha. Caractères cKftrnâifs desLangnha , Vol* IV, P' 3o5.Defcripc. du Langaha deMadagafcar, Uid. On peut préfumer qu'il eft venimeux, /?- 307. . Lanotie (forme de la) des ferpens^ Ko/. III, note di la y- 39. Defcription de ia langue de ia Vipère commune, p. 193. Ltphiatl- Defcription de cette Couleuvre du Bréhl, Vol. IV, p. ^66. Lare:- tête. Origine du nom de fa Couleuvre Large -tête, Vol- IV , /• 137. Sa defcription, Ibid. Sf fuiv. L'éktisy ^defcription duj Fol- III, /. 320, lï le trouve au Canada, Ibid' Léietin. Defcription de ce ferpent venimeux. Vol III, p. 283. Pays où on îe trouve, 7^/7- Léiard cornu. Defcription de cette efpèce & feS rapports avec l'Iguane , Vol- IV , p. 335. Léiard gris f\ej donne le jour quelquefois k despetits tout formés, Vol. IV. p. 331. LJen- La Couleuvre Lien habite la Caroline & fa Virginie, Fa'- IV. p. 103. Sa defcription, i5/i. Ses habitudes, Ibid. if pnv. Lip. Defcription de la Couleuvre LifTe qui fe ttouvedansplufieurs contrées de l'Europe, Fol. III, p. 349. d" fuiv. Ses habitudes, p. 352. Lom^nc.('le>Defcriptîonde cetAnguis, Ko/. IV, p. 287. Loiig-mi. fie ^Defcription de cet Anguis, de Surinam, Fol. IV, p. 283. Longueur. Le lapport de la longueur du corps ^ 1" A B L E 380 . tL ^FT -r ^% 'T'^'' ' ^'^' "î ' "«^^ i^^ /a Dort '''^-r-^' ^' connoifTance de ce rap- po^ pour diftinguer les efpèces de ferpeifs, <ïanUes1nd!! ^"P'"', ^^ % ^' ^'^> ^^ ''^''^^ oans les^ Indes orientales, Fo/. m, n. 2/çr Sa delcnptron ^ .5^, Defcription delà femdïe, Lrh r"^''"^'^ ^^^ Naja, p, 264. Manière dont fes charlatans Indiens le domptent, 8c le font fer- yrràamuierlepeupfe,;,. 265. Remède contre peuple, de l'Inde pour ce reptile, ;7. 271. Wfc'5 f ferpent à J du Pérou. Sa defcription, Z^.ez/,, ^ferpent à; du Bréfiî. Sa defcription . VoL ÎII. jt7. 281. t- y Lutrix. Defcription de ce ferpent. Vol. III i'- 370. H fe trouve dans les Indes , M * ' M MACHOIRES. Manière dont les mâchoires àe^ lerpensicnt articulées. Vol. III , .. 58. Defcrip- tion des mâchoires de la Vipère commune ,;;. 194. ^ Af«.>c>/e, r^defcript. du; Vol III , p, 418 , Pays ou on le trouve, j3. 419. ^ ^ •' AW ( la Couleuvre ) fe trouve aux environs d Alger, Fu/. IV, ^. 51. Ses caractères diltincftifs, ^/e7^/«. Cette Couleuvre venimeufe fe trouve r^Es Matières. 381 fur les bords du Vofga , VoL m , n. 228. Sa def- cnption, Ibid. Mexicaine f h Couleuvre ) fe trouve en Amdri-' que, VoLïV ,f. 93. Sa delcription ,;;. 94. Mexicains. Le Serpent employé comme emLIt-me par les anciens Tvîexicains, yoL IIJ,^. 73. i»;/^//e/ ^ le; habite l'Amérique, Vol IV, 7 274. Ses caractères diftinctifs, ihid. Miliaire, (^ delcription de la Couleuvre; Ko/. 111, />. 411. On la trouve dans les Indes, UiJ, Millet. Befcription de ce ferpent à fonnette. quel on trouve da..s la Caroline , Fol. IV, p. 243. 3/i«me. rCouIeuvre; Defcription & dimenfions Idan. ^^'"'' ^'^' ^^''^- ^°^- ^^y^ "^^^ ^" ^^ ^^^-v^> M/,;er;-e. ^ Couleuvre de ; Defcription de ce (erpent qui le trouve dans hslnd^^ , yol Ul , ;;. 405. AM/r.. La tête de cette Couleuvre refTembte beaucoup à celle des Boa , Vol. m , p. .^o. De? cription de ce ferpent , /^,V. li le trouve dans les Indes,;?. 421. J'^OHjhu.fuis. De (a nature des monfiruoiltés . roi IV, |,. 314. Leur étude peut conduire ciuel- quelojs à des vérités importantes, Ibid. Mouchetée. Les habitudes de cette Couleuvre Vol. IV , u- 99* Sa defcription , Ibid. Elle s'entortille autour des jambes de ceux qui paflent trop près d'elle, j?. 100. . Noire fh Vipère^ fe trouve en Europe , Fo/.' ÏII, p' 224. Sa defcription, Uid. <^uaiité de fon p. 111' venin, Ses habitudes, Ibid' Noire ô* Faiwe (h Couleuvre j a été obfervée à la Caroline, l^ol. IV , ^. 88- Defcription defes couleurs, Ibid- Nombre de fes plaques , /^;i. Nourriture. Les très-grands ferpens ont befoîn d'entretenir leurs forces par une grande quantité de nourriture fubfîantielle , Fol. III, ;'■ 55* Les ferpens peuvent palier plufieurs mois fans mangey p. 6b' o OooRjiT. L'odorat des ferpens ne doit pas étr Uès-ôn, Vd' m,/. 38, DES Ma t I h r e s. 383 ' Œuf. Tous les ferpens viennent d'un œuf, Ko/. III , f- 30- L'on doit admettre deux fortes d'œuf, fiote de la. p' 31. Œufs. Nombre des œufs de la Vipère commune. Vol III, p' 206. Le nombre des œufs doit varier dans Les ferpens, fuivant les erpëces , ^. 32. On ignore s'il diminue à proportion de la grandeur des reptiles , Ibid. Dans quelques efpèces les œufs ne fortent pas immédiatement l'un après l'autre, /;. 34. L'on ne fait pas combien de jours s'écoulent dans les diverfes elpèces, entre la ponte & le mo- ment où le ferpent vient à la lumière, p- 35. Les fem.elles des fe:pens ne couvent pas leurs œufs, p- 36. Endroits ou elles les dépoient , Ibid» ô* fuiv. Manière dont les ferpenteaux font placés d:ins l'œuf , /». 37. Il fe pourroit que les œufs des Céraftes n'écfofent pas toujours dans le ventre de la mère, p- 252- Defcription des œufs de la Cou- leuvre à collier, p- 341. L'ignorance les a quel- quefois regardés comme des œufs de coq, Zj^/J. Nom- bre de ces œufs,;?. 343. Grande différence entre îa grofieur des œufs du ferpent devin, & la longueur à laquelle il parvient, VoU iV . p- 185- Ces œufs ne font pas couvés, /?. 186. Le nombre des œufs du Boiquira eft peu conlidérable , p. 232. Oragts ( les ) paroiffent augmenter I'a(ftivité dii Boiquira, Vol. IV- p- 231. OrdTz fV J des ferpens eft très- nombreux, ifo/. m, p. 81. Owtt. Pays où on le trouve, VoL IV, p. 255. Ses rapports avec le ftps, p' 256. Sa defcription^ /i7iV Iln'eft point venimeux.^. 25b'. Ses os fonttrèS'" 384 Table caiïans, & il eft très-aifé de divifer fon corps en plufieurs parties , p. 259. Ses ennemis , j?. 160. Manière dont il s'accouple, Ibld. Il met au jour de5 petits tout formés, p. 261. Tems de fa por- tée, ibid' Son dépouillement,^. 262. Ses habi- tudes, p. 263. Ophrie. Defcription du Boa Ophrie, Ko/- IV j p. 105. ' OuïC' Le fens dePouïe doit être très- obtus dans !es ferpens, Ko/. III, />• 3?^. On a cru voir dans la Vipère Fer -de- lance , des ouvertures exté- rieures pour l'organe de l'ouïe , p. 303. Ov/parc Propriété que cette expreflîondéiîgne, Vol' III, note delà p' 31. Animaux auxquels cette épithète convient, Ihid. Trois manières dont les animaux viennent au jour , note de la p. 33. Les deux dernières manières font les mêmes quant au fond, Ibid- Les animaux qui viennent au jour de la fé- conde & de la troifiéme manière , font de vrais ovipares, Ibid. Les autres font les vivipares pro- prement dits, p- 34. Ovlvore ( la Couleuvre^ fe trouve en Amérique , Vol IV , p' 113. Nombre de fes plaques ,p. Ii2» P^DÈRE- Defcription de cette Couîeuvre éoè Indes orientales. Vol. III , p. 389. Pale, ^defcription de la Couleuvre^ Vol' Illsi y>- 415. Pays où on la trouve, 416. Parties fexuelles ( defcription des ) d'une Couïeu» TIC Ibibocamâle, Val, IV, /. 11^. Peintade, DES Matières, 385 PiintaJe. fhj Caradérss diftindifs Je cet An- guis des grandes Indes , roi. IV , p, 267. PélUfh) fe troure dans ïcs Indes, Vol. IV * p. 6. Sa defcription , Ibii. PétaUire. ( Couleuvre ) Sa defciiption, VoU III , p, 407. On fa trouve en Aiie Se en Amérique , p. 408- ^ Pétoh. Caractères diftindifs de cette Couleuvre* d'Afrique , VoL IV, ;>. 45. Pifcivore. (h) Caractères dilrincftifs & habitudes de ce lerpent , Fol. IV , p. 248. P/^f;c/^«. Il eft impolFible de doj^ner dans des planches noires, une idée de toutes les couleurs bril- lantes des lerpens, Ko/. lil , mte it la p. 102.' Difficulté de faire des planches enluminées &€xac- tes des divers repti'es, Ihid. Les planches ne peu- vent pss toujours indiquer la vraie forme des écail-' les, & prélentent quelquefois une diitribution de couleurs , différente de ce'le que les defcriptions indiquent , 103. ^ ^\ Plature.(h) Defcription de cet Anguis qui a beaucoup de rapport avec la queue Lancéolée, Vol' IV, p. 285. ' PonFtuée fh Couleuvre; habite la Caroline, ^b/L - IV , p' 74. Sa delcription . /^/V. .^ . Po«/no;/5,rgrandeur des; dans plufieursefpèce* • deferpens, Vol. III, ^. u. ^ ^ Pre/.. Manière dont les très-grands ferpensbVîfenr fes très-grands animaux dont^ils font .leur proie'i Vol m, p 59 i^es cris des animaux de proie ne font que des bruits de guerre,^. 6j.- ^ % Scrpens , Jb/n^ /K i^ 386 T A B L n Prunelle ( forme de la^ des ferpens, Vol III P* 39- PfylleS' C'eft principaîemçnt des Céraftes que lesLybiens , connus fous lejnom de Pfylks , pré- tendoiem maîtrifer la force & le poifon , Vol- ill , P' 251. tJuALJTÉS' De tous les temps, on a reconnu fes qualités principales des ferpens, VolWl , p. 71. Quatre-raies, fhj Defcription de cette Cou- leuvre de Provence , K©/. 1U,P' 355. Qiuti-Paléo. Defcription de ce Lézard, Vol, IV , Queua- Lancéolée, fh) Caradtères diftincftifs de cet Anguis^ Vol' IV y p, 278. Queue-plate. Sa defcription , Vol. III , />. 391 & fuiv. Conformation fingulière de fa queue ,Idem, R RyiTiroRE' Defcription de ce Boa qui fe trouve en Amérique, Vol. IV , p- 196. Rayée. ( Couleuvre^ Defcription de cette Cou- leuvre , Vol' III, p. 417» On ia trouve en Afie , ibid. Reflets. Beauté des reflets du Boiga , Vol III , p. 428. Remèdes employés contre ïes fuites de îamorfure des Vipères communes, Vol.lll,p. 184. Rémn'e. Defcription de cette Couleuvre des grandes Indes , Vol-lll^p. 384, Reptile (\q nom de^ nous a paru appartenir prin* eîpaleracnt au ferpent , 1^91' III ,p'^- DES M.4TIÈRES. 387 Rcfpiration. Manière dont sVpére fa refpiration desferpens, Vol. ill , p. ji. ^ "" i?ey.a^. /-le; Caracfrères diltinctifs de cet Al^cr^h d Amérique, To/. IV , p. 275. '^ 2?.7.a//ai;erfa Couleuvre ; reiïembfe beaucouo- àîlbiboca, roi W,,p. 132, Ses ca actéres dif tincftifs, /^. Tigres. Combats des lierres contre les très-grande fcrpens, Vol. III , p, 66. Tortue ù botte. Sa dercripdon , FoU IV, /. 329. ToTiue grecque. Indication d'une variété de cette ®fpèce , envoyée de Saiiit- Domingue, To/. IV, ?■ 328. Toucher { îe ) des ferpens doit être affez fort. Vol iil, j3. 40. Trcckcc-artère. Pofitîon de î'ouverture de h tra- &hée-artèfe, dans Us ferpens, Ko/. III,;;. 61. Trait ( le ) habite PEgypte, Fol. IV, p. 272. Caradrères diiiiîictifi de cet Anguis, Uid> Traits ( divers^ fous lefquels îes ferpens ont éié montrés dans tous les tems , Vol. lil , p. 79» Très-H&ijche ( ia Couleuvre ) fe trouve en Ly- hie , Fol. \i\,p. 297 Sa defcription , Ibid. Triangle ( !a Cotîeuvre ) habite l'Amérique, Fol. IV, p. 130. Origine de fon nom, Uid- Sa defcription , llid. Tripk-rann;. Defcription deîa Couleuvre triple- rang, Fol. IV , p. 131. Elle fe trouve en Amé- rique , Uid. Trifca'e. Cette Couleuvre fe trouve dans îes Indes orientales & occidentcilej , Fol. ill,j3. 397, Defcription de ce beau ferpent. Idem. Trois- raies ( fa "^ fe trouve en Afi ique , Fol. IV >. P' 30. Caractères diiiiiKfûfs de ce ferpent, Uii<^ DES M AT I H RE S". J^J Tubercules. On voit au-delTiis de l'anus del'am- phifbéne enfumé, pluùeurs petits tubercules fem- blables à ceux que l'on voit auprès de Panus de piaiieurs lézards & du bipède cannelé, Fol. iV ^ F- 3^0. Thyphie f\e) habite les Indes orientales-, Fol. III , p. ^^2. Sa defcript^on , Jl)/r!. Deicription d'une- Couleuvre de la coiiection du. Roi, qui a beau- coup de rapports avec le Typhic, Il-id. 583. Tyrk ( ie ^ babite i'Egypte, ZV. IV, p. 42, Dcrcription de ce ferpent, lèid. V y AMPVM, Origine du nom c^ certe Couleuvre, Vol. IV, p. 76. Sa deicription, Ikii. c' fuiv. Vaùéti des fernens t:ant par leurs dimenlionSç que par la forme & !a place de leurs ccaiMcs, les nuances & la diàribution de leurs couleurs, Vol. m, p. 22- Veuin ( le ) des ferpens ne répsnd pref-^ae Ja- mais d'odeur fenlible, Fol. III , /. 58. L'ordre des ferpens paroït être celui qui renferme le plus d'efpèces venimeufes,^. 155. Véiicuîes danslef- queiies eft cortenu le venin de !a vipère com- mune^ p. 181. Nature de ce venin, Ibid^ Ses effets, p. 182. IVÎanière dont il agit, p. 1H3, Ls force du venin des ferpens , dé, end beaucoup de l'état de l'animal, des faifons, & de diverfes autres caufes locales & accidentelles,^. 150, 394 Table Verdâtre. ( la) Defcrîption de cette Couleuvre , Vol. IV, p' 109. Ses habitudes, iio. Verte. ^ Couleuvre^ Caraâéres difiincftifs de cette efpèce. Vol. IV, p. m- Verte ô* hlene ( la Couleuvre ) fe trouve en Amérique , Vol- IV, p, 97. Sa defcriptîon, Ibid- Vent & Jaune ( la Couleuvre^ eft très- com- mune dans plufieurs provirices méridionales de France, Vnl. Ill, /. 325. ."^a defcription, p- 326 & fuii--' Ses habitudes, j7. 328- Sa douceur,^* g.;^o. Les Charlatans s'en lervent pour amui'er le peu- ple , Uid. Ardeur du mâle pour la femelle , p. 332* Vie. On ignore quelle eft la longueur de fa vie desferpens, VaL ill , p. 50. Cn peutpréfu- mer qu'elle comprend un grand nombre d'année-s, /, 51. Il eft difficile d'*ôter la vie aux ferpens, /• 67- VieilkJJe. La vie des ferpens, ainfi que celle de prefque tous les animaux fauvages , feroit bien plus longue qu'elle r.e Peit , s'il-s pouvoient paf- fer par le véritable ëtat-c .; viei ieffe , & fi le com- mencement de leur dépéiilTement n'eioit pas pref- q 'etoujours le terme de leur vie, Vot'ill^ p 52 Violette. /^Couleuvre^ Sa defcription , VoLlW^ j). 368. Pays où on la trouve,;?. 369. Elle n'eft point venimeufe, 15id. Vipera difecco. Nom d'une Couleuvre de Sar- daigne qui a de très -grands rapports avec la Cow= leuYreliffÇj Vol. III j p, 36 3I DES Mat I E RES. 39^ Vipère ( H ) commune eft une à^s efpèces de ferpent , les plus anciennement & les mieux con- îiues. Vol. iU^p, 158. Sa defcription , ^. 159 ô* juiy. Delcription de la conformation intérieure de ce ferpent, nou de la p. 162, Animaux dont elfe le nourrit, p, 195 Contes imaginés relative- ment aux foins naturels de la vipère commune^ P' 207. Vipère-d'eau. Nom d'un ferpent de Sardaigne, qui appartient peut-être à i'efpèce de la Couleu- vre à collier , Vol. III , p. 348. Fipère commune. Pays quelle habite , Vol- III , /. 208. Utilité de fes fucs,/;. 209. Elles'engourdic pendant l'hiver des contrées un peu froides , p- 210- ArTaniére de ramper de ceferpent ,;>. 211. Manière dont on pread la vipère commune. lôid- Durée defa vie, p. 212. Elle eft très- vivace, 213 fr/î//»'. Huiles "qui fui font funeftes, ainfi que le tabac en poudre, p. 216. Vipères. Différence des vipères aux vivipares proprement dits. Vol. Ul , p, 31. Caradères exté- rieurs qui paroilTent diftinguer les vipères d'avec lesferpens ovipares, p. 86 ^ fniv. Vipères communes fhi) peuvent pafTer plufieura mois lans manger , VolAW, p. 196. Elles paroif- ient fe rechercher mutuellement,/». 197. Vifcères , i^des ferpens^l VoLlll , p. 12 & fuîv Vifqueux.(\ej Caractèresdiltinctifade ce Cécile, VolAV ,p. 303. Vue (hjà^i ferpens eft très-perçante, VoUm, Rvj ^c^6 T A B L ^ ^ &C. Zones ^ ia Couîeuvre à; n'efî pas venimeufe?. i^Ql. iV j p, i§5. Sadeicriptiun , p. 134' Fin de la Table des Matièrcs^ des Volumes III & IK ^ 'Mi»-- vf^^f / #f ÉLOGE DU COMTE DE BUFFON, a r w. Jepréparois ce nouveau volwme entrepris pour compléter VHiJIoire naturelle , publiée avec tant de lucccs par le grand homme qui faifoir un des plus beaux ornemens de la France^ lorfqu'il a terminé fa glorieufe carrière. Toutes les contrées éclairées par la lumière des iciences , après avoir re- tenti pendant fa vie des applaudiife- mens donnés à fes triomphes, ont repété plus haut encore après fa mort y les accens de l'admiration , auxquels fe font mêlés ceux des regrets \ & la poi- térité a commencé, pour ainli dire» de couronner fa ftatue. Au milieu de tous les hommages rendus à fa mé- moire ,. que ne puis-je faire entendre ime voix éloquente qui redife fon éloge dans le fanduaire même confacré par ion géaiv à la fcience qu'il dxériiibiti 398 E* L O G E Lorfque Platon quitta fa dépoiiille mortelie pour s'élever à rimmortalité , fes diiciples en pleurs le railemblèrent fur le promontoire fameux [a) y voiiln de la célèbre Athènes , où ils avoient fî fouvent entendu cette voix impofante & enchanterelTe ; ils répétèrent leurs tendres plaintes fur ce même rocher antique contre lequel venoient fe brifer les flots de la mer agitée , & oii leur maître aflis comme le maître des dieux fur le fommet du Mont-Olympe j leur avoit fi fouvent dévoilé les fecrets de la fcience & ceux de la vertu. Ils confacrè- rent ce Mont à leur père chéri,* ils en. firent, pour ainiî dire , un lieu faint : & pour charmer leur peine, diminuer leur perte , & fe retracer avec plus de force les vérités fublimes qu il leur avoit montrées , ils chantèrent un hymne funèbre , & peignirent dans leurs chants triftes & lugubres & fon génie & leur douleur. Que ne pouvons -nous auffi , nous (a) Le Promontoire de Sunium. lî eft décrit & leprélenté dans le Voyage du jeune Anacb^rfis» . DE BÎTFFON. 5an tous qui confacrés à rétude de THiI- toire nacurelle, avons recules leçons, avons cncendu la voix du Platon moder- ne, chancer en f.m honneur un hyiiiiîe funéraire! Ralleniblés de. diver. points du globe où chacun de nou^ a con- lerve cet amour de la nature qu^il lavoïc mfpirer ii vivement à fe» difci- ples , que ne pouvons - nous péné- trer tous eniemble jaC^^ï^a milieu des plus anciens monu.nen,clevés par cette nature puillante . oorcer nos pas vers ces Mont, fourdileux dont les cimes toujours couvertes de neiges & de tri- mats , dominent fur les nuées &: fem- blent réunir le ck\ avec la terre! C'eft lur ces maifes énormes, fur ces blocs immenfes de granits, que les fièclesonc attaques en vain & qui feuls paroilloient avoir reiillé aux combats des clémcns^ & à toutes les révolutions éprouvr^s par le globe de la terre , c'eft fur ces tables relpedées par le tems que nous irions graver le nom de Buffon : c'eïl a ces antiques rémoins des antiques bou.everfemens de notre planète, que nous irions conlier le fouvenir de nos ÉLOGE regrets Se de notre admiration : tout autre monument feroit trop périirable pour une aufli longue renommée. Élevons-nous du moins par la penfée au-defïïis de ces rocs efcarpés, avan- çons fur le bord des profonds abîmer qui les entourent , & parvenons jufqu'au fommet de ces monts entaifés fur d'autres monts. La nuit règne encore v aucun nu.i^e ne nous dérobe le tirma- ment-, ratmofphère la plus pure Liiiie refplendir les étoiles à nos yeux-, nous voyons ces aftres fixes briller des feux qui leur font propres, & les aflres er- lans nous renvoyer une douce lumière v ravis d'admiration j plongés dans une méditation profonde , nous croyons voir le génie de la nature dans la contem-' plation de Vunivers (a) ; tout nous rap- pelle ces vives images prodiguées par Buffon avec tant de magnificence, ce tableau mobile des cieux, que dans fa noble audace, il a tracé avec tant de (a) Voyez h planche qui fert de frontirpic© h îa Théorie de la terre de M- de Buffon. DE BUFFON. 401 grandeur [a) , & debout fuf le> lieux les plus élevés du globe, nous enton- nons un hymne en Ton honneur. Nous te Jaluons , 6 Bi.fion , peintre fiiblime de ce Jpeclacle augujk ; toi dent le g 'nie hardi i non contint de parcourir Vimmenfité des deux , & de cJiercher les limites de l^cjpace , a voulu remonter ju/- que s à celles du temps {b). Tu as demandé à la matière par quelle force pénétrante ces cjlres immobiles , ces pivots embrùjh de l'univers ^ brûlent des feux dont ils rcfplendijfent. Tu as demandé aux fie' es , par quel moteur pdijjantyce s autres afires erranSj qui brilUnt d'une lumière étrangère ^^ circulent en cjclaves Jouniis autour des foie ils qui les maîtrijent , jurent placés Jur la route célcf.e qui leur a été prejcrite j & recur nt le mouvement dont ils paroijent animés^ Nous tefalucns, 6 chantre im^mortel des deux ,• que le firmament fané d'étoiles » (û) Introduction à l^Hifioire des Minéraux , par M. deBuffm* ( il ) Article de la farrrationdes Planètes : première Çf fecojidc Vuei de ta Nature, tc^ par M^-dsBi'Jfun^ Aoz EL O G E que toutes les clartés répandues dans ïef- pace ^ que tout ce magnifique cortège de la nuit rappelle à jamais ta gloire ! Cependant les premiers feux du Jour dorent l'Orient -, Taftre de la lumière fe montre dans toute fa majefté ; il rougit les cimes ifolées qui s'élancent dans les airs, & étincelle, pour ainli dire, contre les iramenfes glaciers qui inveflirfent les Monts. Une vapeur épaiiïe remplit encore le fond des vallées j & dérobe les collines à nos yeux. Une vafte mer paroît avoir en- vahi le globes quelques pics couverts de glaces refplendilTantes fe montrent feulement au-deffus de cette mer im- menfe dont les flots légers, agités par le vent, roulent en grands volumes, s'élèvent en tourbillons , & menacent de furmonterles roches les plus hautes. Nous croyons voir avec Buffon , la terre encore couverte par les eaux de l'Océan , & recevant au milieu des ondes, fa forme, fes inégalités, fes montagnes ^ fQs vallées ; & notre hymne continue. Nous te Jaluons , ô Buffon j toi dont DE BUFFON. 403 le génie après avoir parcouru ïimmmfué de l efpace 6- du tems , a plané au-dejus de notre globe & de fis dges (a). ^ 3 u as vu la terre firtant du fein des eaux; les montagnes feœndaires s' élevant parles efforts accumulés des courans du yojle Océan ; les vallons creufés par Ces ondes rapides i les végétaux développant leurs cimes verdoyr.ntes fiir les premières fl^^i^^rs'ibandonnées parles eauxicesbois touffus l^ram leurs dépouilles aux flots jnes ; les abùnes de l'Océan recevant ces dépôts précieux comme autant de fources de chaleur & de feu pour les fiècles à venir, & les plaines de la mer peuplées d animaux dont les débtis forment de nouveaux rivages ou exhaufTent les anciens. Tu as vu lefeujailliffant avec violence des entrailles de la terre , fur le bord des ondes quife retiroient , élevant par fbn effrtde nouvelles montagnes , ébranlant les anciennes , couvrant les plains de torrens emflammés ; & les tonnerres re- 4M ELOGE tentlffhns , les foudres rapides , les ofû^es des airs mclant leur nmjjance à celle des orages intérieurs de la terre ^ & des tempêtes de la mer. Nous te Jàluons, toi dont les chants ont célébré ces grands obj^-ts : çue le feu des volcans j que les ondes agitées j que les tonnerres des airs rappellent à jamais ta gloire l Mais la vapeur épsiiïe fe diillpe , & nous lailTevoir de> plaines immenfes, des coteaux i> ni les, de s champs fleuris^ des retraites tranqui'les ô Nature, tu te montres dans toute ta beauté ! Les habitans des airs vokigeant au milieu des bocages, falaent par leur chant laftie bienfailant fourcedela chaleur-, laigle altier voie iuiqu'au-deirus àQ,% plus hautes cimes {a)s le cheval belli- queux relevant fa mobile crinière , s'élance dans les vertes prairie^ vies di- vers animaux qui embelîilTent le globe, (g) Voyez |>a"ticulièrement , dans i'Hihoire des Çuadrupèdes & cIls Oit'eaux, par M. deBufton, !es articles ^// Cheval, du Tigre, du Lion, du Cha-^ wer.u^ d. VElcpha't , dn Cajior , des Singes , de l'/fig/e , d^s Perroçusts, del'Oip-au Mouche^ du Kamic'ilt (fc» DE BUFFON. 4^5 paroiireni: en quelque lurce à nos yeux-. bailis d'un noble enchouruime , en- traînés par relpèce de délire qui s'eai. pare de nos iens , nous croyons nous détacher , pour ainiî dire , de la terre, & voir le globe roulant fous nos pieds nous préfenter fucceffivenient toute fa iurface. Le Tigre féroce , kUon terrible régnant avec empire dans les folftudes embrafees de l'Afrique , Je Chameau lupportant la foif au milieu des fables brulans de fArabie . TÉléphanc des grandes Indes , étonnant Imtelligencc humame par fétendue de fon inaind, le Cîilor du Canada , montrant par fon indullrie ce que peuvent le nombre & le concert, les Singes des deux mon- des y imitateurs pétulans des mouvc- mens de f homme , ks Perroquets ri- chement colorés des contrées voifînes deréquateur, le brillant Oifeau-mou- che & le Colibri doré du nouveau continent, le Kamichi des cotes à demi- noyées de la Guiane, tous palfentfous nos yeux. Rien ne peut nous dérober aucun de ces objets que Buffon a revêtus de fvS couleurs éclatantes > & au milieu 406 ÉLOGE des fujets de fes magnifiques tableaux, nous voyons fur tous les points de la terre habitable , le chef-d*œuvre de la force produdrice, l'homme qui par la penfée, a conquis le fceptre de la na- ture, dompté les élémens , fercilifé la terre, embelli fon afile, & créé le bon- heur par Tamour & par la yertu. De- puis le Pôle fur lequel brille rOurfe , depuis les bornes du vaile Empire de k fouveraine de la Neva (^), & cette contrée fertile en héros , où Reinlberg {h ) voit les arts cultivés par des mains vidorieuics , ) ufques aux plages ardentes (a) C'eft principalement de la Ruffie , ainfi que de l'Amérique feptentrionale &: méridionale , que !'oR s'eit emprefie d'offrir à M. de Buffon , les divers objets d'Hiftoire Naturelle qui pouvoient l'intérefTer; il en a reçu de plufieurs Souverains, & fvr-tout de l'Impératrice de toutes les Rufîies, (^) Château du Brandebourg, appartenant au Prince Henri de Prufie. Avec quel plailir M. de Buffon ne parloit-il pas de fon dévouement pour ce Prince! Combien ne fe pîaifoit-ii pasàrappeller îes marques d'attachement qu*if en avoit reçues y ainfi qu'^ s'entretenir de l'amitié que lui a toujours témoignée la digne Compagne d'un grand & Qé\t^ bi^M'miCxï^ du meilleur des Rois 1 DE BUFFOK. 407 du Mexique, & aux fommets du Po- cofi , quelle partie du globe ne nous rappelle pas des tributs oiïerts au génie de Buflbn ? Nous voyons au milieu de l'Athènes moderne, ces lieux fameux confacrés à la fcience ou aux arts fublimes de l'é- loquence & de la poéfie , ces Temples de la Renommée qui parleront à jamais de la gloire de i3ufïon , où il a laiifé des amis, des compagnons de fes tra- vaux , un fur-tout , qui , né fous le même ciel, & réuni avec lui db^ fa plus tendrejeuneile, a partagé fa gloire oc ics couronnes. Nous croyons enten- dre leurs voix & ce concert de louanges du génie & de l'amitié, retentiifant julques au fond de nos cœurs, nous Jious écrions de nouveau : Nous te faluons , ô Buffon , toi qui as chanté Us œuvres de la création fur ta lyre harmonieufe -, toi qui dune main habile as gravé fàr un monument plus durable que le bronie , les traits augujîes du roi de la nature; qui Vas fuiyi d'un œil attentif fous tous les climats, depuis k moment de fa naiffàncejuf^ues à celui oà 4o8 ÉLOGE DE BUFFON. il di/paroit de dejfus la terre : à ta voix h nature a raJemhUfes différentes produc- tiens; les divers animaux /é font réunis devant toi : ta leur as affigné leur forme, leur phyftonomie , leurs habitudes j leur caracière , leur pays , leur nom : que par* tout tes chants /oient répétés; que tout parle de toi ; Poète Jublime , tu as célébra 6* tous les êtres & tous les temps. i 4 Âffâ r ^ A ^. -^^i